A l’approche du Ramadan, baisse des prix des légumes, tandis que ceux des viandes rouges et blanches restent stables

A deux mois du Ramadan, les prix des viandes rouges et blanches se maintiennent, tandis que ceux des fruits et légumes affichent une baisse importante, notamment à la suite de la hausse récente des températures. Sur les semaines à venir, les prévisions des professionnels diffèrent selon les secteurs.

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A l’approche du Ramadan, baisse des prix des légumes, tandis que ceux des viandes rouges et blanches restent stables

Le 16 janvier 2024 à 19h18

Modifié 16 janvier 2024 à 19h37

A deux mois du Ramadan, les prix des viandes rouges et blanches se maintiennent, tandis que ceux des fruits et légumes affichent une baisse importante, notamment à la suite de la hausse récente des températures. Sur les semaines à venir, les prévisions des professionnels diffèrent selon les secteurs.

Le mois de Ramadan approche à grands pas, et comme chaque année, la disponibilité et les prix des produits alimentaires est une des principales préoccupations. De nombreux consommateurs ont d’ores et déjà entamé leurs préparatifs et commencent ainsi à s’approvisionner en produits de base, en particulier en tomates, oignons, viandes rouges et en volaille.

Différentes sources du marché, jointes par Médias24, nous ont livré les niveaux de prix actuels et quelques prévisions pour les semaines à venir. Selon les professionnels de la viande rouge, les prix se maintiennent depuis le dernier mois de ramadan et ne devraient pas augmenter davantage d’ici le mois sacré de cette année, prévu selon le calcul astronomique pour le 12 mars prochain, ou encore d’ici Aïd Al Fitr.

En ce qui concerne la volaille, les éleveurs vendent actuellement au prix de revient et espèrent que les prix se maintiendront jusqu’au mois de ramadan pour éviter d’éventuelles pertes.

Pour ce qui est des fruits et légumes, les producteurs relèvent une baisse importante des prix, salutaire pour les consommateurs. A son origine : la hausse des températures et une augmentation des droits de douane en Mauritanie sur les légumes marocains.

La tomate varie entre 1,50 et 3 DH/kg au marché de gros

"Qui dit augmentation de la température dit augmentation de l’offre", nous explique une source de l’Association marocaine des producteurs de fruits et légumes (APEFEL), contactée par Médias24, soulignant que "les températures ont atteint jusqu’à 31°C à Agadir les jours passés".

"Il y a une augmentation assez importante de l’offre au niveau du marché", poursuit notre interlocuteur, "ce qui impacte par ricochet les prix qui, eux, sont très bas".

Outre les températures, l’autre facteur qui impacte la disponibilité et les prix des légumes est la hausse des droits de douane en Mauritanie sur les légumes marocains.

"Il y a quelques jours, la Mauritanie a augmenté ses taxes, ce qui a poussé les importateurs mauritaniens à boycotter l’importation des produits marocains, imposant aux directions concernées de revenir sur cette décision", ajoute notre source à l’APEFEL. "Cette mesure, qui a coïncidé avec la hausse des températures, a entraîné une baisse importante des prix pratiqués, mais aussi une augmentation de la disponibilité des légumes sur le marché".

"Les agriculteurs vendent à présent à perte, mais c’est la loi de l’offre et de la demande. A ce jour, le prix des tomates au marché de gros varie entre 1,5 et 3 DH/kg alors que leur production coûte entre 4 et 5 DH/kg. L’agriculteur perd ainsi entre 2 et 3 DH sur chaque kilogramme. Il en est de même pour l’oignon, dont les prix sont très abordables, environ 2 à 3 DH/kg, et les courgettes, vendues à près de 3,50 DH/kg", précise encore notre source.

En effet, comme le montrent les infographies ci-dessous, les prix des légumes sont en baisse en ce début d’année 2024 par rapport aux niveaux de prix pratiqués il y a quelques semaines.

Les prix affichés ci-dessous sont ceux du marché de gros de Casablanca. Le kilogramme de la tomate varie ainsi entre 3 et 6 DH/kg contre 3,50 à 5,50 DH/kg pour les oignons secs. Le prix des courgettes varie quant à lui entre 2,50 et 5 DH/kg et entre 1,50 et 2,50 DH/kg pour la carotte. En ce qui concerne les pommes de terre, leur prix varie entre 2,50 et 4 DH/kg.

Comment évolueront les prix à l’approche du Ramadan ? Aucun professionnel du secteur ne peut se prononcer à ce jour. "Deux mois nous séparent du mois sacré. Tout peut arriver. Personne ne peut donc se prononcer. Je pense néanmoins que sur les deux prochaines semaines, les prix se maintiendront aux niveaux actuels, mais on ne peut pas prévoir pour les mois à venir, d’autant plus que la météo est déjà en train de changer ce mardi".

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Les prix de la viande rouge devraient rester stables

Pour ce qui est des viandes rouges, "les prix sont pratiquement constants depuis le Ramadan passé", nous apprend M’hamed Karimine, président de la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges (FIVIAR).

Selon nos informations, le kilogramme varie actuellement entre 80 et 90 DH en moyenne. Il s’agit du prix de vente au client final. Au niveau des marchés de gros, notamment celui de Casablanca, les prix de la viande rouge varient entre 72 et 75 DH/kg contre 97 à 98 DH/kg pour la viande ovine.

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D’après M’hamed Karimine, "l’Etat va de nouveau reconduire les mesures mises en place en 2023 visant à dispenser les importateurs de la TVA de 20% et des droits de douane de 200% sur la viande bovine. Trois ministères devaient signer cette mesure, à savoir celui des Finances, de l’Industrie et de l’Agriculture pour son entrée en vigueur, et c’est désormais chose faite. Il ne reste plus que son enregistrement et sa diffusion sur les postes-frontières pour qu’elle soit applicable".

En revanche, "sur demande des professionnels du secteur, l’Etat a décidé de suspendre l’octroi de la subvention de 500 DH par tête sur l’importation des ovins, qui n’a pas servi à grand-chose", précise-t-il.

La mise en place de cette mesure "avait pour objectif de faire rentrer au Maroc des animaux vivants à des prix qui pouvaient soutenir la baisse des prix localement", explique M’hamed Karimine. "Lorsque l’Etat a annoncé l’octroi de cette subvention de 500 DH sur les ovins, les commerçants espagnols en particulier ont augmenté leurs prix. Nous avons alors demandé au gouvernement de suspendre cette subvention parce que le marché a beaucoup augmenté. De plus, les prix au niveau local sont restés relativement stables et nous estimons qu’il y aura suffisamment de moutons pour l’Aïd Al Adha."

Qu’en est-il des niveaux de prix à l’approche du Ramadan ? "Les prix devraient rester stationnaires, surtout avec la sécheresse qui sévit actuellement. Nous estimons qu’il n’y aura pas de hausse ni pour le Ramadan, ni pour Aïd Al Adha", conclut M’hamed Karimine.

La volaille se maintient à 16 DH

Il en est de même pour la volaille, dont les prix se maintiennent. "Le kilogramme de volaille, sortie ferme, est actuellement à 16 DH", nous apprend Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), joint par Médias24.

"Nous sommes sur le prix de revient", ajoute notre source, qui espère que les prix resteront à ce niveau pour éviter aux éleveurs de perdre de l’argent.

Une réunion a par ailleurs été tenue récemment par le ministre de l’Agriculture avec les professionnels des produits de la mer. Objectif : mobiliser l’ensemble des acteurs du secteur afin d’approvisionner tous les marchés du territoire marocain en produits de bonne qualité, et surtout à des prix qui soient abordables pour le citoyen.

La réunion a ainsi permis d’établir les actions à même d’assurer l’approvisionnement du marché national avec des prix abordables et à la portée du consommateur durant le mois de ramadan, en l’occurrence :

- la mise en place d’une commission centrale pour assurer le suivi de l’approvisionnement régulier du marché national en produits de la pêche de haute qualité et en quantités suffisantes ;

- la mobilisation des opérateurs économiques du secteur de la pêche pour approvisionner en cas de besoin les différentes villes en poissons frais et congelés ;

- le suivi quotidien des prix du poisson frais le long de la chaîne de valeur, en particulier au niveau des halles aux poissons, des marchés de gros et des marchés de détail dans les différentes villes du Royaume ;

- le suivi quotidien des quantités de poissons congelés commercialisées dans les marchés de gros et les différents points de ventes.

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