Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Le CRI confirme et commente le boom d'investissements dans la région
Amine El Harti, directeur du pôle impulsion économique et offre territoriale au Centre régional d’investissement de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, était l'invité de Médias24 dans le cadre du M24 Tour. Cette rencontre a été l'occasion d'évoquer les questions relatives aux investissements dans la région, ainsi que la dynamique économique exceptionnelle de cette année. Entretien.
Dans le cadre du M24 Tour mettant en lumière les diverses régions du Maroc avec leurs spécificités économiques, géographiques et sociales, Média24 a posé ses valises dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, plus précisément au cœur du complexe portuaire Tanger Med.
Cette année, la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima a été le théâtre d'un véritable boom économique, marqué par une augmentation significative des investissements approuvés.
En 2021, le montant des investissements approuvés en commissions d’investissements s’élevait à 36,6 MMDH. Il a atteint 52 MMDH en 2022, 73,4 MMDH en 2023, et 40,8 MMDH à fin juin 2024, marquant une évolution exponentielle. Cette dynamique se reflète également dans la création d’emplois, qui a continué de croître, passant de 37.500 emplois en 2021 à 58.000 en 2022, 70.000 en 2023 et à plus de 46.000 à fin juin 2024.
Lors de son intervention sur le plateau de Médias24, Amine El Harti, directeur du pôle impulsion économique et offre territoriale au Centre régional d’investissement de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, a mis en lumière cette performance exceptionnelle.
"Cette évolution est principalement due à la dynamique économique que connaît la région, laquelle s’est maintenue même durant la période du Covid-19, pendant laquelle nous avons autorisé plusieurs projets. Cette dynamique s’est accélérée à partir de 2022 et, aujourd’hui, nous voyons les fruits de ces projets qui se réalisent dans la région".
Et ce n'est pas fini. L'équipe du CRI, qui vient de mener une "opération séduction" à Valence avec un évènement pour promouvoir la région et ses atouts, ne revient pas les mains vides. "Nous avons décroché pas mal d'opportunités d'affaires, notamment dans le secteur de l'agroalimentaire, du tourisme et de la logistique", confie Amine El Harti. "Il s'agit pour le moment de manifestation d'intérêt. Ces opérateurs vont se déplacer très bientôt à Tanger pour voir comment concrétiser leurs projets".
Le problème de la connectivité bientôt résolu
Il y a des inquiétudes quant à la capacité d'accueil de nouveaux investisseurs à Tanger, étant donné que la ville risque de rencontrer des problèmes fonciers et de saturation si elle continue sur sa lancée actuelle.
Dans ce scénario, il sera nécessaire de se tourner vers d'autres provinces de la région. Cependant, cette transition exigera le développement d'infrastructures routières pour mieux relier la métropole aux provinces environnantes.
À cet égard, Amine El Harti souligne que plusieurs projets d'infrastructures de liaison sont prévus et que la question de la connectivité sera bientôt résolue. "Un projet de chemin de fer visant à relier le port Tanger Med à Tétouan est actuellement à l'étude par le conseil régional. Nous collaborons avec les autorités locales pour renforcer une voie existante passant par Fahs-Anjra jusqu'au Tétouan Park, ce qui améliorera la connectivité. Larache bénéficie déjà d'une autoroute, et Chefchaouen est desservie par une voie express. Quant à Ouezzane, des réflexions sont en cours entre le conseil régional et les départements centraux. Ainsi, le problème de la connectivité sera résolu prochainement, assurant un accès efficace à toutes les provinces, que ce soit par chemin de fer ou par voie express".
La prime d’investissement, un dispositif d’incitation stratégique
La prime représente-t-elle un facteur décisif ? Autrement dit, sans cette prime, aurions-nous la même attractivité ? Certes, avant d'investir, les investisseurs réalisent des études d'opportunité de marché et d'autres analyses. Ainsi, toute forme d'incitation augmente la probabilité d'investissement. Dans ce sens, la Charte de l'investissement a mis en place un dispositif d'incitation pour attirer les investisseurs, notamment par le biais de primes territoriales et sectorielles pouvant atteindre jusqu'à 30%.
"La charte était très novatrice en introduisant des mécanismes d'incitation adaptés à la nature et à la taille des projets. Pour les investissements de plus de 50 MDH et la création de 50 emplois, ou bien la création de 150 emplois, la subvention peut atteindre 30%. Ainsi, il existe des primes territoriales pour les investissements dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, bien que les provinces de Tanger et Fahs-Anjra soient exclues en raison de leur développement avancé. Cependant, la prime est de 10% à Tétouan et de 15% à Al Hoceima. Il y a aussi des primes sectorielles pour encourager l'investissement dans les secteurs prioritaires au niveau national, tels que l'industrie, le tourisme, la logistique, le numérique, etc.", conclut El Harti.
En ce qui concerne la concrétisation des projets étudiés par le CRI, la quasi-totalité se réalise, avec un taux de concrétisation dépassant 99,9%. Le CRI accompagne les investisseurs pour faciliter et simplifier les procédures. Il offre des services d’orientation concernant les processus administratifs, l’opportunité et la faisabilité des projets, ainsi que la mise en relation des investisseurs avec d’autres acteurs publics et privés.
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