Dialogue social. Ce que le gouvernement a dit à l'UMT d’après le récit de Miloudi Moukharik
Les réunions thématiques, dans le cadre du dialogue social, ont démarré. Elles ont été tenues la semaine dernière avec l’UMT. Contacté par Médias24, son secrétaire général, Miloudi Moukharik, nous dévoile leurs conclusions.
Précisons que ces réunions sont tenues avec chaque syndicat à part. Elles ont eu lieu la semaine dernière avec l’UMT, apprend Médias24 auprès de M. Moukharik.
Accord de principe sur la baisse de l’impôt sur les salaires
"Les réunions des commissions thématiques ont démarré, comme convenu avec le gouvernement, la semaine dernière avec l’UMT", nous a déclaré notre interlocuteur. "Trois commissions se sont réunies avec les représentants de l’UMT, en présence des ministres concernés."
"Il s’agit d’abord de celle relative à l’amélioration des revenus, qui passera notamment par la baisse de l’impôt sur les salaires. Il ne s’agit pas de la baisse de l’IR", précise M. Moukharik, "mais de la baisse de l’impôt sur les salaires, dont le principe a été accepté par le gouvernement. Pour nous, c’est une avancée majeure".
Rappelons toutefois que ce point était déjà envisagé par l’Etat dans le cadre du chantier de la réforme fiscale, qui a notamment pour objectif d’alléger la pression fiscale sur les contribuables, d’autant que 73% des recettes collectées par l’Etat au titre de l’IR proviennent des retenues à la source des travailleurs du public et du privé.
"Nous avons également demandé au gouvernement de dissocier l’impôt sur le salaire de l’impôt sur le revenu", a souligné notre interlocuteur, notant toutefois qu’à ce jour, "le gouvernement évite encore de nous faire des propositions concrètes sur ce dossier, sur les montants d’augmentation notamment, ainsi que sur la date d’effet."
Retraites : la réforme à deux pôles maintenue par le gouvernement ?
"En ce qui concerne le chantier de la réforme des retraites, là encore, le gouvernement ne nous a pas encore exposé des propositions concrètes", regrette Miloudi Moukharik. "La commission en charge d’examiner ce dossier s’est réunie deux fois, en présence de Nadia Fettah, ministre de l'Economie et des finances."
"Nous avons toutefois fait admettre au gouvernement que la réforme paramétrique, qui repose sur la hausse de l’âge de la retraite, la baisse des pensions et l’augmentation des cotisations, ne servira à rien. D’ailleurs, elle a déjà été mise en œuvre par le gouvernement de Benkirane et n’a rien donné. Le gouvernement a par ailleurs évoqué une réforme globale, qui repose sur la création de deux pôles, public et privé, sans nous en dévoiler les détails. Nous prenons acte, mais à condition qu’elle ne touche pas les acquis des salariés dans le privé ni ceux des fonctionnaires dans le public."
Notons également que cette proposition est connue depuis des années. Il s’agit de celle présentée par le gouvernement aux syndicats avant le démarrage de ce second round, comme étant une vision élaborée par un bureau d’études, mais qui ne reflète par leur vision. Selon nos informations, le gouvernement vise à faire passer cette même réforme, mais de manière progressive. Il veut d’abord faire passer l’augmentation de l’âge de la retraite dans un premier temps, avant de passer aux autres aspects, au fur et à mesure, durant les prochaines années.
Et M. Moukharik de préciser : "La discussion continuera sur ce dossier. Nous ne sommes pas pressés par le 1er mai. C’est un dossier sociétal important qui ne nécessite pas cette précipitation."
Loi sur la grève : une nouvelle mouture préparée par le gouvernement
Enfin, la troisième commission thématique était chargée de l’examen du dossier "du droit à la grève", nous confie M. Moukharik. "Comme je le martèle, ainsi que mes représentants, le droit à la grève est un droit constitutionnel. Il est donc exclu de mettre en place une loi organique qui limite l’exercice de ce droit."
"Le gouvernement nous a annoncé qu’une nouvelle mouture avait été préparée et que l’ancien texte gelé au Parlement depuis 2016 restera bloqué. Selon le gouvernement, il s’agit d’un texte avant-gardiste qui respecte le droit de grève et contient 26 articles au total. Cependant, il ne nous a pas encore dévoilé son contenu. Nous prenons acte et attendons de le découvrir", conclut notre source.
Selon nos informations, d’après les lois en vigueur, le remplacement d’une loi gelée au Parlement doit passer par des amendements, quitte à amender tous les articles de l’ancien texte relatif à la loi sur la grève.
Rappelons-le, dans un article précédent, une source proche du dossier nous avait fait savoir que le gouvernement ambitionne d’arriver à un accord au 30 avril 2024. Jusqu’à présent, il n’a pas encore dévoilé ses propositions à l'UMT concernant les dossiers les plus chauds de ce second round. Ce délai sera-t-il maintenu ? A suivre.
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