Affaire du “réseau du maire de Fès” : ce que l’on sait
Alors que son vice-président, Abdelkader Boussairi, est poursuivi pour des faits graves allant de la corruption à la falsification de documents officiels et administratifs, le maire de la ville de Fès, Abdeslam Bekkali, est poursuivi pour un délit. Voici ce que l’on sait sur cette affaire aux treize accusés qui ont comparu le mardi 2 janvier 2024 devant la cour d’appel de Fès.
La prochaine audience a été fixée au 23 janvier.
Treize accusés dont deux en état de liberté provisoire sont concernés par cette affaire dite du "réseau du maire de Fès". Les chefs d’accusation vont de la corruption à la constitution d’une bande criminelle en passant par le faux et l’usage de faux et la dilapidation de deniers publics, entre autres graves accusations auxquelles devront répondre les treize accusés dont fait partie le maire de la ville, Abdeslam Bekkali, et son adjoint le parlementaire Abdelkader Boussairi.
Ce dernier est en détention préventive. La demande de sa libération provisoire a été rejetée lors de l’audience du 7 novembre dernier, la deuxième de ce procès qui a démarré en octobre dernier. Il constitue l’aboutissement d’une enquête déclenchée par une plainte déposée par la société Grands Travaux Routiers Chourouk, sise à Fès.
Selon les informations recueillies par Médias24 auprès d’une source proche du dossier, cette entreprise familiale qui opère dans le commerce de gros, la transformation et la distribution de matériaux de construction, "s’est plaint auprès du wali de la ville de Fès et du Conseil régional des comptes".
Bekkali poursuivi pour un délit
"GTR Chourouk a estimé que les accusés étaient partiaux dans l’octroi d’appels d’offres. Sa plainte a conduit à une enquête qui s’est élargie au fur et à mesure et a mené à l’apparition d’un problème de vente de voitures de fourrières. Accusés de magouilles et de corruption, les accusés ont fait l’objet de poursuites", explique-t-on de même source.
Contacté par Médias24, Me Omar Haloui, qui représente Abdelkader Boussairi, indique que les charges retenues contre son client "ne justifient ni sa détention, ni sa condamnation".
Pour lui, "la présomption d’innocence prévaut. Elle est prévue par les traités internationaux, la Constitution marocaine et le Code de procédure civile. Les accusés sont innocents jusqu’à preuve du contraire".
Son client est poursuivi pour des faits de "corruption", "dilapidation de deniers publics", "abus de pouvoir", "constitution d’une bande criminelle", "falsification d’un document officiel et d’un document administratif et son utilisation".
De son côté, le maire, bien que présenté comme étant à la tête d’un réseau, n’est quant à lui poursuivi que pour "non-dénonciation de crime". Il s’agit d’un délit pour lequel il est poursuivi en état de liberté provisoire.
Selon les dispositions de l’article 299 du Code pénal, ce délit est punissable de "l’emprisonnement d’un mois à deux ans et d’une amende de 200 à 1.000 DH ou de l’une de ces deux peines seulement".
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