Opération de sauvetage de peuplement d’eucalyptus dans la forêt de Chiadma
L’intervention sylvicole opérée depuis quelques jours dans la forêt de Chiadma relève d’une opération d'abattage d’un peuplement d’Eucalyptus, en raison d’un dépérissement avancé et d’un risque d’infestation. D’une soixantaine d’hectares, la parcelle est programmée en reprise de plantation à partir de 2026.
Les opérations d'abattage d’arbres ne sont pas toujours délictueuses. Certaines font même plus de bien que de mal. C’est justement le cas de l’opération d’abattage d’Eucalyptus dans la forêt de Chiadma, située dans la province d’El Jadida, relevant de la commune territoriale de M’Harza Sahel.
Signalée par des riverains à Médias24, cette opération entre dans le cadre "d’une opération de coupe régulière de l’Article 7 lot n°1 objet de l’Adjudication publique du 11/5/2023", nous indique la direction régionale Casablanca-Settat, affiliée à l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF).
D’une superifice de 56 ha, dominée par des Eucalyptus, la parcelle en question est composée de vieux taillis dont le peuplement est agé de 19 ans et la souche de plus de 40 ans. “Il s’agit d’un taillis adulte dense d’Eucalyptus où l’on note par endroits des attaques de phoracantha (un ravageur des Eucalyptus dont les larves se développent sous l'écorce du tronc et des branches principales, ndlr)”, précise l’ANEF.

Ces constatations préalable à l’opération d’abattage font suite à une déclaration d’infestation par la Direction provinciale d’El Jadida. "Une commission régionale pilotée par l'ingénieur spécialiste de la protection des végétaux de la Direction régionale de l’ANEF a constaté que le peuplement d’eucalyptus souffre d’un dépérissement avancé (dépassant les 60% du peuplement)", souligne la même source.
Un dépérissement caractérisé par une atteinte très forte des houppiers (mortalité des branches), une dégradation importante des troncs et la présence d'arbres morts sur pieds (dépassant les 50 % du peuplement), ainsi que la présence des galeries et des trous de sorties de phoracantha au niveau des arbres morts.
Un foyer d’infestation pour les peuplements sains
A la lumière de ces éléments, l’intervention a été programmée "suite aux recommandations du Service des études et de la planification et du point focal de la santé de forêt, notamment le réajustement de la programmation du règlement d’exploitation et le type d’intervention en coupe de nettoiement et sanitaires des parcelles attaquées par le phoracantha”, assure l’ANEF.
Après obtention de toutes les autorisations nécessaires dont la délibération du conseil communal de Mharza Sahel et de la province d’El Jadida, l’opération a été lancée avec pour objectif d’éviter que le mal ne se répondent dans la forêt car "le peuplement concernée constitue un foyer d’infestation pour les peuplements sains", souligne la même source.
Le mode d’exploitation choisi a été la coupe à culée noire compte tenu de l’importance et de la nature de l’attaque qui ne présente pas de traitement phytosanitaire approprié et du risque imminent de la propagation de l’attaque aux peuplements voisins. Concrètement, cette coupe se caractérise par le sectionnement des racines principales, en dessous du niveau du sol, entraînant le renversement de l'arbre en même temps que l'extraction de la culée ou de la souche.
L’opération d’abattage n’est pas une fin en soi. Un business plan de reboisement est mis en place. "La parcelle est programmée en reprise de plantation à partir de 2026", affirme l’ANEF. Une bonne nouvelle au regard de l’importance de cette forêt en matière de biodiversité, qu’une étude décrit comme un havre de paix pour les fourmilles.
Les auteurs de l’étude consacrée au site d'intérêt biologique et écologique de Haouzia et à la forêt de Chiadma, ont enregistré un total de 19 espèces de fourmis, dont 11 dans la forêt de Chiadma. Ainsi, la protection du remarquable écosystème de l'Eucalyptus contribuera à protéger la biodiversité du site.
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