Les exportations industrielles surperforment la croissance nationale
En neuf ans, les exportations industrielles ont augmenté quatre fois plus vite que la croissance nationale. Celle-ci est tirée essentiellement par les engrais et les nouveaux métiers mondiaux du Maroc. Toutefois, cette dynamique est contrainte par une plus forte dépendance aux importations.
Les derniers chiffres du commerce extérieur montrent à quel point l’évolution des exportations marocaines a été forte en 2022. En glissement annuel, les exportations nationales ont crû de 30,1% à 428,6 milliards de dirhams. Cette dynamique positive s’est faite à la faveur de l’inflation mondiale et de la bonne tenue des divers secteurs de production.
Ainsi, les exportations de l’industrie automobile ont crû de 33% entre 2021 et 2022. Celles du secteur des phosphates et dérivés ont bondi de 44% sur la même période. Le secteur de l’électricité et électronique a connu la même dynamique, avec une augmentation de 38,4% de la valeur des exportations sur une année.
Au-delà, les derniers tableaux publiés par l’Office des changes concernant le commerce extérieur témoignent de la croissance rapide des exportations industrielles depuis près d’une décennie.
Une dynamique industrielle accélérée
Ainsi, sur l’ensemble des secteurs exportateurs marocains (hors agriculture et pêche, mines et phosphates bruts), on constate un doublement de valeur en 9 ans.
Les exportations industrielles marocaines sont ainsi passées de 175,7 milliards en 2014 à 377,1 milliards en 2022. Un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de 12,7% pour les exportations industrielles, soit quasiment quatre fois la croissance annuelle moyenne de l’économie nationale sur la même période. Cette dynamique est essentiellement portée par la croissance du secteur de la chimie, notamment les dérivés des phosphates, qui ont augmenté en moyenne de 28,2% annuellement sur la période 2014-2022, passant de 30,1 à 106,5 milliards de dirhams.
L’aéronautique a, lui, évolué de +20,4% annuellement sur la même période, passant de 7,5 à 18,6 milliards de dirhams en 9 ans.
Quant à l’automobile, ses exportations ont crû de 16,4% en croissance annuelle moyenne, passant en termes absolus à 111,3 milliards d’exportation en 2éco022 contre 45 milliards en 2014, et devenant le premier, sinon le second, secteur d’exportation national.
L’électricité et électronique a aussi surperformé avec 16,8% de TCAM sur la même période, passant de 7,4 milliards d’exportations en 2014 à 18,6 milliards en 2022.
Le secteur qui n’a pas connu une telle dynamique décanale est essentiellement celui du textile et cuir, qui a réalisé un TCAM de 3,5%. Dans une moindre mesure, l’agroalimentaire a lui aussi augmenté annuellement de 9,7% entre 2014 et 2022.
Une dépendance croissante aux importations
Une dynamique intéressante, qui va de pair avec une croissance des réexportations, par suite d’admissions temporaires pour perfectionnement actifs (ATPA).
L’ATPA est un régime douanier qui permet de recevoir sur le territoire, en suspension des droits et taxes à l’importation, certaines marchandises destinées à être réexportées, après avoir subi une transformation, une ouvraison ou une réparation. Il permet aussi après traitement de dégager la part de la valeur ajoutée créée localement. Ce calcul n’est plus fourni depuis quelques années par les statistiques nationales au vu de la complexification croissante des exportations nationales.
Ainsi, on relève qu’en 2014, 69,7% des exportations marocaines étaient des réexportations en ATPA avec une valeur ajoutée, créée localement sous ce régime, estimée à 37,1%. En 2022, 75,1% des exportations marocaines sont des réexportations sous le régime d’ATPA.
Cette progression sensible montre à quel point la dynamique des exportations marocaines est intimement liée aux importations et à l’insertion croissante de l’industrie marocaine dans les chaînes mondiales de valeur. Elle indique aussi que l’industrialisation du Maroc ne permettra pas la résorption du déficit commercial, qui poursuivra son creusement malgré la surperformance des exportations.
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