Préoccupés par la situation du secteur agricole, les producteurs de fruits et légumes saisissent Akhannouch
Dans une lettre adressée au chef du gouvernement, les associations de producteurs exportateurs de fruits et légumes ont exprimé leurs inquiétudes quant à la situation préoccupante traversée par l’écosystème agricole. Une réunion entre les deux parties est prévue ce vendredi 7 mars à Rabat.
Plusieurs associations de producteurs et exportateurs de fruits et légumes ont exprimé à l'unisson leurs craintes quant à la situation préoccupante traversée par l’écosystème des fruits et légumes, dans une lettre adressée au chef du gouvernement le lundi 31 mars 2023 (voir fac-similé).
Une initiative qui a trouvé écho auprès de la primature, puisqu’une réunion est prévue le vendredi 7 avril, afin d’évoquer les multiples problématiques auxquelles sont confrontés les agriculteurs ainsi que les adhérents de l’Association marocaine des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (APEFEL).
Idem pour ceux de l’Association marocaine des conditionneurs maraîchers (AMCOM), l’Association nationale des conditionneurs et exportateurs de fruits et légumes (ANCEFEL) et l’Association Chtouka des producteurs agricoles (ACPA). Pour ces dernières, les raisons à l'origine de cette situation de crise se déclinent comme suit :
- un climat capricieux caractérisé par une sécheresse accentuée, des vagues de chaleur plus fréquentes et des vagues de froid plus durables ;
- une hausse des prix à la production de 100% sur les quatre dernières années, dont les intrants agricoles, en plus des charges liées à la TVA généralisée à toutes les composantes de la production ;
- des niveaux de rendement plus bas en raison de nouveaux fléaux menaçant l’état phytosanitaire des cultures, et des résistances développées par certains insectes et pathogènes ;
- une régression des superficies dédiées à la tomate ronde : la perte du marché russe a entraîné une diminution de la production de l'ordre de 120.000 tonnes, et les parcelles ont été converties à d’autres cultures.
A l’avenir, "la situation risque d'empirer, sachant que le mois de Ramadan va coïncider de plus en plus avec la période de froid lors de laquelle l’offre en tomate ronde est moins importante", alertent les signataires de la lettre. Ils signalent également d'avoir été marginalisés par la commission désignée par le ministère de tutelle pour gérer la situation de crise actuelle.
Un prix de vente inférieur au prix de production
En effet, les associations précitées déplorent un mode de gestion qui repose sur un manque de considération à l’égard des associations de producteurs de fruits et légumes. "Ce modèle n’a pas non plus pris en compte les conséquences et retombées négatives des décisions imposées au secteur", dont l’arrêt des exportations de tomate, oignon et pomme de terre.
"Une simple problématique conjoncturelle relative à l’approvisionnement du marché local en tomates rondes a eu pour effet la suspension des exportations. Or, c’est justement grâce aux exportations que l’approvisionnement du marché local a toujours été assuré", indiquent les producteurs exportateurs.
En clair, l’export subventionne le marché intérieur, car il permet de couvrir les frais de production des agriculteurs qui, par ailleurs, approvisionnent le marché national tout en préservant le pouvoir d’achat des citoyens. Un équilibre précaire qui semble rompu.
"Le prix moyen de vente d’un kilo de tomates au niveau du marché local (marché de gros d'Inezgane, ndlr) est de 1,68 DH, alors que son coût de revient avoisine les 4,50 DH/kilo", assurent les signataires de la lettre, qui omettent de signaler que les exportations de tomate ont récemment repris, à raison d'environ 1.000 tonnes par jour.
Mais cette reprise des exportations n'est effective qu'à la condition qu'il n'y ait aucune pénurie et que le prix de la tomate au marché d'Inezgane reste inférieur à 2 DH/kg. Notons qu'au marché de gros de Casablanca, un kilo de tomates était compris entre 2 et 5 DH le mercredi 5 avril.
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