img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
DROIT

Pour un juge, la pression n'excuse pas la faute professionnelle (CSPJ)

Un conseiller à la cour d'appel qui subit une sanction disciplinaire pour excès de zèle en faveur d'une partie qui n'avait rien demandé. Voici l'objet surprenant d'une récente décision du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire.

Pour un juge, la pression n'excuse pas la faute professionnelle (CSPJ)
Par
Le 24 janvier 2024 à 18h05 | Modifié 24 janvier 2024 à 18h39

"Les conditions de travail d'un juge ne justifient pas ses fautes professionnelles". Cette phrase est tirée d'une récente décision du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ). Elle sanctionne un conseiller à la cour d'appel accusé d'avoir commis des erreurs de fond dans le traitement d'un litige en lien avec les terres soulalyates.

Des décisions disciplinaires concernant les juges au Maroc, on connaît surtout les statistiques annuelles. Depuis peu, le CSPJ en publie également le contenu, tout en gardant anonymes les parties en cause. Une avancée majeure dans le respect au droit d'accès à l'information.

Dans ce dossier, le magistrat en question avait statué, en appel, sur un dossier de terres soulalyates opposant des ayants droit contre une communauté ethnique. En première instance, les premiers avaient eu gain de cause puisque les juges leur avaient reconnu un lot de 3.342 m2. Satisfaits de ce jugement, ils ont décidé de ne pas interjeter appel. Le recours sera en revanche introduit par leur adversaire.

En appel, surprise : la cour ne se contentera pas de confirmer ou d'infirmer le premier jugement. Elle va le modifier au profit des ayants droit qui se verront, sans l'avoir demandé, octroyer plus de 9.000 m2 au lieu des 3.342 m2 fixés en première instance. Ils n'avaient même pas pris part à la procédure devant la cour d'appel.

Le recours en appel est régi par plusieurs principes. L'un d'eux est que l'auteur de l'appel ne doit pas être "lésé" par son recours. C'est justement le non-respect de cette règle qui vaudra au président de la formation concernée un "avertissement" par le CSPJ. La sanction a été rendue fin 2023.

Devant les membres du CSPJ, le magistrat en question a tenté d'invoquer "l'absence de mauvaise foi et une simple erreur d'appréciation des faits eu égard à la pression des dossiers". Une excuse écartée par le CSPJ qui reproche au juge une "négligence" et "l'absence d'examen préalable du dossier".

"Pour un juge, ne pas étudier l'ensemble des pièces du dossier, ne pas en maîtriser les faits et ne pas les exposer aux membres de l'instance au moment des délibérés constitue une faute professionnelle", tranche le Conseil.

En tant que protecteur des droits et libertés des personnes et de leur sécurité judiciaire, le juge est tenu de "traiter toutes les affaires qui lui sont soumises, et qu'il doit étudier préalablement sans négligence, tout en leur consacrant le temps nécessaire pour l'instruction et la réflexion", ajoute l'institution.

Selon l'article 96 de la loi organique portant statut des magistrats, "tout manquement par un magistrat à ses devoirs professionnels, à l'honneur, à l'honorabilité ou à la dignité constitue une faute susceptible de faire l'objet d'une sanction disciplinaire".

Le conseiller en question s'en sort avec un avertissement. Un moindre mal vu les faits. Le statut des magistrats considère comme faute "grave" la "violation grave de la loi applicable au fond". Ce type de comportement peut valoir une "suspension immédiate" (article 97). Dans le cas d'espèce, "les observations positives au sujet du parcours professionnel" de l'intéressé ont plaidé en faveur d'une sanction minime.

En 2023, le CSPJ a traité 148 rapports de l'inspection judiciaire, ce qui a débouché sur le renvoi de 70 magistrats au conseil disciplinaire. 52 juges ont été effectivement sanctionnés. 26 ont reçu un blâme ou un avertissement. 15 ont été exclus temporairement de leurs fonctions. 4 ont été révoqués, tandis que 7 ont été mis à la retraite d'office.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 24 janvier 2024 à 18h05

à lire aussi

SIEL : le Prince héritier Moulay El Hassan préside à Rabat l’ouverture de la 31e édition
CULTURE

Article : SIEL : le Prince héritier Moulay El Hassan préside à Rabat l’ouverture de la 31e édition

Le Prince héritier Moulay El Hassan a présidé, le jeudi 30 avril 2026 à Rabat, l’ouverture de la 31e édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL), organisée du 1er au 10 mai sous le haut patronage du Roi Mohammed VI.

Maroc-Chine : l’ambassadeur du Royaume à Pékin mise sur le zéro droit de douane pour stimuler les exportations
DIPLOMATIE

Article : Maroc-Chine : l’ambassadeur du Royaume à Pékin mise sur le zéro droit de douane pour stimuler les exportations

Dans un entretien à CGTN, Abdelkader El Ansari indique que des discussions techniques sont en cours pour appliquer la mesure chinoise prévue le 1er mai 2026 pour 53 pays africains.

Cuivre : des résultats de forage prometteurs pour CMR sur le projet d’Agadir Melloul au Maroc
Quoi de neuf

Article : Cuivre : des résultats de forage prometteurs pour CMR sur le projet d’Agadir Melloul au Maroc

Le groupe britannique annonce des intercepts allant jusqu’à 5 mètres à 1,20% avec or et argent associés, et vise une première estimation de ressource dès le troisième trimestre 2026 sur un site encore très peu exploré.

Gaz : Predator accélère ses projets au Maroc et prépare un pilote de production à Guercif
Quoi de neuf

Article : Gaz : Predator accélère ses projets au Maroc et prépare un pilote de production à Guercif

Le groupe britannique cible en priorité un réservoir estimé à près de 62 milliards de pieds cubes, avec des forages prévus en 2026 après des travaux techniques sur le puits MOU-3.

TPME : le Maroc lance un plan 2026-2030 pour accélérer la croissance des petites entreprises
ECONOMIE

Article : TPME : le Maroc lance un plan 2026-2030 pour accélérer la croissance des petites entreprises

Porté par Maroc PME autour de quatre axes d’accompagnement, le dispositif doit faciliter l’accès des petites structures à des expertises en digitalisation et en management, avec l’appui de la CGEM et des régions.

Paiements : UnionPay obtient le statut CFC et renforce son ancrage au Maroc
Quoi de neuf

Article : Paiements : UnionPay obtient le statut CFC et renforce son ancrage au Maroc

Déjà présente dans 51 pays africains, la filiale du réseau chinois entend faire de Casablanca sa base régionale pour accélérer le déploiement de services transfrontaliers auprès des entreprises et des particuliers.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité