Création de l'IEF pour renforcer la pérennité et la gouvernance des entreprises familiales marocaines
Nouvellement fondé, l'IEF Maroc a pour but de rassembler des entreprises familiales marocaines, trop peu représentées, pour améliorer la pérennité de ces dernières, encourager la bonne gouvernance et faciliter leur transmission. Son président, Kacem Bennani-Smires, CEO de Delassus Group nous en dit plus.
L'entreprise familiale marocaine a désormais un porte-parole. Dans un communiqué diffusé le 26 juin, Kacem Bennani-Smires et Jalil Benabbés-Taarji annoncent la création de l'Institut de l'entreprise familiale du Maroc, l'IEF-Maroc. Ils sont respectivement président et vice-président de l’IEF Maroc.
Le nouvel institut regroupe une trentaine d’entreprises familiales "issues de secteurs et territoires diversifiés, qui ont en commun la volonté d'œuvrer individuellement et collectivement en faveur de la pérennité des entreprises familiales marocaines, encourager les meilleures pratiques de gouvernance familiale et faciliter leur transmission", indique le communiqué.
L'institut l'entreprise familiale du Maroc se donne également pour objectif de valoriser le travail de ces entreprises ainsi que le rôle qu'elles jouent dans l'économie en matière de création de valeur ajoutée et d'emploi.
Un tissu économique important qui mérite plus d’attention
Comment est venue l'idée de créer cet institut dédié à l'entreprise familiale ? Médias24 a posé la question à son président Kacem Bennani-Smires. "L’idée de création de cet institut est née il y a à peu près un an. C’était à l'issue d’une conférence tenue à l'ISCAE sur le thème des entreprises familiales marocaines et espagnoles, organisée avec le CEMAES. Nous nous sommes rendu compte qu’en Espagne, un Institut spécialisé dans les entreprises familiales existe depuis les années 1990. Il rassemble tous les grands noms des entreprises familiales espagnoles", nous confie le président de l'IFE et par ailleurs PDG du groupe agroalimentaire Delassus.
Et d'ajouter, "nous avons réalisé qu’au Maroc, nous n’avions pas un tel organisme et que cela manquait à notre paysage, alors que nous représentons une part importante de l’emploi et du PIB, l’idée a donc commencé à germer", confie-t-il.
Il s'agissait également de définir ce qu’est "l'entreprise familiale" au sens de l'institut : "c’est une entreprise qui a au moins 25 ans, ou de deuxième et troisième générations, dont la propriété et le contrôle sont détenus par une famille et qui a une ambition de transmission".
Le travail a commencé il y a quelques mois pour faire adhérer des entreprises familiales, cotées comme non cotées, et ainsi donner naissance à l’IEF-Maroc: "nous avons contacté plusieurs dizaines d'entreprises et avons échangé avec elles autour des valeurs que l’Institut allait porter, notamment la question de la transmission qui est une des questions primordiales aujourd’hui".
D’ailleurs, l’une des missions de l’IEF sera de mieux représenter l’importance de ses structures dans l’économie nationale.
"Il y a également un travail plus académique que l’on compte faire également avec différentes universités au Maroc pour créer de la donnée sur le sujet et mesurer la valeur ajoutée des entreprises familiales dans l’économie marocaine", explique notre interlocuteur.
Une transmission qui se complique au niveau de la troisième génération
D'après Kacem Bennani Smires, le sujet de la transmission des entreprises familiales est fondamental.
"Il y a des transmissions qui se sont bien passées et d’autres mal passées. Beaucoup de groupes ont disparu. Il y a notamment des problématiques familiales qui se sont exacerbées avec la loi sur l’héritage. Ces problèmes, plus on les prend tôt, plus l’on a de chances de réussir sa transmission", explique-t-il.
Et quand un tissu économique est en grande partie composé d'entreprises familiales, la question de la transmission devient une problématique économique à suivre de près.
"Il faut savoir que de par le monde, la transmission au niveau de la troisième génération est la plus compliquée. Il y a très peu d’entreprises familiales dans le monde qui arrivent à réussir leur transmission à ce niveau-là. Notre challenge est aujourd’hui à ce niveau. La majeure partie des problèmes surviennent à la troisième génération", détaille le président de l’IEF.
"Dans un pays comme le Canada par exemple, le premier problème, c’est le fait que les enfants ne veulent pas assurer la continuité. On parle dans ce pays de 200.000 entreprises familiales qui recherchent des solutions car la génération d’après ne souhaite pas reprendre le flambeau. Dans d’autres pays, ce constat est aggravé par le fait que les conditions de transmission sont très onéreuses", poursuit-il.
"Ce qui est intéressant dans ce sujet, c’est qu’il n’y a pas de solutions clé en main ou de solutions miracle pour la transmission d’entreprises familiales. C’est un travail itératif et qui se fait sur le long terme", avance Kacem Bennani Smires.
Qu'en est-il de Delassus alors ? "Ce que je peux vous dire concernant le cas de notre groupe, c’est que cela fait plus de dix ans que nous en parlons et il s’avère que ce n’est pas si simple de choisir le meilleur moyen d’assurer la pérennité et la meilleure gouvernance tout en impliquant la génération d’après".
La complexité de la problématique sera un défi que l’institut veut relever. Dans ce sens, son objectif est d’assurer le partage de connaissances et d’expérience autour des transmissions d’entreprises familiales et de la bonne gestion de la gouvernance. Au sein de l’institut, le travail sera fait par ces entreprises familiales avec l’idée de partager les apprentissages avec le plus grand nombre.
À découvrir
à lire aussi
Article : Catastrophes naturelles : le nouveau système que prépare l’État pour mieux alerter les citoyens
Ouverte ce mercredi 24 juin 2026 à Casablanca, la consultation nationale sur les systèmes d'alerte précoce dresse le bilan d'un dispositif en pleine mutation. Face à la recrudescence des phénomènes extrêmes, le Maroc mise sur la haute technologie, l'intelligence artificielle et une couverture cartographique totale pour protéger ses populations et sécuriser ses infrastructures vitales.
Article : ASMEX : comment Sonia Mezzour a gagné une élection bien plus disputée que prévu
Après plusieurs semaines de tensions autour de ses statuts et de son processus électoral, l’ASMEX a finalement tenu, mardi 23 juin, son assemblée générale élective dans un climat apaisé. Sonia Mezzour a été élue présidente au terme d’un scrutin serré. Elle prend la tête d’une association appelée à tourner la page des crispations internes et à ouvrir rapidement le chantier de sa gouvernance.
Article : Énergie : le bureau de l’ONUDI au Maroc certifié ISO 50001, une première mondiale pour l’organisation
Le site de Rabat couvre désormais près de 40% de ses besoins électriques grâce au solaire, après l’installation de panneaux photovoltaïques, le passage à l’éclairage LED et la modernisation de la climatisation. Selon l’agence onusienne, ces mesures ont permis de réduire de 25% la consommation globale et de plus de 60% les émissions de carbone.
Article : Le Grand Stade Hassan II primé aux Architizer A+Awards 2026
Le futur fleuron sportif marocain a reçu le prix du jury dans la catégorie des projets sportifs non encore construits.
Article : Logistique : Colis.ma s’étend au Sénégal et lance son premier corridor en Afrique de l’Ouest
Spécialisée dans les échanges entre le Maroc et l’Europe, Colis.ma poursuit son développement avec l’ouverture d’un corridor logistique vers le Sénégal, première étape de son expansion sur le continent africain.
Article : Enquête. Le scandale silencieux des avoirs en déshérence : pour un dirham rendu aux héritiers, deux partent au Trésor
Chaque année, des millions de dirhams oubliés par leurs propriétaires ou leurs héritiers glissent discrètement vers les caisses de l'État. Au Maroc, la loi organise le transfert des avoirs en déshérence mais impose peu d'obligations pour retrouver leurs bénéficiaires. Enquête sur une zone peu explorée du système financier dont l'ampleur réelle demeure inconnue.