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Verbatim. Les belles perspectives et la vision nouvelle du Groupe Renault Maroc (Mohamed Bachiri)

Médias24 a reçu Mohamed Bachiri, directeur général du Groupe Renault Maroc lors d’un débat de haut niveau organisé dans le cadre de la deuxième étape du Médias24 Tour dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Verbatim de ses déclarations.

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Le 23 juillet 2024 à 10h23 | Modifié 23 juillet 2024 à 10h26

Quelques jours après le lancement du premier modèle automobile hybride produit au Maroc, Médias24 a reçu le directeur général du groupe Renault Mohamed Bachiri sur le plateau du Médias24 Tour à Tanger, en présence d’invités de haut niveau dont Ryad Mezzour, ministre de l'Industrie et du commerce et Mehdi Tazi Riffi, CEO de Tanger Med. Notre interlocuteur s’est confié sur les moyens à déployer pour maintenir le leadership de Renault Maroc au niveau régional, mais aussi sur les perspectives de développement du groupe automobile.

"La filière automobile est la première filière exportatrice du Maroc, on a dépassé les phosphates depuis 2014. C’est un nouveau secteur qui n’existait pas tel qu’il est aujourd’hui, il y a une vingtaine d’années. Donc, ce qu’a fait le Maroc sur la partie automobile est unique et extraordinaire et, pour se projeter vers le futur, il faut consolider cette position, ce leadership au niveau régional et méditerranéen".

Consolider la position de leader à travers l’écosystème

"Le premier, c’est l’écosystème. Un écosystème industriel tourne autour du constructeur Renault. Nous avions un taux d’intégration locale l’année dernière de 65% ; cela signifie que 65% des pièces qu’on monte sur les véhicules sont fabriquées chez des équipementiers installés au Maroc, et nous avons effectué auprès de ces équipementiers à peu près 22 milliards de dirhams de masse d’achat l’année dernière".

"En 2030, on veut atteindre une cible de 80% et un chiffre d’affaire de 33 milliards de dirhams ; et c’est pour cela qu’on a défini une feuille de route sur laquelle on travaille de façon très pointue. Ce matin à l’usine, nous avions une convention avec 150 équipementiers, en grande partie asiatiques. On leur a vendu la région, le pays et l’écosystème pour qu’ils puissent nous accompagner. Ce sont de nouveaux fournisseurs que l’on essaie de faire venir. Cela va créer des emplois, des entreprises et générer de la valeur pour tout le Maroc et la filière d’une façon importante".

L’intégration locale du fournisseur

"Nous allons entrer dans un niveau d’intégration en profondeur. C’est-à-dire qu’au lieu de parler uniquement fournisseur à celui qui nous loue la pièce, on va s’intéresser à son intégration locale, où il fabrique les produits dont il a besoin pour produire la pièce. Nous allons intégrer ce critère dorénavant dans le choix des fournisseurs et dans les objectifs avec lesquels nous allons travailler. C’est comme cela que nous allons développer à moyen terme un tissu de PME-PMI marocaines, chacune spécialisée sur la partie mécanique, plastique, électrique, etc. pour pouvoir créer et renforcer cet ancrage qui, à la fin, va permettre aux véhicules que l’on exporte de rester compétitifs sur la durée".

Ah, si nous avions un hub talent ou une cité de l'innovation dans la région

"La région mérite une cité de l’innovation à la mesure de son industrie, car cette région regorge de talents. Elle doit devenir un "hub talent" de jeunes sur la partie innovation, software, intelligence artificielle, robotique, électronique… pour que l’on puisse entraîner toutes les filières industrielles qui existent dans la région et que ça devienne une belle vitrine. Cela va créer beaucoup d’emplois et surtout permettre aux entreprises de trouver des solutions opérationnelles aux problématiques rencontrées".

"Dans l’énergie, nous avons commencé à travailler avec l’intelligence artificielle pour développer des solutions, pour optimiser la consommation d’énergie de nos installations dans notre outil industriel à Tanger et Casablanca. Cela nous donne un potentiel économique extraordinaire. Et si nous avions un hub talent, une cité de l’innovation avec laquelle on pourrait interagir, cela pourrait générer beaucoup de choses et même exporter ce savoir-faire à l’international".

"On se transforme d’une entreprise qui fait des voitures en un constructeur de technologie qui fabrique des voitures".

"Nous modernisons de plus en plus l’entretien industriel pour qu’il devienne le plus performant possible. On est l’une des meilleures usines du groupe à l’échelle internationale".

Accélérer le virage de la gestion des déchets industriels

"Une réflexion public-privé est à mener sur la législation par rapport à l’utilisation de ces déchets industriels, notamment dangereux. Il faut savoir les traiter pour les recycler dans une perspective de les réutiliser comme matières premières, comme des intrants pour la filière industrielle. Il existe aujourd’hui une niche extraordinaire pour faire ce travail. On n'en est qu’au début".

"Nous avons commencé à Tanger sur les déchets métalliques. On compacte et on le donne à Maghreb Steel à Casablanca pour produire des bobines de tôle qu’on peut réutiliser comme matières premières".

L’avenir de Renault Maroc

"En 2030, nous allons conserver notre position de leader de la filière automobile au Maroc. Nous devons peser plus de 38% supplémentaires de chiffre d’affaires à l’export de ce que l’on pèse aujourd’hui. Nous devons être la meilleure entreprise en matière d'attractivité des talents, et une référence au niveau international en termes d’industrie et de savoir-faire, y compris dans les nouvelles technologies".

"À partir de l’an prochain, on va passer de 440.000 véhicules à 500.000 véhicules exportés. Soit 60.000 véhicules de plus. Mais pour moi, ce n’est pas tant la capacité à augmenter, mais surtout le nombre de véhicules qu’on doit produire chaque année et leur impact sur les marchés étrangers. La Dacia Sandero fabriquée à Tanger voyage vers 70 pays, et c’est le premier véhicule vendu aux particuliers en Europe depuis 2017, toutes marques confondues. C’est ça la notion du made in Morocco".

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