17 MDH pour l’extension du programme “Al Ghait” pour l’ensemencement artificiel des nuages en 2024
Le ministère de l’Équipement et de l’eau allouera en 2024 un montant de 17,15 millions de DH pour soutenir et développer le programme de pluies provoquées, dans le but d’atténuer les effets de la sécheresse et d’augmenter le niveau des précipitations.
Lors de sa présentation du projet de budget sectoriel pour l’année 2024 devant la Commission des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement à la Chambre des représentants, le ministre de l’Équipement et de l’eau a mis en lumière les efforts du Maroc, entre octobre 2021 et octobre 2023, pour renforcer et développer le programme "Al Ghait" d’ensemencement artificiel des nuages, dans le but de lutter contre les effets de la sécheresse.
Nizar Baraka a précisé que son ministère avait signé un accord de 160 millions de DH pour l’expansion du programme "Al Ghait", entre 2021 et 2023, avec la contribution des ministères de l’Intérieur, de l’Économie et des finances, de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, de l’Administration de la défense nationale et de la Gendarmerie royale (Comité national supérieur du programme "Al Ghait").
Cet accord a permis au ministère d’utiliser de nouvelles technologies et techniques dans le processus d’ensemencement des nuages et, à partir de 2023, un avion a été équipé d’un système portable pour l’ensemencement aérien, a poursuivi le ministre. L’accord a aussi joué un rôle crucial dans "le renforcement de la coopération internationale et l’encouragement à la recherche scientifique", a-t-il noté.
Un programme en pleine expansion
Limité auparavant aux trois centres de Béni Mellal, Azilal et El Hajeb (20 sites), le ministère a œuvré à étendre la zone géographique de l’ensemencement artificiel, avec l’ajout du centre de Khénifra (6 sites) en 2021, puis du centre de Taza (6 sites) en 2022 et, enfin, de deux centres dans les régions de Tensift-El Haouz et Souss-Massa (12 sites) en 2023.
En 2020-2021, l’opération d’ensemencement des nuages avait lieu à partir du mois de novembre jusqu’à fin avril. Depuis 2022, elle se déroule durant toute l’année.
Lancé en 1984 avec le soutien de l’USAID, le programme s’est développé en trois phases : une phase d’expérimentation (1984-1989), une phase d’évaluation (1990-1995) où les interventions ont montré une augmentation de 14 à 17% des ressources en eau, et enfin une phase opérationnelle.
"Les objectifs du programme touchent l’ensemble des secteurs socio-économiques du pays, soulignant son importance nationale", nous explique la Direction générale de la météorologie. Un haut comité directeur national, comprenant des représentants de divers départements gouvernementaux, a été constitué pour sa supervision. Il comprend des représentants des départements suivants :
- Le ministère de l’Equipement et de l’eau représenté par la Direction générale de la météorologie nationale
- Le ministère de l’Intérieur
- L’Administration de la défense nationale
- La Gendarmerie royale
- Les Forces Royales Air
Deux vecteurs
Le programme Al Ghait se déploie à travers deux vecteurs principaux. "Le vecteur aérien du programme comprend deux avions spécialisés. Le premier est un avion Alpha-jet qui est utilisé pour inséminer des cellules nuageuses cumuliformes isolées, avec un lanceur de 60 cartouches d’iodure d’argent," explique la DGM. "Le second est un avion laboratoire King Air 200. Equipé d’un système DAS M300 pour collecter des données microphysiques, il utilise des cartouches hygroscopiques ou glaçogènes pour l’ensemencement des nuages."
En ce qui concerne le vecteur terrestre, "les sites utilisent des générateurs au sol et des générateurs mobiles pour disperser un mélange à base d’iodure d’argent dans l’air".
La panoplie technologique au service de la prise de décision
Pour assurer une prise de décision efficace, "le programme est doté d’un réseau dense d’observations synoptiques et automatiques, de modèles numériques à maille fine, d’un réseau radar et de données satellitaires. Une station mobile de réception des données satellitales est également utilisée".
Le programme dispose aussi "d’autres moyens d’observations microphysiques, comme un radiomètre et un spectro-pluviomètre, ainsi que des systèmes d’observations avancés dans les centres et les sites". Un réseau de télécommunication spécial est mis en place pour faciliter la communication entre le centre des opérations de Casablanca et les différents sites, surtout dans les régions montagneuses.
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