CAN 2023. Voici comment le Maroc a vaincu la Tanzanie (analyse)

Si la Tanzanie avait un plan de jeu pour déjouer les pronostics et créer la surprise face au Maroc, Walid Regragui et ses hommes n’ont laissé aucune chance aux Taifa Stars (3-0), le mercredi 17 janvier, en ouverture du groupe F de la Coupe d’Afrique des nations 2023. Hakimi et ses coéquipiers ont mis la pression dès le début du match dans le camp adverse, quitte à franchir la ligne du milieu de terrain.

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CAN 2023. Voici comment le Maroc a vaincu la Tanzanie (analyse)

Le 18 janvier 2024 à 18h18

Modifié 18 janvier 2024 à 19h39

Si la Tanzanie avait un plan de jeu pour déjouer les pronostics et créer la surprise face au Maroc, Walid Regragui et ses hommes n’ont laissé aucune chance aux Taifa Stars (3-0), le mercredi 17 janvier, en ouverture du groupe F de la Coupe d’Afrique des nations 2023. Hakimi et ses coéquipiers ont mis la pression dès le début du match dans le camp adverse, quitte à franchir la ligne du milieu de terrain.

Le succès du Maroc face à la Tanzanie (3-0) dans le groupe F de la Coupe d’Afrique des nations, le mercredi 17 janvier, a été bâti sur des schémas de jeu exploitant la faiblesse des Tanzaniens en matière de placement et d’utilisation du ballon. Des lacunes identifiées par le staff de l’équipe nationale lors de la victoire à Dar es-Salaam, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2026.

Deux mois plus tard, Walid Regragui a encore une fois mis en place des stratégies ayant plusieurs avantages : 

- des appels en profondeur pour attaquer l’espace dans le dos des défenseurs et faire reculer le bloc de la Tanzanie ;

- des combinaisons à trois sur le côté droit, qui a été l’épicentre des attaques marocaines;

- éviter de perdre le ballon dans des zones dangereuses et annihiler toute possibilité de contre-attaque adverse.

Une tactique aux résultats probants, rendue possible grâce notamment aux prestations majuscules des joueurs de couloir marocains. Sans oublier la participation énergique des milieux de terrain sur les plans offensif et défensif. Explications. 

Des appels coordonnés pour aspirer les pistons adverses 

Déployée dans un système en 4-3-3 qui se déformait au gré des mouvements des joueurs qui le composait, l’équipe nationale n’a pas tergiversé avant d’appliquer le plan de jeu mis en place par Walid Regragui. Celui-ci consistait à s'engouffrer dans les espaces abandonnés sur les côtés par les pistons aux deux extrémités de la ligne défensive à 5, instaurée par le technicien algérien de la Tanzanie, Adel Amrouch. 

Néanmoins, pour attaquer ces espaces, encore faut-il les créer dans une arrière-garde tanzanienne réputée camper devant ses propres cages. La solution est née des déplacements coordonnés des ailiers, milieux relayeurs et attaquants marocains, avec pour premiers relanceurs, les défenseurs centraux, Nayef Aguerd et Romain Saïss. 

Comme l’illustre l’image ci-dessous, sur la première action du match, intervenue au bout de 30 secondes de jeu, Azzedine Ounahi a aspiré le défenseur axial droit des Taifa Stars. Hakim Ziyech a fait un appel de l’extérieur vers l’intérieur pour attirer le piston droit. Le temps que ce dernier se rende compte de l’espace qui s’était créé dans son dos et lâche le marquage du gaucher marocain, Achraf Hakimi avait d’ores et déjà appelé le ballon en profondeur. 

Azzedine Ounahi a aspiré le défenseur axial droit des Taifa Stars. Hakim Ziyech a fait un appel de l’extérieur vers l’intérieur pour attirer le piston droit. Achraf Hakimi a avalé l'espace créé.

Hakimi, Ounahi et Ziyech à la manœuvre 

Ce schéma offensif est communément appelé "le coup du tiroir", dans le jargon du ballon rond. Une sorte de transition artificielle, puisqu’elle est créée par les mouvements des joueurs en possession du ballon, et non par le positionnement haut des adversaires dans le camp marocain. 

Cependant, cette ruse a été facilitée par la hauteur médiane du bloc défensif de la Tanzanie et fut notamment à l’origine du troisième but marocain. Bien que la capacité d'Achraf Hakimi à avaler les espaces a fait pencher la balance des attaques du Maroc sur l’aile droite, Abdessamad Ezzalzouli a lui aussi été servi à plusieurs reprises en profondeur. 

Sauf qu’à l’inverse du flanc droit, le Sévillan s’est retrouvé systématiquement en un contre un. Tout simplement car la défense des Taifa Stars a pris le parti d’apporter une supériorité numérique sur le côté droit de sa défense, en vue de contenir l’influence du trio composé de Azzedine Ounahi, Hakim Ziyech et Achraf Hakimi. 

Même si au bout du compte, les hommes de Adel Amrouch ont échoué dans les deux cas. Et pour cause, au fil du temps, la défense tanzanienne a reculé d’une dizaine de mètres pour réduire l’apport du latéral du PSG. Dès lors, le Maroc a usé d’un deuxième schéma de jeu, reposant sur des combinaisons en triangle entre Hakimi, Ziyech et Ounahi. 

L’objectif était de trouver une fenêtre de centre vers la surface de réparation. À l’instar d’un quarterback de football américain, l’ailier gaucher de Galatasaray a souvent eu la responsabilité d’alerter ses coéquipiers dans la surface de réparation adverse, où ils étaient en nombre. Youssef En-Nesyri a eu quelques opportunités à travers cette séquence de jeu, mais il a manqué globalement de réalisme, jusqu’à son but de la 80’. 

Hakim Ziyech alerte les Marocains en nombre dans la surface de réparation adverse.

La Tanzanie ne s’est procurée aucune contre-attaque 

La volonté du sélectionneur national de voir ses joueurs progresser dans le camp adverse sans passer par le milieu de terrain, à travers du jeu court, a non seulement mis la pression et fait reculer la défense adverse, mais elle a eu également pour vertu de ne pas accorder des munitions aux attaquants tanzaniens en phase de transition. 

Pari réussi, puisque les adversaires n’ont pas pu cadrer leurs deux tentatives, et n'ont eu aucune contre-attaque à se mettre sous la dent. Asymétrique, car il penchait clairement côté droit, le bloc marocain était équilibré à chaque perte de ballon.

Vous l’aurez sans doute remarqué, l’apport offensif de Mohamed Chibi et Selim Amallah a été quasiment nul, en raison de leur prudence, cherchant toujours à se positionner derrière le ballon pour avoir la possibilité d’enrayer les transitions offensives adverses. La façon de presser a également été déterminante. 

La consigne était d’enclencher le pressing à partir de la ligne médiane. Ici Selim Amallah et Youssef En-Neysiri attendent que le ballon arrive au milieu de terrain Tanzanien pour le presser.

Lors du premier quart d’heure, le Maroc a cherché l’adversaire assez haut. Ne réussissant pas à ouvrir le score, en dépit de nombreuses opportunités, le bloc défensif de l’équipe nationale a reculé d’une vingtaine de mètres. Dès lors, la consigne était d’enclencher le pressing à partir de la ligne médiane. 

Une tactique payante, car elle a privé d’espace les Tanzaniens en profondeur. Le Maroc a justement récupéré la majorité de ses ballons au niveau de la ligne médiane.

Il convient toutefois de noter que cette manœuvre a un inconvénient qui pourrait avoir de lourdes conséquences face à des adversaires mieux armés techniquement et tactiquement. À savoir, une possession du ballon partagée qui augmente le risque de se mettre en danger.

En effet, quoi qu’on en dise, la meilleure défense reste l’attaque. Et quoi de mieux que de confisquer le ballon pour ne pas offrir d’occasions à l’adversaire ? En plus de l’efficacité devant le but, augmenter le temps de jeu avec ballon est un axe de progression majeure avant d’affronter la République démocratique du Congo, le dimanche 21 janvier (15 h), lors de la deuxième journée du groupe F. 

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