Arrêt de Noor Ouarzazate III, Masen se veut rassurant
La mise à l’arrêt forcé de la composante Tour de Noor Ouarzazate III envoie un mauvais signal quant à la fiabilité de cette technologie, d’autant que la centrale en est à son deuxième arrêt depuis sa mise en service en 2018. Voici les implications de cette interruption de plusieurs mois.
Suite à l’annonce de la mise en arrêt forcé de Noor Ouarzazate III en raison d’une fuite dans ses réservoirs de sel fondu, de nombreuses questions se posent sur l’impact de cette situation, aussi bien sur le plan énergétique que financier. Au-delà, c’est aussi la question de l’avenir de la technologie du solaire à concentration qui interroge.
Contactée par Médias24, une source au sein de Masen affirme que l’impact financier est marginal sur l’Agence. "Le montant communiqué par Acwa [47 millions de dollars, ndlr] concerne les dividendes attendus. Ce n’est pas le cas pour Masen, où l’impact sera beaucoup moins important." Car Masen est actionnaire à hauteur de 25%. L’effet de cet arrêt de la production sera cependant bien moindre que la proportion détenue dans le capital de la centrale, souligne notre source.
Un communiqué d’Acwa Power, publié ce mardi 26 mars, indique toutefois que la production de Noor Ouarzazate III est de 420 GWH en 2023. Une précision qui laisse penser que l’énergéticien saoudien compte provisionner l’ensemble du chiffre d’affaires prévisionnel de la centrale, facturée à 90 centimes de dirhams le kilowattheure.
Concernant l’impact sur le réseau et la production électrique, notre source chez Masen se veut rassurante : "La tour ne représente que 25% de l’électricité produite par la centrale, ce qui est très minime. L’impact sur la production nationale est pour ainsi dire insignifiant."
C’est ce que confirme Acwa Power dans son communiqué, ajoutant que la production annuelle de 420 GWh équivaut à la demande de plus de 200.000 foyers au Maroc et à 325.476 tonnes de CO2 déplacées en 2023.
Selon nos sources, il n’y a donc pas de quoi s’inquiéter. Beaucoup de bruit pour rien, estiment-elles. "On a prévu le timing de cet arrêt depuis qu’une fissure a été repérée il y a un moment dans un petit réservoir. C’est le fait qu’Acwa a publié son profit warning qui a rendu la chose spectaculaire."
Quant aux causes de l’incident, rien ne filtre. Des experts en production électrique avaient pourtant prévenu en 2016 sur les risques d’associer toutes les technologies solaires sur le même site. Une première mondiale qui a été testée au Maroc.
Pour rappel, la technologie du solaire à concentration a déjà été pointée du doigt en 2020 dans un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Celui-ci notait qu’"au regard des prix du PV et de l’éolien, la technologie CSP s’avère dorénavant, malgré l’avantage du stockage, relativement chère et n’est plus justifiée à l’avenir et ce, d’autant plus que les niveaux d’intégration industrielle locale sont tellement bas, qu’ils ne permettent pas de justifier le surcoût". Une mise en garde qui, selon plusieurs acteurs du secteur, a entraîné d’important retards sur le projet de Noor Midelt, qui devait être mis en service en 2022. Mais notre source chez Masen en est certaine : "Cet incident n’aura aucun impact sur Noor Midelt."
Alors que l’offre nationale d’hydrogène vert se veut la suite des succès marocains dans le secteur des énergies renouvelables, et que Masen est positionnée dans l’architecture de gouvernance de cette offre en tant que guichet unique, l’incident de Noor Ouarzazate III semble être un mauvais signal. D’autant que la centrale, entrée en production en 2018, a déjà été mise à l’arrêt une première fois en 2021 pendant quasiment un an.
Deux arrêts de plus d’un an et neuf mois sur cinq années d’activité. Se pose donc peut-être la question de la garantie ? Sur ce point, le communiqué d’Acwa Power apporte une indication qui n’est pas des moindres : "Il est important de noter que la réception finale de l’usine NOORo III n’a pas encore été accordée et que le réservoir de sel chaud existant a connu un problème de fuite qui a entraîné des travaux de réparation qui ont commencé."
Cela laisse entendre que les installations sont toujours sous la garantie du constructeur. Acwa Power précise également qu’"en plus de réparer rapidement le réservoir existant pour remettre l’usine en service dans les plus brefs délais, des mesures décisives sont prises pour améliorer la fiabilité et l’efficacité de la centrale (...) Cela comprend la construction d’un nouveau réservoir avec une conception améliorée qui prendra le relai du réservoir réparé".
Et d’ajouter : "La conception du nouveau réservoir intègre les dernières technologies et s’appuie sur des informations précieuses tirées de notre expérience dans des projets similaires à l’échelle mondiale, en tirant parti de l’expertise de la vaste flotte d’ACWA Power."
En d’autres termes, la conception initiale du réservoir est devenue caduque, exigeant une révision totale du modèle et de la technologie utilisée. Reste à savoir qui va payer, et dans quelle mesure ? A l’époque de la construction, c’est l’espagnol Sener qui avait pris en charge l’ingénierie conceptuelle, qui comprend la fourniture des équipements du système de stockage thermique. Il avait sous-traité la construction au chinois Sepco III, dont c’était le premier projet en technlogie CSP.
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