Tracé, contournement de Casablanca, Agadir... De nouveaux détails sur le projet de LGV

Invité de l’Association des centraliens et Supélec du Maroc fin janvier, Mohammed Smouni, directeur général adjoint de l’ONCF, a dévoilé de nouveaux détails sur la ligne à grande vitesse prévue entre Kénitra et Agadir. Détails. 

Tracé, contournement de Casablanca, Agadir... De nouveaux détails sur le projet de LGV

Le 28 février 2024 à 18h47

Modifié 29 février 2024 à 6h53

Invité de l’Association des centraliens et Supélec du Maroc fin janvier, Mohammed Smouni, directeur général adjoint de l’ONCF, a dévoilé de nouveaux détails sur la ligne à grande vitesse prévue entre Kénitra et Agadir. Détails. 

"L'extension de la ligne à grande vitesse jusqu’à Agadir est un projet qui s’inscrit dans un schéma directeur permettant de relier Tanger à Agadir en moins de 4 heures", a expliqué Mohammed Smouni, directeur général adjoint de l’Office national des chemins de fer (ONCF), lors de cet évènement.

Deux grands axes ferroviaires

"Ce schéma directeur de la grande vitesse au Maroc a été élaboré en 2006-2007, avec pour objectif de desservir pratiquement les grandes villes du Maroc, avec une ligne atlantique, allant de Tanger à Agadir, et une ligne maghrébine de Casablanca à Oujda".

"Il est ainsi composé de deux grands axes ferroviaires" a-t-il souligné, "dans l’objectif de répondre à l’évolution de la mobilité au sein de notre pays, avec des retombées significatives sur la collectivité en termes de sécurité, de création d’emplois et de préservation de l’environnement, en faisant du mode ferroviaire l’épine dorsale de la mobilité durable".

"Adopté en 2007, ce schéma directeur comporte 1.500 km de lignes à grande vitesse et 3.800 km de lignes classiques. Il est prévu qu’il desserve toutes les zones avoisinantes, ainsi qu’une grande partie des ports et des aéroports dans toutes les villes du Royaume de plus de 200.000 habitants. Toutes les personnes habitant à une heure des chemins de fer pourront alors y avoir accès".

"Ce schéma permettrait à terme de réduire le temps du parcours de 3 à 4 fois par rapport au train classique, et d’éviter 500 tués par les routes chaque année, ainsi que les 210.000 tonnes d’émissions de CO2 par an".

"Dans ce schéma, la ligne Kénitra-Tanger, en site propre, est une première partie. Les autres parties sont les projets de prolongation de Kénitra à Marrakech, puis de Marrakech à Agadir".

"Dans ses discours, Le Roi Mohammed VI insiste sur la centralité. Dans l’avenir, Rabat et Casablanca ne seront plus les centres du Maroc. Ce serait plutôt la région de Souss-Massa qu’il faudra desservir".

La desserte d'Agadir, un projet entamé il y a deux ans

"La desserte d’Agadir est un projet emblématique pour nous, sur lequel on a commencé à travailler il y a près de deux ans, sans qu’il n’y ait l’échéance de la Coupe du monde 2030 qui a accéléré le processus". 

Selon Mohammed Smouni, "le trajet Kénitra-Marrakech est moins compliqué que celui de Tanger-Kénitra, déjà réalisé. Mais le temps presse, et nous avons une échéance que nous devons honorer".

"L’axe reliant Kénitra à Marrakech s’étend sur 450 km, et nécessitera un budget de 53 milliards de DH, tandis que celui reliant Marrakech à Agadir s’étend sur 240 km et nécessitera un investissement de 50 MMDH".

"Le deuxième axe [Marrakech-Agadir] nécessitera un investissement plus conséquent, même si la distance est moins importante, parce qu’il se trouve sur un couloir direct. On traverse le Haut Atlas, et on a pratiquement 28 km de tunnels en monotube, qui coûtent plus cher", explique-t-il.

"Certes, ces coûts sont élevés, mais ils peuvent être récupérés en 25 ans, notamment à partir des impôts, mais aussi des retombées des activités touristiques, industrielles, ainsi qu’à travers le PIB qui va croître".

Deux scénarios possibles au niveau de Casablanca

Mohammed Smouni a également présenté le tracé possible de la LGV. "La ligne en violet représente celle de la ligne LGV en site propre, sur laquelle il y a des interconnexions", a-t-il expliqué.

"Celle-ci démarre depuis Sidi Ichou, pour passer par la gare de Rabat-Agdal, conçue pour accueillir la ligne à grande vitesse. On raccorde ensuite le nord de Casablanca à la ligne de Fès. Même si Fès n’a pas encore effectivement de ligne à grande vitesse en site propre, elle bénéficiera d’une réduction de la durée du parcours. Elle sera ainsi raccordée à Casablanca  en une heure.

"Dans les mêmes emprises, on passe sur la ligne classique. Le hasard a fait qu’on passe à 1 km du nouveau stade de Casablanca à Benslimane. À ce niveau, on a deux possibilités : la LGV peut passer à l’intérieur de Casablanca, par Casa Voyageurs, ou la contourner, et c’est cette ligne de contournement qui va faire l’axe entre l’aéroport de Casablanca et Rabat en 35 minutes, et celui entre l’aéroport de Casablanca et le nouveau stade de Benslimane en 20 minutes".

"Ce sont des durées attractives. On a donc la possibilité d'entrer à Casa Voyageurs et de descendre dans ce que l’on appelle la gare Casablanca Sud, qui se trouve à côté de la foire de l’Office des changes. Cette nouvelle gare sera la plus grande de Casablanca, et sera située pas loin d’Anfa".

"La ligne dessert ensuite le nouveau terminal de Casablanca, pour descendre jusqu’à Marrakech. Sur ce volet, on a aussi la possibilité de faire en sorte que la LGV parte directement vers Agadir, ou qu’elle entre à Marrakech".

Principaux impacts de cette ligne

Le principal impact de cette ligne, selon le directeur général adjoint de l'ONCF, est la réduction de la durée des trajets.

- Tanger-Rabat qu’on faisait en 1h20 sera réduite à 1 h ;

- Tanger-Casablanca sera faite en 1h40 ;

- Tanger-Marrakech sera faite en moins de 3 heures ;

- Aéroport de Casablanca-Rabat sera faite en 35 minutes ;

- Marrakech-Casablanca sera faite en 1h15 ;

- Marrakech-aéroport de Casablanca sera faite en 1h05 ;

- Marrakech-Agadir sera faite en 1 heure.

Et d’ajouter : "Malgré sa mise en place, l’autoroute entre Marrakech et Agadir n’a pas connu un développement spectaculaire. L'extension de la LGV aura ainsi également un impact socio-économique positif sur Agadir. On pourra notamment mutualiser les hôtels et autres avec Marrakech".

Par ailleurs, "la ligne Kénitra-Marrakech va toucher près de cinq zones, à savoir Tanger, Rabat, Casablanca, Marrakech et Fès. Elle représente 58% de la population nationale, 67% du PIB du Maroc et 70% des échanges. Elle dessert cinq destinations touristiques et trois pôles portuaires. Enfin, elle génère 65% du trafic".

"Pour Marrakech-Agadir, on ajoute 20% de la population, deux pôles portuaires (Safi et Agadir), 17,4% du PIB national et deux pôles touristiques (Marrakech et Agadir)".

"Avec ces chiffres, on sent le poids de cette liaison sur l'économie nationale", a conclu Mohammed Smouni.

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