Engrais azotés, travaux du sol... Préparatifs en cours pour la campagne céréalière
A l’approche des premiers coups de pioche préparant le sol au semis des céréales pour le compte de la campagne 2023-2024, la distribution de plus de trois millions de quintaux d’engrais azotés permettra aux agriculteurs de réduire les charges à l’hectare et garantir un rendement satisfaisant.
Une bonne récolte céréalière dépend de plusieurs facteurs. Les précipitations évidemment, mais aussi une bonne préparation du sol et surtout sa fertilisation, grâce notamment aux engrais azotés dont les prix exorbitants alourdissent les charges à l’hectare des agriculteurs. A tel point que certains ont tourné le dos aux céréales pour privilégier des filières plus rentables et moins onéreuses.
Or, les cultures céréalières jouent un rôle économique et social important au Maroc. Elles représentent entre 10 et 20% du PIB et environ 40% du budget alimentaire des ménages marocains. Elles couvrent également environ 25% des besoins totaux du bétail.
De fait, une diminution de la superficie cultivée à cause de la désaffection des exploitants risque d’augmenter la dépendance du Royaume aux céréales importées. Un scénario que le gouvernement souhaite écarter, en mettant à disposition des agriculteurs trois millions de quintaux d’engrais azotés subventionnés, dont le prix de cession est fixé comme suit :
- Ammonitrate d'azote 33% : 240 DH par quintal ;
- Urée 46 % : 330 DH par quintal ;
- Sulfate d'ammonium 21% : 150 DH par quintal.
La fertilisation joue un rôle fondamental
Essentiels à la production céréalière, les engrais azotés sont fabriqués à partir de gaz naturel. Une ressource stratégique qui pèse plus de la moitié du coût de leurs productions. Lors de la précédente campagne, ces fertilisants atteignaient parfois des prix élevés et leur disponibilité n’était pas toujours garantie.
En réalité, les tarifs de ces engrais ont connu une hausse vertigineuse depuis 2020 en conséquence des problèmes d’approvisionnement. D’abord à cause de la crise sanitaire, puis en raison de la guerre en Ukraine, qui a eu un effet négatif sur le prix et la disponibilité de ces intrants agricoles.
Il s’agit principalement de l’ammonitrate et de l’urée 46, dont les tarifs ont quasiment triplé. Les fabricants d’engrais azotés ont, pendant une certaine période, diminué leurs productions en réaction à l’envolée des prix du gaz naturel.
Concrètement, il est difficile de se passer d’engrais azoté. "La fertilisation joue un rôle fondamental dans l’amélioration du rendement, en particulier en ce qui concerne l’azote", affirme l’Office national de conseil agricole (ONCA).
"En utilisant les engrais azotés dans les cultures céréalières, une graine peut donner quatre ou cinq épis. En l’absence de ces intrants, le tallage n’est pas favorisé et la graine ne donne qu’un seul ou deux épis, même si les engrais blends sont épandus", nous explique un ingénieur agricole.
Les engrais subventionnés limités à 3 quintaux par hectare
Conscient de leur importance et de la nécessité de fournir des engrais azotés à des prix abordables, le ministère de l’Agriculture, à travers l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL), a lancé un appel d’offres en vue de s’approvisionner en engrais azotés.
Ferti Africa s.a.r.l, société d’agriculture et de logistique, et Toutagri s.a.r.l, sont les trois soumissionnaires qui ont remporté l’appel d’offres. Ces dernières ont la charge de fournir 3.007.468 de quintaux d’engrais azotés, pour un coût de 700 millions de DH :
- Ammonitrate d'azote 33% : 1.791.187 Q
- Sulfate d’ammonium 21% : 640.394 Q
- Urée 46 % : 575.887 Q
Les engrais subventionnés doivent être mis à la disposition des bénéficiaires dans des sacs adaptés de 50 kilogrammes net en polypropylène avec doublure intérieure en polyéthylène ou équivalent. Les trois millions de quintaux d’engrais azotés seront mis à la disposition des agriculteurs au niveau des centre relais.
De source officielle, on nous indique que "les quantités d’engrais azotés seront limitées à 3 quintaux par hectares". De quoi couvrir les besoins d’un million d’hectares de céréales, en particulier le blé dur, "sur une superficie emblavée de céréales quasiment identique à celle de la précédente campagne", complète notre interlocuteur, soit environ 3,6 millions de hectares.
Les Centres Relais et les quantités d’engrais qui devront y être mises à la disposition des bénéficiaires sont mentionnés ci-dessous :
La préparation du sol influe sur la production
Concernant les travaux préparatoires de la terre, ils débuteront vers la mi-octobre pour les zones montagneuses. "Soit un peu plus tard que d’autres zones céréalières", assure une source professionnelle. La préparation du sol est l’une des étapes les plus importantes qui influent sur la production.
"C'est la clé d'une germination réussie. Par conséquent, il est essentiel de régler la séquence des opérations de labour pour assurer le succès du processus de plantation", assure l'ONCA. "Pendant cette opération, l'agriculteur doit prendre en compte le type de sol et les cultures précédentes. Si le sol est inactif et non labouré, il est recommandé d'utiliser une charrue à trois socs", ajoute la même source.
En revanche, si le sol a été cultivé avec des coupes de céréales l'année précédente ou s'il s'agit d'un sol inactif déjà labouré, l'utilisation d'un déchaumeur est recommandée (un outil dont les pièces travaillantes sont des disques en forme de calotte, ndlr).
Par ailleurs, qu'il y ait eu des coupes de céréales ou pas l'année précédente, l'utilisation d'une herse étrille, d'un couvert végétal (Covercrop) ou d'un vibroculteur est nécessaire pour préparer le lit de semences, conclut l'ONCA.
À découvrir
à lire aussi
Article : Dakhla : l’ambassadeur américain met en avant les opportunités économiques du Sahara marocain
Lors de sa première visite dans la région, Duke Buchan a été reçu par le wali de Dakhla-Oued Eddahab, Ali Khalil, et a souligné l’intérêt des États-Unis pour les perspectives ouvertes par le port en eau profonde en construction.
Article : WAC. Chronique d’une crise sans fin
En difficulté depuis plusieurs semaines, les Rouges et Blancs s’enfoncent dans une spirale négative sur le plan sportif, incapables de retrouver de la constance dans les résultats comme dans le contenu. À cette situation déjà préoccupante s’ajoute désormais une nouvelle crise en coulisses, symbole d’un climat de tension devenu récurrent au sein du club.
Article : Marchés de gros de Casablanca : la tomate poursuit sa baisse, la viande rouge repart à la hausse
DATA. Les données de la SDL Casa Prestations au 6 mai 2026 font ressortir des tendances contrastées sur les marchés de gros de Casablanca.
Article : La vague de démolitions au Maroc : ce qui se passe vraiment
À travers le Maroc, les démolitions se multiplient et alimentent un sentiment de désordre généralisé. Pourtant, derrière ces images virales, se dessine une stratégie structurée portée par plusieurs politiques publiques. Entre aménagement urbain, récupération du littoral et lutte contre l’habitat insalubre, ces opérations répondent à des logiques bien distinctes. Détails.
Article : Un choc logistique derrière la baisse des exportations textiles au T1 (-14%)
Avec une baisse de 14,1 % au premier trimestre 2026, les chiffres du textile marocain donnent l’image d’un secteur en difficulté. Selon les professionnels, ils reflètent surtout un choc logistique temporaire, provoqué par les intempéries de l’hiver et concentré sur les flux avec les principaux marchés, notamment l’Espagne. Le deuxième trimestre permettra de vérifier l’ampleur du rattrapage attendu.
Article : Après une hausse continue sur les dix dernières années, la population carcérale pour la première fois en recul
INFOGRAPHIES. Avec 99.366 détenus recensés en 2025, contre 105.094 en 2024, les prisons marocaines enregistrent une inflexion inédite depuis dix ans, portée d’abord par les grâces royales exceptionnelles de juillet. En parallèle, les peines alternatives entrent progressivement dans la pratique judiciaire, avec plus de 1.000 décisions prononcées en quelques mois.