“Un pic historique de cas d’oreillons ces deux derniers mois” (médecins)
Sur les 1.000 enfants atteints d’oreillons identifiés par les pédiatres, 97% n'étaient pas vaccinés contre cette infection.
En deux mois seulement, un réseau d’une vingtaine de pédiatres marocains ont relevé un nombre de 1.000 cas de parotidite ourlienne, une maladie virale communément appelée "oreillons". C’est ce que nous indique le Dr Ahmed Lahlou, pédiatre et coordinateur de la commission communication et études au sein de l’Association casablancaise des pédiatres privés (ACPP).
Selon lui, il s’agit d’un "pic historique". "Nous avions l’habitude d’identifier un cas tous les six mois. Or en deux mois, mille cas ont été détectés. Soixante l’ont été rien qu’en une seule journée dans un établissement scolaire", explique-t-il à Médias24.
"Ce chiffre alarmant n’a été détecté qu’au niveau d’un réseau de 20 pédiatres. Je vous laisse imaginer la situation si l’on prenait en compte tous les pédiatres de toutes les régions et villes du Maroc", s’inquiète le Dr Ahmed Lahlou.
Seulement 3% des enfants vaccinés sur les 1.000 cas
Sur les 1.000 enfants atteints d’oreillons identifiés par ces pédiatres, 97% n'étaient pas vaccinés contre cette infection. Parmi ces non-vaccinés, 20 cas d’orchite et 10 de méningite ont été diagnostiqués. Les cas d’orchite peuvent provoquer des séquelles à long terme ; elles comportent notamment un risque de stérilité. Le Dr Ahmed Lahlou appelle donc les parents à vacciner leurs enfants contre les oreillons, la vaccination étant le seul moyen de prévention. Quant aux 3% d’enfants vaccinés, ils n’ont pas de symptômes alarmants et ne présentent qu’une forme bénigne de la maladie.
Le vaccin anti-ourlien n’est pas intégré dans le calendrier vaccinal (Programme national d’immunisation) des établissements de santé publics. La vaccination contre cette maladie virale ne peut donc être effectuée que dans le secteur privé, nous informe le Dr Saïd Afif, président de la Société marocaine des sciences médicales (SMSM). Cette limitation explique le fait que plusieurs enfants ne sont pas vaccinés contre ce virus.
Le vaccin, jugé efficace et bien toléré, est préconisé à raison de deux injections. Il s’agit d’un vaccin combiné "rougeole-oreillons-rubéole". Son prix est de 150 dirhams. Il est remboursé à hauteur de 70% par la CNSS et de 80% par la CNOPS.
Les oreillons sont une infection due au virus ourlien qui touche essentiellement l’enfant d’âge scolaire, mais elle peut se rencontrer à tout âge. Il s’agit d’une inflammation des glandes parotides, situées au niveau du cou, sous les oreilles. Cette maladie se transmet par l’intermédiaire de gouttelettes de salive contenant le virus. Les signes évocateurs sont le gonflement des glandes parotides et la fièvre d’intensité variable. L’éviction scolaire s’impose dès l’apparition de la parotide pendant cinq à sept jours en moyenne.
L’Association casablancaise des pédiatres privés, InfoVacMaroc, la Société marocaine des sciences médicales, la Société marocaine de pédiatrie et la Société marocaine d’infectiologie pédiatrique et de vaccination ont engagé une campagne de vaccination pilote dans la préfecture d’Anfa avec le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Santé et de la protection sociale et le ministère de l’Éducation nationale, afin de fournir aux familles des informations sur la maladie et le vaccin.
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