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Etat d’avancement, technicité et investissement : le point sur l’usine de production d’anti-cancéreux de Kénipharma

Où en sont les travaux de construction de l’usine de fabrication de médicaments cytotoxiques par voie parentérale de Kénipharma, lancés en juillet 2023 ? Quelle est la particularité de ce projet ? Quelle est sa valeur ajoutée ? Le point avec le PDG du groupe, Moulay Rachid Benziane.

Etat d’avancement, technicité et investissement : le point sur l’usine de production d’anti-cancéreux de Kénipharma
Coup d’envoi des travaux de son unité pharmaceutique spécialisée dans la fabrication des médicaments cytotoxiques par voie parentérale qui permettra la création de 250 emplois directs.
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Le 10 mars 2024 à 15h30 | Modifié 10 mars 2024 à 16h22

Disponibilité sans rupture et prix réduits de plus 30% par rapport aux médicaments utilisés pour le traitement du cancer au Maroc. Il s’agit là de la promesse de Moulay Rachid Benziane, dont l’usine de production de médicaments anti-cancéreux devrait être opérationnelle dans un an et demi.

Médias24 est allé à sa rencontre et s’est rendu sur le site de l’usine, où les travaux de gros œuvre sont bien avancés.

De la grossisterie à la fabrication d’anti-cancéreux

Lauréat de la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat en 1998, le Dr Moulay Rachid Benziane, pharmacien de profession, a démarré sa carrière avec la création de son officine avant de fonder en 2015 Kénipharma, un établissement pharmaceutique grossiste répartiteur.

Après quatre ans d’expérience, l’entreprise, qui compte actuellement entre 1.200 et 1.300 clients, va bientôt élargir ses activités en se lançant dans la fabrication de médicaments anti-cancéreux.

En gestation depuis 2019, ce projet sort enfin de terre. Les travaux de construction de son usine ont été lancés le 17 juillet 2023 lors d’une cérémonie présidée par le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour. Il s’agit en effet d’un investissement issu de la banque à projets. Le projet a également bénéficié de la charte de l'investissement. Son projet a été validé dans la première CNI en 2023.

"Dans ce nouveau voyage, nous avons choisi de mettre le cap sur une industrie inexistante au Maroc, avec une grande valeur ajoutée. Nous avons également décidé d’introduire une nouvelle technologie au Royaume, qui est celle de l’isolateur", nous explique M. Benziane. "L’industrie pharmaceutique marocaine est très respectée à l’international, et ce projet pourrait en améliorer la compétitivité", assure-t-il.

35-40% d’avancement

Une fois sur le site de l’usine, nous constatons que le chantier avance bien. "Le projet devrait être achevé et opérationnel dans un an et demi", indique M. Benziane. "Les travaux sont à environ 35 à 40% d’avancement."

"Les travaux de gros œuvres sont très avancés, et la dernière dalle sera posée dans deux semaines environ. Il nous restera alors à mettre en place le réseau sous dallage, pour attaquer par la suite les salles blanches."

Du côté des machines, les contrats sont déjà établis avec les fournisseurs. "Elles sont en construction, nous n’attendons que leur arrivée pour les installer. Il faut noter cependant qu’une seule machine peut nécessiter jusqu’à 18 mois de fabrication."

En plus de l’unité de production, l’usine sera notamment dotée d’un laboratoire pharmaceutique et de salles blanches. Pour ces dernières, M. Benziane dispose déjà de toutes les caractéristiques techniques.

Des techniques de pointe

"Nous sommes la deuxième grossisterie nationale. Cette usine est notre projet phare. Elle est la première au Maroc à avoir pour objectif la fabrication de produits anti-cancéreux par voie injectable. C’est aussi un projet particulier en termes de technicité, qui n’existe pas encore sur le marché national", promet le PDG du groupe Kénipharma.

"Celle-ci se base sur l’isolateur pour fabriquer les cytotoxiques injectables par chimiothérapie, un procédé qui permet de confiner les procédés pharmaceutiques. Les cytotoxiques sont des produits hautement réactifs et très toxiques. Nous allons donc protéger à la fois l’opérateur et le produit pour éviter la contamination de l’opérateur par la toxicité du produit." En effet, l’isolateur assure la séparation de la zone de production et du personnel/environnement.

"Dans cette usine, la production se fera avec un système smart dit Scada. Ce sont des usines qui appartiennent à la dernière génération 4.0. Le process sera automatisé de bout en bout, depuis la fabrication jusqu’au conditionnement en passant par le mélange et le remplissage."

"C’est donc une grande valeur ajoutée puisqu’il s’agit d’une production 100% marocaine." Ce projet s’inscrit d’ailleurs dans le cadre de l’accompagnement des réformes en cours dans l’écosystème de santé national, visant la généralisation de la protection sociale.

"La fabrication du médicament est un créneau sur lequel on a l’ambition de nous diversifier. On va d’abord démarrer par la voie injectable, avant de passer au solide [comprimés, ndlr] et autres. Notre objectif est de faire entrer les technologies de pointe au Maroc", souligne M. Benziane.

Des prix réduits de plus de 30% et des ruptures de stocks évitées

"Au Maroc, nous avons près de 40.000 nouveaux cas de cancer par an. C’est la deuxième cause de mortalité au Royaume, après les maladies respiratoires", rappelle Moulay Rachid Benziane.

"Qui dit cancer, dit coût élevé du traitement et sur une longue durée. Au niveau national, le coût des traitements anti-cancéreux est très lourd et le protocole nécessite une longue période. Au cours des dernières années, des ruptures de différents produits ont souvent été signalées au niveau des officines, ce qui provoque l’arrêt du protocole pour les patients atteints de cancer et, par ricochet, conduit à des complications et à des rechutes."

"Dans notre usine, nous tablons sur une production de 4 à 5 millions de flacons par an, un chiffre qui ira crescendo au fil des années. Lorsque l’on assurera le besoin national, nous aurons ensuite pour objectif d’exporter à l’étranger. Notre production permettra à terme de répondre au besoin national et d’éviter les ruptures. Nous avons également comme volonté de substituer l’importation par la production nationale."

"Outre la disponibilité, il s’agit d’un projet social. Les coûts de nos médicaments seront réduits de plus de 30% par rapport à ceux existants au Maroc, qui sont issus de l’importation."

L’autre volet de ce projet est relatif à la formation des pharmaciens et des médecins, afin d’assurer le transfert de la technologie. "On ambitionne même de créer par la suite un département de recherche pour que cette maladie grave devienne un sujet abordable au Maroc."

Jusqu’à 140 millions de DH d’investissement

"Sur une superficie de 2.000 m², dont plus de 1.500 m² construits, cette usine coûtera entre 120 à 140 millions DH."

Sur le front de l’investissement, trois volets essentiels ont été évoqués par le PDG de Kénipharma. "Nous avons des fonds propres, mais nous avons aussi eu recours à une ligne de crédit et bénéficié d’une subvention de l’Etat. Nous avons également bénéficié d’un bon accompagnement des ministères de la Santé et de l’Industrie dans ce projet", conclut notre interlocuteur.

Ce projet marque ainsi une étape importante dans le développement de l’industrie pharmaceutique nationale, mobilisée pour renforcer la souveraineté sanitaire du pays, ainsi que son positionnement comme hub sur le continent africain.

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Le 10 mars 2024 à 15h30

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