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AGRICULTURE

Engrais azotés, travaux du sol... Préparatifs en cours pour la campagne céréalière

A l’approche des premiers coups de pioche préparant le sol au semis des céréales pour le compte de la campagne 2023-2024, la distribution de plus de trois millions de quintaux d’engrais azotés permettra aux agriculteurs de réduire les charges à l’hectare et garantir un rendement satisfaisant.

Engrais azotés, travaux du sol... Préparatifs en cours pour la campagne céréalière
C. C.
Le 21 septembre 2023 à 17h30 | Modifié 22 septembre 2023 à 13h04

Une bonne récolte céréalière dépend de plusieurs facteurs. Les précipitations évidemment, mais aussi une bonne préparation du sol et surtout sa fertilisation, grâce notamment aux engrais azotés dont les prix exorbitants alourdissent les charges à l’hectare des agriculteurs. A tel point que certains ont tourné le dos aux céréales pour privilégier des filières plus rentables et moins onéreuses.   

Or, les cultures céréalières jouent un rôle économique et social important au Maroc. Elles représentent entre 10 et 20% du PIB et environ 40% du budget alimentaire des ménages marocains. Elles couvrent également environ 25% des besoins totaux du bétail. 

De fait, une diminution de la superficie cultivée à cause de la désaffection des exploitants risque d’augmenter la dépendance du Royaume aux céréales importées. Un scénario que le gouvernement souhaite écarter, en mettant à disposition des agriculteurs trois millions de quintaux d’engrais azotés subventionnés, dont le prix de cession est fixé comme suit :

- Ammonitrate d'azote 33% : 240 DH par quintal ;

- Urée 46 % : 330 DH par quintal ;

- Sulfate d'ammonium 21% : 150 DH par quintal.

La fertilisation joue un rôle fondamental

Essentiels à la production céréalière, les engrais azotés sont fabriqués à partir de gaz naturel. Une ressource stratégique qui pèse plus de la moitié du coût de leurs productions. Lors de la précédente campagne, ces fertilisants atteignaient parfois des prix élevés et leur disponibilité n’était pas toujours garantie. 

En réalité, les tarifs de ces engrais ont connu une hausse vertigineuse depuis 2020 en conséquence des problèmes d’approvisionnement. D’abord à cause de la crise sanitaire, puis en raison de la guerre en Ukraine, qui a eu un effet négatif sur le prix et la disponibilité de ces intrants agricoles.

Il s’agit principalement de l’ammonitrate et de l’urée 46, dont les tarifs ont quasiment triplé. Les fabricants d’engrais azotés ont, pendant une certaine période, diminué leurs productions en réaction à l’envolée des prix du gaz naturel.

Concrètement, il est difficile de se passer d’engrais azoté. "La fertilisation joue un rôle fondamental dans l’amélioration du rendement, en particulier en ce qui concerne l’azote", affirme l’Office national de conseil agricole (ONCA). 

"En utilisant les engrais azotés dans les cultures céréalières, une graine peut donner quatre ou cinq épis. En l’absence de ces intrants, le tallage n’est pas favorisé et la graine ne donne qu’un seul ou deux épis, même si les engrais blends sont épandus", nous explique un ingénieur agricole.

Les engrais subventionnés limités à 3 quintaux par hectare

Conscient de leur importance et de la nécessité de fournir des engrais azotés à des prix abordables, le ministère de l’Agriculture, à travers l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL), a lancé un appel d’offres en vue de s’approvisionner en engrais azotés. 

Ferti Africa s.a.r.l, société d’agriculture et de logistique, et Toutagri s.a.r.l, sont les trois soumissionnaires qui ont remporté l’appel d’offres. Ces dernières ont la charge de fournir 3.007.468 de quintaux d’engrais azotés, pour un coût de 700 millions de DH : 

- Ammonitrate d'azote 33% : 1.791.187 Q

- Sulfate d’ammonium 21% : 640.394 Q

- Urée 46 % : 575.887 Q

Les engrais subventionnés doivent être mis à la disposition des bénéficiaires dans des sacs adaptés de 50 kilogrammes net en polypropylène avec doublure intérieure en polyéthylène ou équivalent. Les trois millions de quintaux d’engrais azotés seront mis à la disposition des agriculteurs au niveau des centre relais.

De source officielle, on nous indique que "les quantités d’engrais azotés seront limitées à 3 quintaux par hectares". De quoi couvrir les besoins d’un million d’hectares de céréales, en particulier le blé dur, "sur une superficie emblavée de céréales quasiment identique à celle de la précédente campagne", complète notre interlocuteur, soit environ 3,6 millions de hectares.

Les Centres Relais et les quantités d’engrais qui devront y être mises à la disposition des bénéficiaires sont mentionnés ci-dessous : 

La préparation du sol influe sur la production 

Concernant les travaux préparatoires de la terre, ils débuteront vers la mi-octobre pour les zones montagneuses. "Soit un peu plus tard que d’autres zones céréalières", assure une source professionnelle. La préparation du sol est l’une des étapes les plus importantes qui influent sur la production. 

"C'est la clé d'une germination réussie. Par conséquent, il est essentiel de régler la séquence des opérations de labour pour assurer le succès du processus de plantation", assure l'ONCA. "Pendant cette opération, l'agriculteur doit prendre en compte le type de sol et les cultures précédentes. Si le sol est inactif et non labouré, il est recommandé d'utiliser une charrue à trois socs", ajoute la même source. 

En revanche, si le sol a été cultivé avec des coupes de céréales l'année précédente ou s'il s'agit d'un sol inactif déjà labouré, l'utilisation d'un déchaumeur est recommandée (un outil dont les pièces travaillantes sont des disques en forme de calotte, ndlr).

Par ailleurs, qu'il y ait eu des coupes de céréales ou pas l'année précédente, l'utilisation d'une herse étrille, d'un couvert végétal (Covercrop) ou d'un vibroculteur est nécessaire pour préparer le lit de semences, conclut l'ONCA. 

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C. C.
Le 21 septembre 2023 à 17h30

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