2023, l’année du retour à l’équilibre budgétaire pour la RAM (source autorisée)
Après plusieurs années de déficits successifs importants, les comptes de la compagnie publique, clôturés le 31 octobre dernier, devraient être équilibrés. S’il faudra attendre leur consolidation en février prochain, une source ministérielle nous révèle que le résultat de son activité, lors de l’exercice à cheval entre 2022 et 2023, pourrait même être bénéficiaire pour la première fois depuis 2019.
"Confrontée à une grève des pilotes, puis à une crise sanitaire qui a cloué toute sa flotte au sol, et à une explosion du prix du kérosène qui a limité sa rentabilité, Royal Air Maroc a été soumise à un cycle déficitaire qui a pris fin lors de la clôture de l’exercice 2022-2023", nous déclare une source autorisée. Elle précise que le séisme de septembre dernier et le conflit au Proche-Orient n’ont pas eu de véritable incidence sur son activité de transport de passagers.
"Les comptes de la RAM ont profité du rush des arrivées en 2023"
Tout en insistant sur le fait que le bilan n’a pas encore été finalisé et qu’il faudra attendre la consolidation des comptes pour se prononcer sur un équilibre ou un résultat positif, notre interlocuteur a évoqué "une très bonne année 2023" pour la compagnie, dont l’activité a été rehaussée par les bons chiffres du secteur touristique qui a réalisé un million de visiteurs supplémentaires.
Et d’ajouter que malgré le conflit en Europe de l’Est, auquel est venu s'ajouter celui au Proche-Orient, Royal Air Maroc a fait preuve de résilience en retrouvant durant l’année 2023 son niveau d’activité pré-crise sanitaire, avec une hausse de son trafic sur ses lignes les plus rentables, sans compter le transport d’une partie des 14.000 participants aux Assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale.
Rappelons que le cycle déficitaire avait commencé avec un résultat négatif de 3,7 MMDH lors du bilan 2019-2020, suivi d’une perte de 2 MMDH en 2020-2021, et de 2,7 MMDH pour l’exercice 2021-2022 ; ce qui avait poussé le ministère du Budget à injecter 2 MMDH pour soulager sa trésorerie mise à mal par la hausse du kérosène qui constitue à lui-seul pas moins de 25% des dépenses totales.
Un retour aux bénéfices importants en 2024 ?
Reste que si l’équilibre budgétaire 2022-2023 n’est pas définitif, notre source avance que le résultat final, qui sera disponible à la fin du mois de mars, pourrait être légèrement bénéficiaire.
Partant du constat que le trafic international du transporteur public s’est renforcé entre octobre et décembre 2023, notre interlocuteur se veut très optimiste, avec un retour aux bénéfices à la fin de 2024.
"Sachant que la fréquentation n’a cessé de se renforcer, avec une rentabilité accrue par la baisse du prix du kérosène, et que la seule ligne déprogrammée Casablanca-Tel Aviv n’est pas essentielle à son activité, les perspectives sont très prometteuses pour l’exercice actuel qui a bien démarré", estime notre interlocuteur, pour qui ces résultats permettront de passer les commandes d’aéronefs prévues.
Des acquisitions qui pourront être financées par les bons résultats
Optimiste, il avance que ces résultats provisoires laissent espérer une sortie de crise à la fin de l’exercice, qui a démarré le 1er novembre dernier, avec un bénéfice croissant qui permettra de financer une partie des 150 acquisitions d’avions prévues dans le cadre de la feuille de route 2023-2037 et d’ouvrir de nouvelles routes domestiques et internationales à partir de 2025.
En conclusion, notre source affirme que la priorité actuelle de la RAM est de générer suffisamment de bénéfices qui, en sus des crédits bancaires, permettront de s’acquitter de la commande ferme en 2023 de 7 avions et des contrats de location à long terme pour 4 Boeing 737-8 et 1 Boeing 737- 800, livrables en 2024. La compagnie ambitionne d’acquérir ensuite 10 avions par an jusqu’à l’horizon 2037.
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