Voice of Africa. Jacques Attali lance une nouvelle alerte sur la sécurité alimentaire en Afrique
TRAGÉDIE. Pour Jacques Attali, il faut que l’Afrique se prépare à l’augmentation de sa population et à doubler sa production agricole. Pour ce faire, il faut miser entre autres sur la formation, le changement des habitudes alimentaires et l’intelligence artificielle.
Jacques Attali, écrivain, chef d’entreprise, économiste et haut fonctionnaire français, est intervenu le mardi 10 octobre lors du panel intitulé "Des systèmes agricoles durables et résilients : l’unique solution pour avancer" dans le cadre de l’événement Voice of Africa, organisé par l’UM6P, en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale.
Lors de ce panel, Jacques Attali a expliqué les enjeux de la sécurité alimentaire en Afrique et les axes à prendre en compte pour la renforcer.
Concernant l’alimentation en Afrique, "d’ici 2050, l’histoire est tragique et la seule chance de l’éviter est de se préparer", alerte-t-il avant d’ajouter que "les enjeux de l’agriculture en Afrique sont immenses et pratiquement inaccessibles".
La production agricole en Afrique doit doubler
Il rappelle le défi lié à la croissance de la population mondiale, précisant qu’elle va augmenter de près de 2 milliards d’ici 2050, passant à environ 9 milliards. En Afrique, la population s’élèvera à 2,5 milliards et la population des villes va augmenter.
Pour nourrir cette population à l’échelle mondiale, il faut augmenter la production d’au moins 40%. Il faut également prendre en considération les mutations prévues en termes d’alimentation, avec l’amélioration du niveau de vie des populations et une évolution qui poussera entre le quart et le tiers de la planète à être végétarien, selon l'intervenant. "La production agricole africaine devrait quant à elle doubler", déclare Jacques Attali. En 2050 et au rythme actuel, 60 millions de personnes ne pourront pas manger à leur faim en Afrique.
De plus, la température de la planète devrait augmenter d’au moins 4 degrés, entraînant l’augmentation de la température des sols. Ainsi, au moins "deux mois dans les pays les plus fragiles seront à des températures supérieures à 35 degrés, dans le scénario le plus optimiste".
De ce fait, "on ne pourra ni cultiver de la même façon dans ces sols, ni cultiver davantage de sols parce qu’ils ne seront pas disponibles à cause de l’accroissement des villes".
Une contradiction climat-agriculture
Par ailleurs, "une contradiction majeure est en train de s’installer entre les objectifs d’alimentation de l’Afrique et ses projets écologiques, à savoir la protection des sols, le développement, la forestation, l’organisation de la sécrétion du carbone". Face à ce dilemme, "l’humain choisira naturellement le premier objectif, l’alimentation, et donc l’agriculture qui, au final, avec l’accroissement des villes, seront les ennemis du climat".
Les solutions ? L’IA, le changement d’alimentation et la formation
Concernant les solutions qui pourraient contribuer à relever ce défi, l’intelligence artificielle, qui avec les drones, la machinerie automatisée et l’usage des satellites va jouer un rôle important, exprime-t-il.
A l’intelligence artificielle, s’ajoutent les nutriments sur mesure, l’usage d’engrais naturels comme le compostage et la formation des paysans, les femmes en particulier, ainsi que la propriété des sols, comme facteurs à prendre en considération.
Il ajoute que "40% de la nourriture produite sur la planète n’est pas consommée, il faut éliminer ce gaspillage alimentaire".
Enfin, il exprime que "si on veut manger autant de viande et de sucre en 2030, on n’y arrivera pas". Il insiste sur le fait que ces deux aliments sont des "poisons" et que "nous avons tout intérêt à en manger moins. C’est mieux pour la santé, pour l’environnement, et ça rendra plus facile le problème d’alimentation sur la planète".
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