Filière de l’avocat. Une “campagne productive et rentable” selon la profession
La campagne 2023-2024 de la filière de l’avocat a été marquée par une amélioration en termes de rendement, d’exportation et de rentabilité. Les fruits marocains sont de plus en plus prisés sur le Vieux Continent, d’autant que certains pays producteurs ont souffert d’une baisse de production. Le point avec Abdellah Elyamlahi, président de Morocco Avocado Association (MAVA).
Même si la superficie d’avocatiers du Maroc s’est stabilisée, la productivité des fermes et la rentabilité à l’export se sont améliorées lors de la campagne 2023-2024. "Une campagne satisfaisante en termes de volume et de rentabilité. Les fruits ont été vendus à un bon prix, plus avantageux que lors de la précédente campagne", confirme Abdellah Elyamlahi, président de Morocco Avocado Association (MAVA).
L’amélioration des techniques de production et la maturité des arbres ont eu un effet positif sur le rendement. En outre, les producteurs marocains ont réussi à négocier de meilleurs prix. Un scénario favorisé, d’une part, par la qualité des récoltes de cette année et une demande plus importante, d’autre part, par une production espagnole en baisse.
L’irrigation d’un avocatier : 3.000 à 5.000 m³ par hectare et par saison
L’avocatier n’est pas un arbre endémique du Maroc. Il est originaire de l'Amérique tropicale. C’est au mitan des années 1980 qu’il a fait son apparition dans le Royaume. D’abord dans le périmètre agricole du Loukkos. Ensuite, cette espèce d’arbres fruitiers de la famille des Lauracées s’est étendue jusqu’au Gharb. "De Larache jusqu’à Kénitra, en passant par Moulay Bousselham", précise Abdellah Elyamlahi.
L’avocatier est une plante particulière. Hermaphrodite, elle doit sa survie aux pollinisateurs. Récoltés entre octobre et mars, les avocats sont cultivés quatre à cinq mois plus tôt dans des régions aux températures comprises entre 12,8 et 28,3 degrés. En termes d’irrigation, deux systèmes sont privilégiés : le goutte-à-goutte et par cuvette.
Les agriculteurs actionnent le système du goutte-à-goutte "entre deux et trois heures par jour", affirme le président de Morocco Avocado Association. "Quand il pleut, nous arrêtons le système d’irrigation", assure-t-il, avant de préciser que l’irrigation d’un hectare d’avocatier au goutte-à-goutte se situe entre 4.000 et 5.000 m³, soit 4 à 5 millions de litres.
Dans le cas de l’irrigation par cuvette, chaque plant d’avocat nécessite 23 périodes d’irrigation, à raison de 40 litres par période. C’est l’équivalent de 920 litres par plant, d’après la Direction provinciale de l’agriculture (DPA) de Chefchaouen. Soit plus de 3.000 m³ par hectare. Il faut compter généralement 4 à 8 semaines pour que la graine plantée au sol germe. Après quelque temps, les premières feuilles poussent. S’ensuit la floraison jusqu’à l’obtention du fruit à récolter.
Production : 70.000 tonnes dont 60.000 exportées
C’est en 2018 que les avocats du Maroc ont commencé à être exportés. De ce fait, la superficie cultivée a presque doublé en l’espace de quatre ans, avant de se stabiliser à environ 7.500 ha. Si la production a également augmenté de manière significative, atteignant 43.000 tonnes en 2023 (3.000 t dédiés au marché national) contre 25.000 t en 2018, cette campagne a encore battu quelques records.
"Nous avons atteint une production de 70.000 t (9,3 t par hectare en moyenne)", précise notre interlocuteur. À noter l’hégémonie de la variété Hass, originaire de Californie et connue pour produire des avocats de qualité supérieure, prisés pour leur texture crémeuse et leur goût riche. "Le rendement s’est amélioré car les techniques de production sont meilleures, mais aussi parce que les fermes existantes deviennent plus productives. Une ferme de trois ans n’est pas aussi productive qu’une ferme de quatre ou cinq ans d’âge. Plus l’arbre est âgé, plus il donne de fruits", explique-t-il.
La majeure partie de la production marocaine d’avocats est destinée à l’export, notamment vers l’Union européenne (80%) et la Russie (20%). Les autres pays exportateurs sont l’Espagne, la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie. Un marché compétitif où le Maroc s’est fait une place. "Nous essayons d’améliorer d’année en année la qualité des fruits", souligne Abdellah Elyamlahi. À cela s’ajoute "une baisse de la production en Espagne et une hausse de la demande du fruit marocain".
Vendu en Europe entre 3 et 3,75 euros
Selon l’agence de presse espagnole EFE, la culture de fruits tropicaux en Espagne, comme la mangue ou l’avocat, a vu son rendement diminuer. "L’avocat, lui, voit sa production diminuer de 60% par rapport à la saison précédente", ajoute la même source ; ce qui explique "l’arrivée de nouveaux exportateurs espagnols qui se sont implantés au Maroc", indique notre interlocuteur. Comme il y a peu de producteurs-exportateurs marocains, les agriculteurs vendent leurs productions à d’autres acteurs du marché qui en assurent l’exportation.
Lors de cette campagne, "sortie de la ferme, le kilo d’avocat coûtait de 18 DH à 40 DH le kilo. L’exportateur a quant à lui écoulé cette marchandise en Europe à un prix oscillant entre 3 euros (32,3 DH) et 3,75 euros (40,4 DH) le kilo". Une grille tarifaire qui ne dessine pas encore un plafond de verre, tant il y a encore une marge de progression en matière de rendement.
"Certains producteurs sont persuadés que la culture de l’avocat ne nécessite pas beaucoup d’entretien", déplore Abdellah Elyamlahi. "En réalité, plus le processus de production est perfectionné, plus les rendement sont meilleurs. Raison pour laquelle il est recommandé d’investir dans des programmes de fertigation (fertilisation et irrigation), mais aussi de tailler correctement les avocatiers pour favoriser un ensoleillement optimal". Un verger bien entretenu peut produire en moyenne 14 tonnes par hectare.
À découvrir
à lire aussi
Article : Prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM): - Températures en hausse avec temps […]
Article : Dette hybride. Au-delà de la levée, le modèle et les contraintes d’OCP
Derrière le succès de son émission obligataire hybride d’avril 2026, le groupe OCP révèle une équation financière complexe. Entre montée de la fiscalité, politique de dividendes, investissements massifs dans la transition verte et dans des activités hors cœur de métier, le champion des phosphates doit désormais arbitrer dans un environnement compliqué.
Article : Un nouveau “dictionnaire critique” pour relire le Maroc colonial
Un ouvrage collectif dirigé par l’anthropologue marocain Hassan Rachik propose une relecture de la période coloniale à travers un format original de dictionnaire, réunissant une vingtaine de chercheurs marocains, français et espagnols.
Article : Sahara: despite Algiers’ efforts, Washington’s position remains unchanged
On the sidelines of the Antalya Diplomacy Forum in Turkey, Algeria’s foreign minister and the U.S. president’s senior advisor for Arab and African affairs discussed several regional issues, including the Sahara. Yet behind the carefully worded Algerian statement, Washington’s support for Morocco’s territorial integrity remains clear and unchanged. Since December 2020, that position has taken on the weight of state continuity, suggesting it will endure regardless of political turnover in Washington or diplomatic initiatives from Algiers.
Article : Santé animale : Biopharma et le Tchad passent à la phase opérationnelle de leur partenariat
La société pharmaceutique marocaine Biopharma a signé à N’Djamena une feuille de route de coopération avec l’Institut tchadien de recherche en élevage pour le développement (IRED), dans le cadre du renforcement de la coopération maroco-tchadienne dans le domaine de la santé animale.
Article : Casablanca : les autorités démentent auprès de Médias24 une rumeur sur une fermeture des commerces à 23 heures à Anfa
Les autorités ont démenti, auprès de Médias24, l’existence d’une décision imposant la fermeture des commerces, cafés et restaurants à 23 heures dans le ressort de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, après la circulation d’informations en ce sens sur certains sites et réseaux sociaux.