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Explications – pas convaincantes – de l'ONU sur l'étrange visite de De Mistura à Pretoria

L'envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU pour le Sahara, Staffan de Mistura, s'est rendu le mercredi 31 janvier en Afrique du Sud. Ses entretiens ont porté sur le Sahara marocain alors que l'Afrique du Sud n'est pas partie au conflit. Voici les explications, pas convaincantes, de l'ONU sur cette étrange visite.

Explications – pas convaincantes – de l'ONU sur l'étrange visite de De Mistura à Pretoria
L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Staffan De Mistura.
Rédaction Médias24
Le 1 février 2024 à 12h08 | Modifié 1 février 2024 à 19h19

Le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a tenu le mercredi 31 janvier son point de presse quotidien au cours duquel le responsable onusien a été interrogé sur la récente visite de De Mistura en Afrique du Sud :

"Vous avez annoncé la visite en Afrique du Sud de l’envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan De Mistura, qui était hors de vue depuis l’adoption de la résolution 2703, il y a trois mois. Tout le monde sait que l’Afrique du Sud n’est pas partie au conflit et qu’elle s’est abstenue sur les trois résolutions adoptées lors de son dernier mandat au Conseil de sécurité sur la question, ce qui veut dire qu’elle ne soutient pas le processus politique de l’ONU. Pourquoi De Mistura est-il allé en Afrique du Sud ? Ne devrait-il pas plutôt rencontrer les parties de la région, ici à New York ou ailleurs ?"

Les explications des Nations unies 

"Vous savez, De Mistura peut être hors de vue, mais il n'est jamais hors de l'esprit. N'est-ce pas ? Juste parce qu'on ne le voit pas ne signifie pas qu'il ne travaille pas. Il est allé dans la région, comme vous le savez. Son mandat consiste également à parler à qui il pense devoir s'adresser, aux États membres et à d'autres, afin de faire avancer le processus simplement parce que − et je ne parle pas spécifiquement de l'Afrique du Sud − simplement parce que le fait que quelqu'un ne puisse pas être d'accord avec sa propre position ou celle de l'ONU ne veut pas dire que nous ne devrions pas leur parler... Il a rencontré ce matin [mercredi] la ministre des Affaires étrangères, Nalini Pandor à… je pense à Pretoria", a affirmé le porte-parole du Secrétaire général de l'ONU.

À la question "selon le dernier rapport du secrétaire général, il [De Mistura ; ndlr] s'est rendu dans de nombreux pays. Pourquoi a-t-il choisi d’annoncer cette seule visite en Afrique du Sud et non pas d'autres ?", Stéphane Dujarric a répondu :

"Nous avons annoncé les précédents voyages de De Mistura dans la région et ailleurs. Donc vous ne pouvez l'analyser dans un seul sens. Je ne suis pas entièrement d'accord avec votre analyse. De Mistura, je pense, est transparent autant que possible, puisque vous le connaissez bien. C'est un très bon communicateur. Bien sûr, certaines choses, comme dirait le Secrétaire général, certaines choses doivent être engagées dans une diplomatie discrète. Et parfois, il faut faire les choses sans embarras. De Mistura rend régulièrement un rapport au Conseil de sécurité".

Au final, ces explications n'apportent aucun éclairage et ne sont pas convaincantes.

Une visite qui compliquera davantage le dossier du Sahara (Ahmed Faouzi) 

Contacté par Médias24, l'ancien diplomate et analyste Ahmed Faouzi estime qu'il s'agit là "d'une visite qui ne fera pas avancer le dossier mais, tout au contraire, tendra à le compliquer davantage. La visite de De Mistura dans un pays dont le gouvernement est dirigé par l'ANC n'apportera aucune valeur ajoutée pour faire aboutir la solution préconisée par le Conseil de sécurité, et qui consiste en une solution politique mutuellement acceptable". En effet, l'Afrique du Sud est, avec l'Algérie, l'adversaire le plus féroce et le plus hostile à la marocanité du Sahara. Comment évoquer une solution mutuellement acceptable avec un pays dont le parti pris est assumé ? Pourquoi De Mistura a-t-il accepté cette visite ?"

"S'agit-il d'une réunion multilatérale à laquelle De Mistura devait absolument assister, et pouvant l'aider à faire avancer positivement l'orientation donnée par les Nations unies aux parties, à savoir être pragmatique et œuvrer pour trouver un compromis mutuellement acceptable ?", s'interroge encore Ahmed Faouzi.

"De Mistura, en responsable avisé et expérimenté, devrait prendre en compte l'attitude de Pretoria qui, sous prétexte d'apporter son soutien au peuple sahraoui, a omis volontairement le fait que jamais dans l'histoire de notre région, une république sahraouie n'a existé et, par conséquent, l'intégrité territoriale du Royaume est un passage obligé vers une solution de ce différend qui nous oppose à l'Algérie", conclut notre interlocuteur.

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Rédaction Médias24
Le 1 février 2024 à 12h08

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