“2023, une année de rupture pour le tourisme marocain” (Fatim-Zahra Ammor)
Entre janvier et mai 2023, le nombre de touristes a connu un essor remarquable avec 5,1 millions d’arrivées contre 4,25 millions lors de la même période de 2019 (année de référence avant le Covid), soit 20% de hausse. Des chiffres qui confirment les prévisions de la ministre, qui table sur une année de rupture, à l’origine d’un cycle de croissance qui devrait générer 120 milliards de DH de recettes à l’horizon 2026.
Sollicitée par Médias24, la ministre du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor, estime que "le tourisme a le vent en poupe", actualisant le chiffre des recettes, qui ont atteint 93,6 milliards de DH (MMDH) fin 2022, soit une hausse de 19% par rapport aux réalisations de 2019.
Les résultats des cinq premiers mois de 2023 confirment en effet ce constat, ajoute-t-elle.
"Une croissance à deux chiffres qui ne se dément pas"
"Cette performance s’est accentuée entre janvier et avril 2023 pour atteindre 32 MMDH de recettes, soit une croissance de 40% par rapport à la même période de 2019", s’est félicitée Fatim-Zahra Ammor.
Ainsi, les cinq premiers mois se sont caractérisés par un nombre croissant d’arrivées, à l’image du mois de mai, qui a réalisé une croissance record de 55%, avec 1,1 million d’arrivées, par rapport à mai 2019.
Hormis les MRE dont les arrivées suivent une tendance croissante, la progression des arrivées étrangères a été portée par les marchés espagnol, britannique, israélien et italien, qui enregistrent des hausses respectives de 46%, 29%, 158% et 10%.
Cette croissance à deux chiffres annonce une année de rupture qui s’inscrit parfaitement dans les prévisions de la feuille de route 2023-2026, souligne la ministre.
Cette dynamique positive, résultant de plusieurs facteurs, devrait se poursuivre à l’avenir, précise-t-elle.
"Si la progression de 13% des arrivées entre janvier et avril 2023 par rapport à la même période en 2019 a positivement impacté le niveau de recettes, il apparaît que, dans un contexte post-pandémie, les dépenses par touriste ont connu une hausse supérieure à 20% en 2022 en passant de 6.000 à 7.400 dirhams", a-t-elle encore précisé en laissant entendre que la hausse du pouvoir d’achat des visiteurs va se pérenniser en 2023.
Les facteurs ayant contribué à la hausse des arrivées et des recettes
Concernant les performances réalisées depuis 2022, elles résultent du plan d’urgence de 2 MMDH débloqués par le gouvernement pour accompagner le secteur, explique la ministre.
Dans le détail, la moitié de l’enveloppe budgétaire a permis d’améliorer en 2022 la résilience des opérateurs face à la crise, tandis que l’autre moitié, dédiée à la mise à niveau des établissements d’hébergement touristique, a contribué à améliorer la qualité de l’accueil des touristes.
"En parallèle, le renforcement de notre réseau aérien, la signature de partenariats stratégiques avec les plus grands tour-opérateurs de la planète et la campagne 'Maroc, Terre de Lumière' lancée dans vingt marchés internationaux, ont eu un impact certain en termes de visibilité, ce qui explique la forte croissance des arrivées étrangères", souligne la ministre.
Elle cite également la formidable exposition planétaire du Maroc pendant la Coupe du monde du Qatar et l’impact positif sur l’image du Royaume.
"L’objectif des 120 MMDH en 2026 n’aura aucun mal à être atteint"
Une fois la reprise mondiale du secteur touristique confirmée, son département a, selon elle, enchaîné avec le lancement d’une feuille de route où des moyens financiers importants, voire inédits, ont été injectés (6 MMDH jusqu’à 2016, soit 1,5 MMDH/an) pour parvenir à ses objectifs.
"Pour cela, nous avons débloqué tous les moyens nécessaires pour renforcer les leviers qui permettront d’atteindre nos ambitions, qui s’élèvent à 120 MMDH de recettes à l’horizon 2026", conclut Fatim-Zahra Ammor, laissant entendre que ce chiffre pourrait être dépassé avant le terme de la feuille de route. Ces recettes correspondent à 17,5 millions d'arrtivées de touristes.
À découvrir
à lire aussi
Article : Incivilités : le CESE propose un plan national pour changer les comportements
Du trottoir aux stades, en passant par les services publics, l’institution présidée par Abdelkader Amara dresse un état des lieux sévère des usages de l’espace commun. Son avis, présenté le mercredi 10 juin, met en cause autant l’éducation, l’application des règles que la gestion de proximité.
Article : Marhaba 2026 : le Maroc modernise le poste-frontière de Bab Sebta
À quelques heures du coup d’envoi de l’opération d’accueil des MRE, la nouvelle zone d’entrée a été ouverte dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 juin 2026, après plusieurs mois de travaux. La voie de sortie reste, elle, provisoirement en service avant une nouvelle phase de réhabilitation prévue après l’été.
Article : Santé : lancement effectif du groupement sanitaire territorial Casablanca-Settat
Réuni le mercredi 10 juin à Casablanca sous la présidence de Aziz Akhannouch, le premier conseil d’administration a adopté le programme d’action et le budget 2026 de cette nouvelle structure, appelée à piloter une offre publique de soins qui compte 376 établissements de santé primaire et près de 4.943 lits dans la région la plus peuplée du Royaume.
Article : Industrie : à Jorf Lasfar, Falcon veut produire le graphite qui manque au Maroc
Sans graphite, pas de batterie électrique. C’est ce maillon discret, mais indispensable, que Falcon Energy Materials veut produire à Jorf Lasfar. Retardée par l’arrivée d’équipements depuis la Chine, son usine pilote s’apprête à démarrer. Mais avant la grande unité prévue à l’horizon 2028, l’entreprise doit franchir l’étape qui décidera de tout : convaincre les industriels de la batterie que le produit marocain peut entrer dans leurs chaînes d’approvisionnement. Voici tout ce qu'il faut savoir sur ce grand pari industriel pour le Maroc.
Article : Exclusif. OCP reprend sa pleine cadence de production, transformant la crise en opportunité
Depuis quelques semaines, le groupe OCP est scruté de près à cause d’un contexte tendu. Crise d’Ormuz, hausse du soufre, des milliards contractés en dette, annonce de réduction de la production… Le tout assoit l’idée que le groupe traverse une crise sans précédent. La réalité est plus nuancée et plus intéressante. Fin mai, le groupe a pris une décision qu’il nous a confirmée en exclusivité : remonter à 100% de ses capacités de production d’engrais d’ici fin juin. Une annonce à rebours de toutes les lectures faites jusque-là. Révélations.
Article : Batteries électriques. La Chine défend ses investissements au Maroc et nie tout contournement commercial
EXCLUSIF. Les investissements chinois au Maroc dans les batteries et les composants destinés aux véhicules électriques continuent d’alimenter les inquiétudes en Europe. Contactée par Médias24, l’ambassade de Chine défend une coopération industrielle alignée sur la stratégie du Royaume, tandis que la Commission européenne ne les remet pas en cause par principe, mais affirme surveiller les flux commerciaux, les structures de production et le respect des règles d’origine.