La situation hydrique bassin par bassin au 22 janvier 2024
La réduction des ressources hydriques a fortement impacté les réserves des neuf bassins hydraulique du pays, qui sont également en baisse drastique. Le point sur la situation hydrique au 22 janvier 2024.
Ce mercredi 24 janvier, Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’eau, a fait le point sur la situation hydrique au Maroc devant la Commission des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement au Parlement.
Le caractère alarmant et catastrophique du contexte hydrique ne surprendra personne. Le gouvernement s’active pour faire face à la rareté de l’eau via les nombreux programmes lancés l’an dernier et qui se poursuivent.
D’autres mesures ont été instaurées ces derniers jours dans la majorité des villes où le stress hydrique se fait le plus sentir, notamment à Beni Mellal et Casablanca.
Les ressources hydriques en baisse
Nizar Baraka a présenté, en chiffres, la situation des différents bassins sur la période allant du 1er septembre 2023 au 22 janvier 2024.
La sécheresse et le manque de précipitations ont fortement impacté les réserves des différents bassins hydrauliques du pays, mais les plus touchés sont incontestablement ceux de Souss-Massa, de Bouregreg et du Loukkos.
En effet, comme le montre le tableau ci-dessous, au 22 janvier 2024, les ressources hydriques dans les neuf bassins du Royaume s’élevaient à peine à 646 millions de m3 (Mm3). Elles sont en baisse de 84% par rapport à la moyenne des ressources habituelles de cette période de l’année.
Le bassin de Souss-Massa est celui dont les ressources sont les plus faibles. Au 22 janvier, elles s’élevaient à 16 Mm3, enregistrant une baisse de 93% par rapport à la moyenne des ressources de cette période de l’année. Ce bassin est suivi de celui de Bouregreg, dont les apports en eau étaient de 22 Mm3 au 22 janvier 2024, en baisse de 92%, puis du bassin du Loukkos, dont les ressources s’élevaient à la même date à 33 Mm3, en baisse de 94%. Quant au bassin hydraulique du Tensift, ses ressources s’élevaient à 54 Mm3, en baisse de 63%.
Le bassin de l’Oum Er Rabia est celui dont les apports en eau sont les plus élevés, avec 246 Mm3. Elles restent toutefois très faibles par rapport à la moyenne habituelle en cette période de l’année, enregistrant une baisse de 76%. Il est suivi du bassin de la Moulouya, avec des ressources de 124 Mm3 au 22 janvier 2024. Ce chiffre est en baisse de 70% par rapport à la moyenne habituelle.
Les ressources de l’année hydraulique en cours sont les plus faibles depuis 1945
Nizar Baraka est également revenue sur l’évolution des ressources hydriques au niveau des barrages depuis 2017-2018. La situation actuelle est en forte dégradation par rapport aux années précédentes.
La moyenne des apports entre 2017 et 2023 s’élève à 5,2 Mm3 contre une moyenne de 7,2 Mm3 sur les dix dernières années, et une moyenne de 11,5 Mm3 entre 1945 et 2023, a-t-il précisé.
Il a également comparé la situation actuelle au 22 janvier 2024 à la moyenne des apports hydriques au 22 janvier de chaque année, entre 1945 et 2023. L’exemple le plus frappant est celui du bassin du Sebou, dont les ressources entre le 1er septembre 2023 et le 22 janvier 2024 s’élèvent à 124 Mm3 contre une moyenne de 1,515 Mm3 à la même période entre 1945 et 2023.
Au niveau de ce bassin, la moyenne des ressources du barrage Al Wahda, le plus grand au Maroc, durant l’année hydraulique 2023-2024, est à peine de 17,9 Mm3 contre une moyenne de 906 Mm3 entre 1945 et 2023.
Il en est de même pour le bassin de l’Oum Er Rabia, dont les apports durant l’année hydraulique en cours s’élèvent à 247 Mm3 contre une moyenne de 1.044 Mm3 entre 1945 et 2023.
Baisse drastique des réserves des barrages
Enfin, le ministre a fait le point sur la situation des différents barrages, regrettant une surexploitation des eaux, notamment souterraines.
Selon sa présentation, toutes les nappes du Royaume ont connu une baisse de leur niveau entre septembre 2022 et août 2023 ; à leur tête la nappe de Tadla (avec une baisse de 5 m), de Béni Amir (-4 m), du Souss (-4 m) et de Chetouka (- 1,5 m), ce qui a conduit à la baisse des réserves des différents barrages.
L’actuel stock hydrique total des barrages s’établit à peine à 3,73 milliards de m3, soit un taux de remplissage de 23,2%. Ce taux est en baisse de 8,5 points par rapport à la même période de 2023, où il s’élevait à 31,7%.
Comme le montre la carte ci-dessous, le taux de remplissage des différents bassins reste, par ricochet, faible. Celui du bassin du Loukkos s’élève à 38,9% contre 35,8% dans le Sebou et 24,3% à la Moulouya. Celui du bassin de Bouregreg est de 20,8%.
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