Les installateurs dans le secteur électrique sauvés par la circulaire gouvernementale (Ali El Harti)
En 2022, les installateurs dans le secteur électrique avaient été mis en grande difficulté vis-à-vis de leurs clients à cause de la hausse des prix. Une année après sa sortie, la circulaire gouvernementale est jugée favorablement par la profession, alors que les tensions sur le marché tendent à s'atténuer.
L’impact de l’inflation a été très fortement ressenti dans le secteur électrique, mais il a eu des répercussions différentes selon que l’on soit fabricant, distributeur ou installateur, explique à Médias24 Ali El Harti, président de la Fédération nationale de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables (FENELEC).
Plusieurs fabricants ont enregistré des croissances importantes de leur chiffre d’affaires en 2022. Ce n’est pas forcément lié à une augmentation des ventes ou à des prises de parts de marché, mais plutôt à l’augmentation des prix. Néanmoins, dans certains cas, des fabricants ont profité des pénuries pour augmenter leurs prix de façon injustifiée, profitant du déséquilibre entre l’offre et la demande.
Les distributeurs, quant à eux, ont répercuté la hausse des prix sur leur prix de vente. Par conséquent, ceux qui ont subi le plus fortement la crise sont les installateurs qui sont engagés sur des projets et liés par des contrats avec leurs clients.
"Un fabricant ne peut pas être solidaire avec un installateur si par exemple le prix de la matière première augmente de 30% ou 40%, ce qui était le cas en 2022. Pour lui, ce n’est pas une marge de plus, c’est tout simplement une augmentation du coût de la matière première qu’il est obligé de répercuter sur le prix de vente", explique Ali El Harti.
La circulaire, une bouffée d'oxygène pour les installateurs
C’était donc aux installateurs de trouver une solution avec les donneurs d’ordre. C’est plus facile pour eux de négocier des changements de prix avec les clients privés, parce que ces derniers ont plus de liberté dans leurs prises de décision. Généralement, ils comprennent la situation, ils veulent que leur projet aboutisse, et donc ils sont plus enclins à trouver un terrain d’entente.
"En contrepartie, avec les clients publics même s’ils comprennent très bien la situation des installateurs, ils n’avaient aucune possibilité de réviser les prix qui sont fixés par les contrats qui ont été signés entre les deux parties", ajoute le président de la FENELEC.
Un geste très fort du gouvernement à l’égard des entreprises. On ne pouvait demander plus que ce qui a été fait
"La circulaire du gouvernement, qui date du 18 avril 2022, a donné une bouffée d’oxygène aux entreprises, leur permettant soit de réviser les prix, soit de résilier les marchés. Cela a permis aux entreprises, qui n’avaient pas la capacité de poursuivre les projets à cause de cette augmentation des prix, d’éviter d’accuser des pertes financières importantes et sans que les garanties de caution ne soient réalisées par le donneur d’ordre", indique-t-il.
Il tient à saluer cette mesure qu’il juge comme un geste fort du gouvernement. "Honnêtement, on ne pouvait pas demander plus au gouvernement", affirme-t-il.
Les demandes de révision des prix en cours d'évaluation
Les entreprises publiques, notamment les Offices, ont pris très au sérieux cette circulaire, rapporte notre interlocuteur. Selon les informations remontées à la FENELEC, plusieurs demandes de révision des prix ont été effectuées.
Ces entreprises publiques concernées sont actuellement en train d'évaluer les enveloppes nécessaires à ces révisions de prix, une opération qui prend du temps. "Ce n’est pas chose facile, parce qu’il faut revenir aux index de la matière première, et c’est du cas par cas et projet par projet", signale-t-il.
"Cela va être suivi d’une demande à la primature pour obtenir la rallonge de budget nécessaire pour que ces Offices puissent mettre en exécution ces formules de révision des prix."
Moins de tension sur le marché
Après une année 2022 tourmentée, le secteur de l’industrie électrique au Maroc connaît des signes de détente. Les prix se sont stabilisés sans pour autant baisser, et les pénuries sont moins importantes, même si la situation n’est pas encore revenue à la normale.
D’après lui, même si les prix de quelques matières premières commencent à baisser, les fabricants restent prudents et ne la répercutent pas encore sur leurs prix de vente, jugeant que le marché est encore incertain.
Les pénuries persistent sur quelques produits, mais les clients s’y sont adaptés. La situation aujourd’hui n’a rien à voir avec le pic de la crise du Covid, où les délais de livraison avaient atteint des niveaux déraisonnables.
Les composants électroniques connaissent toujours une pénurie relative, qui fait que la tension subsiste. Par exemple, pour les onduleurs qui comprennent un nombre important de composants électroniques, en temps normal, ils ont des délais de livraison de deux mois. Actuellement, il faut compter entre quatre et cinq mois, alors qu’au plus fort de la crise, les délais annoncés étaient de l’ordre d’un à trois ans.
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