La Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca dissout les bureaux des étudiants en médecine

Alors que les futures blouses blanches poursuivent leur boycott ouvert, des facultés, à l’instar de la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca, décident de s’attaquer au moteur de la contestation : la représentation étudiante. Détails.

La Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca dissout les bureaux des étudiants en médecine

Le 21 mars 2024 à 17h24

Modifié 21 mars 2024 à 17h47

Alors que les futures blouses blanches poursuivent leur boycott ouvert, des facultés, à l’instar de la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca, décident de s’attaquer au moteur de la contestation : la représentation étudiante. Détails.

Des mesures coercitives ont été prises à l’encontre des étudiants en médecine qui boycottent leurs études − cours, stages et examens compris − depuis quelques mois.

C’est le cas du Conseil des étudiants en médecine de Casablanca (CEMC), dont les membres du bureau administratif ont été convoqués, le mercredi 20 mars, pour comparaître devant le conseil de discipline sur fond de "sabotage de la faculté et perturbation du déroulement normal des études et de la formation".

"Cela contredit le mode de fonctionnement du Conseil, qui repose sur le vote des règles pour établir les démarches de lutte. Une méthode que nous avons adoptée lors de nombreuses étapes de notre lutte", s’insurge le CEMC.

Il est clair que la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca (FMPC) a décidé de s’attaquer au nerf de la guerre, notamment la représentation étudiante. En témoigne la nouvelle décision arrêtée par l’Université Hassan II portant dissolution des bureaux des étudiants et interdiction de l’ensemble de leurs activités au sein de l’université.

Les activités de la représentation étudiante désormais interdites à Casablanca

La décision du président de l’Université Hassan II de Casablanca de dissoudre les bureaux des étudiants de la Faculté de médecine et de pharmacie, notamment du BDEPC et du CEMC, et d’interdire toutes leurs activités au sein de l’université, a en effet été publiée le mardi 19 mars (fac-similé ci-dessous).

"En vertu de la loi n° 01.00 relative à l’organisation de l’enseignement supérieur, en particulier l’article 16, et après consultation de la doyenne par intérim de la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca, il a été décidé de dissoudre, à partir du 19 mars 2024, tous les bureaux des étudiants de la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca. Toutes les activités desdits bureaux seront interdites à partir de la même date. L’application de cette décision est confiée à l’administration de la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca", lit-on dans la décision dont nous détenons copie.

Joint par Médias24, le ministère de l’Enseignement supérieur explique que cette question ne relève pas de lui, mais de l’Université Hassan II, les universités étant autonomes. Malgré plusieurs tentatives infructueuses de joindre la présidence de l’Université Hassan II, aucun retour ne nous est parvenu au moment où nous mettons en ligne cet article.

Les étudiants en médecine attachés à leur position ?

La présidence peut-elle concrètement procéder à la dissolution des bureaux de la représentation étudiante ? En consultant l’article 16 de la loi n° 01.00 relative à l’organisation de l’enseignement supérieur, nous pouvons lire : " (...) Le président de l’université coordonne entre les institutions universitaires affiliées à l’université. Il veille au respect des textes législatifs et réglementaires en vigueur et du règlement intérieur au sein du campus universitaire. Il est autorisé à prendre toutes les mesures nécessaires, en fonction des circonstances, conformément à la législation en vigueur".

Le CEMC, qui condamne la nouvelle décision de la FMPC, affirme son attachement à sa position de départ. "La décision du président de l’Université Hassan II de Casablanca, en date du 19 mars 2024, de dissoudre le bureau du Conseil des étudiants en médecine de Casablanca (CEMC) et d’interdire toutes ses activités au sein de l’université, sans préavis, viole explicitement les principes des droits de l’homme et leurs droits constitutionnels, en ciblant leur conseil et leurs représentants qui ont été élus dans le cadre d’un processus légal, démocratique et équitable", indique le Conseil.

Et de conclure : "Cette décision, comme celles qui l’ont précédée, traduit clairement la politique réelle qui a été menée pour gérer ce dossier urgent, et le style répressif adopté depuis le début pour gérer cette crise, ce qui a largement contribué à aggraver les tensions et l’agitation. Nous réaffirmons, à travers notre cadre historique bien établi, notre attachement à nos positions et à nos revendications, et nous appelons les responsables à faire preuve de modération et à assumer la responsabilité de la situation actuelle".

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