Le Roi Mohammed VI, seul chef d’Etat invité à l’investiture du nouveau président sénégalais en dehors de la sous-région
Le chef de gouvernement, Aziz Akhannouch, a représenté le Roi Mohammed VI, ce mardi 2 avril à Diamniadio près de Dakar, à la cérémonie de prestation de serment et d’installation du président élu de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye. Notre consultant Lemine Ould Salem commente ces égards qui confirment que les relations entre les deux pays s’inscriront dans la continuité.
Le déplacement de Aziz Akhannouch au Sénégal, accompagné du ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, intervient sur hautes instructions du Roi Mohammed VI, à la suite de l’invitation adressée par le nouveau président élu du Sénégal au Souverain pour prendre part à la cérémonie d’investiture.
En dehors des leaders de la sous-région, le Roi Mohammed VI est le seul Chef d’Etat à avoir reçu une invitation pour prendre part à cette cérémonie, ce qui témoigne, encore une fois, de la profondeur des liens indéfectibles de fraternité, de solidarité et de considération unissant le Maroc et le Sénégal.
Elle dénote également la profondeur d’un partenariat exceptionnel et multidimensionnel existant entre le Royaume du Maroc et la République du Sénégal touchant les domaines politique, économique, culturel, social et spirituel.
La cérémonie de prestation de serment et d'installation du nouveau président sénégalais s’est déroulée en présence notamment de plusieurs chefs d’Etat et présidents des commissions de l’Union africaine, de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Bassirou Diomaye Faye, qui a remporté le scrutin présidentiel du 24 mars dès le premier tour avec 54,28% des voix, loin devant le candidat Amadou Ba (35,79%), est le cinquième président du Sénégal depuis l’indépendance du pays en 1960.
Notre consultant Lemine Ould Salem commente pour nos lecteurs cet événement :
"La présence du chef du gouvernement et du chef de la diplomatie marocaine à l’investiture du nouveau président est tout sauf une surprise. En dehors de son univers immédiat ouest-africain, le Sénégal entretient avec le Maroc ses meilleures relations sur le continent.
"L’histoire de ces relations remonte au lendemain des indépendances, quand le Roi Hassan II et le président Léopold Sédar Senghor en avaient jeté les bases.
"Les visites officielles au Maroc de Léopold Sédar Senghor en 1963, puis en 1966 soldée par une convention d’établissement entre les deux pays, et celle du Roi Hassan II au Sénégal en 1964 où il avait inauguré la Grande Mosquée Mohammed V de Dakar, avaient été les premières étapes de la construction de la relation entre les deux pays, devenus au fil du temps des alliés solides.
"Pour construire cette proximité, Marocains et Sénégalais ne sont pas partis de rien. L’existence de liens religieux historiques bâtis sur les réseaux de la confrérie Tijaniya, basée à Fès, et la présence de vieilles colonies humaines et de réseaux commerçants de part et d’autre, ont servi de socles à la construction des relations actuelles entre Rabat et Dakar.
"Des épisodes majeurs dans la vie des deux pays ont, maintes fois, montré ce caractère exceptionnel de leurs relations.
"Quand au milieu des années 1970 éclate l’affaire du Sahara, le Sénégal a été un des premiers pays au monde à soutenir le Maroc dans les instances internationales et africaines.
"Lorsque Rabat avait proposé au début des années 2000 un plan de règlement de cette affaire basé sur une autonomie de la région dans le cadre de la souveraineté marocaine, la diplomatie sénégalaise a été une des premières à se faire l’avocat de cette proposition.
"Dans plusieurs circonstances, le Sénégal a, lui aussi, pu compter sur le soutien décisif du Maroc. Cet appui a même été parfois militaire, comme lorsque l’armée sénégalaise a eu besoin d’équipements pour assurer des mandats internationaux pour ramener la paix dans des pays en guerre en Afrique de l’Ouest. Le Roi Mohammed VI a contribué à renforcer ces relations par ses nombreuses visites dans ce pays et des actes symboliques. Par exemple, en 2016, le discours de la Marche verte a été prononcé de Dakar".
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