Entre le pour et le contre, ChatGPT fait débat dans le monde de l’éducation
L’arrivée de ChatGPT suscite de nombreuses craintes dans le monde de l’éducation. Menace ou opportunité, le débat est ouvert entre ceux qui veulent l’interdire et ceux qui au contraire, souhaitent l’intégrer dans leurs cours. Décryptage.
ChatGPT, le programme conversationnel développé par OpenAI et basé sur l’intelligence artificielle générative, soulève des questions dans le monde l’éducation. Son utilisation par les élèves pour leurs devoirs, considérée comme de la triche, inquiète les enseignants.
Mais d’autres y voient simplement un nouvel outil technologique, comme il y en existe plein d'autres, auquel l’école et l’université doivent s’adapter, voire intégrer.
Si pour les entreprises, son utilisation ouvre des opportunités, les établissements éducatifs eux, ne le voient pas d’un bon œil, du moins pour le moment. Naturellement, l’étendue de ses capacités suscite des inquiétudes quant à son utilisation par les élèves.
Rappelons que ce chatbot est capable de tout faire : rédiger des dissertations, des lignes de codes, des poèmes, faire des recherches et les synthétiser, résoudre des problèmes de mathématiques, traduire des textes, analyser des données, résumer un livre, etc.
La ville de New York par exemple a décidé de l’interdire dans ses écoles, car d’après elle, il encourage les élèves à reprendre des réponses toutes faites au lieu de comprendre et les trouver par eux-mêmes. Sciences Po Paris a également décidé de l’interdire à ses étudiants sous peine de sanctions. D’autres établissements dans le monde suivent le pas ou y pensent sérieusement.
Au Maroc, il n’y a pas encore eu de réaction officielle. Le ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Abdellatif Miraoui, a toutefois confié à Médias24 qu’une réflexion était ouverte au niveau de son ministère à ce sujet.
Ce 14 février, il a de nouveau rappelé l’importance d’anticiper les transformations qu’apporte l’intelligence artificielle, à l’occasion de sa participation au World Government Summit à Abu Dhabi.
Dubai - le 14 février 2023
Anticiper les transformations par l'Intelligence artificielle.
Extrait de mon intervention @WorldGovSummit#WGS2023#WorldGovSummit pic.twitter.com/CU24Xxlcv1— Abdellatif Miraoui • عبد اللطيف ميراوي (@MiraouiOfficiel) February 14, 2023
La crainte d’encourager la paresse intellectuelle chez les élèves
« Les calculatrices disponibles sur nos téléphones ne nous incitent plus à recourir au calcul mental. Avec le temps, nos capacités de calcul mental se sont affaiblies par manque de pratique. ChatGPT peut avoir le même effet sur les autres compétences des élèves, comme la rédaction par exemple », met en garde Hanae, institutrice dans une école privée de Casablanca.
D’autres ne voient plus l’intérêt de donner des devoirs à faire à la maison, dans la mesure où c’est un robot qui va y répondre. Ils y voient aussi un risque sur le développement des compétences et sur la pensée critique des élèves. « Au lieu d’entraîner l’élève sur les exercices, c’est l’algorithme qui s’entraîne », regrette l’institutrice.
Pire encore, les réponses du chatbot ne sont pas réellement fiables, il peut donner des informations biaisées, soit parce qu’il a mal compris la requête soit parce que la source d’où il a tiré la réponse contient une erreur. Rappelons aussi que la base de données sur laquelle a été entraîné ChatGPT, dans sa version disponible, s'arrête à 2021 et n’a donc pas accès aux données ultérieures publiées sur le web.
Des détecteurs de ChatGPT commencent à émerger
A l’université aussi, on y voit une menace sur la qualité de l’enseignement et de la recherche. Grâce à ChatGPT, on peut écrire des mémoires, voire même des articles scientifiques. Mais le phénomène de la triche et du plagiat n’est pas nouveau dans l’enseignement supérieur. L’université a su s’adapter avec le temps, notamment en utilisant des logiciels anti-plagiat.
De la même façon, des solutions de détection des réponses du programme commencent à voir le jour, parmi elles :
- GPT-2 Output detector (développée par OpenAI l’éditeur de ChatGPT)
- Giant Language Model Test Room (GLTR), développée par une équipe de Harvard
- CTRL-detector, développé par l’éditeur de logiciels Salesforce
L’utilisation de ChatGPT laisse aussi craindre une menace sur la propriété intellectuelle, puisque les réponses sont données sans citer les références. ChatGPT promet de régler ce problème dans une prochaine version qui donnera accès aux références.
ChatGPT trouvera-t-il sa voie dans les établissements éducatifs
Tous ne voient pas l’avènement de ChatGPT et de l’intelligence artificielle dans le monde de l’enseignement d’un mauvais œil.
« Dans le monde réel, vous avez accès à l'information, vous avez accès à des outils d'écriture. Pourquoi les universitaires devraient-ils désavouer ou interdire ce genre d'outils ? », se demande un professeur de l’université américaine de UCLA.
Les professeurs de cette université californienne réfléchissent comment l’intégrer dans leur pédagogie. L’une des enseignantes va par exemple demander à chacun des étudiants de ramener une dissertation faite par ChatGPT sur un sujet donné, puis discuter des résultats en classe en essayant de trouver les limites des arguments avancés par l’intelligence artificielle.
D'autres affirment que ce n'est pas la première fois que le monde de l'enseignement se trouve confronté à une innovation technologique disruptive : l'avènement d'internet, les encyclopédies ouvertes tels que Wikipedia, ...
A chaque fois il y a eu des craintes sur la qualité de l'enseignement et sur le rôle de l'enseignement, le système éducatif s'est adapté aux nouvelles technologies pour en prendre le meilleur et en limiter les effets négatifs.
D’autre part, les enseignants peuvent eux-mêmes se faire assister dans leur travail par ChatGPT. Ce dernier peut par exemple proposer des plans de cours ou des activités à faire en classe.
D'ailleurs, un guide pour les enseignants pour l’utiliser dans le cadre de leur travail existe déjà. De ce point de vue, il peut même être considéré comme une opportunité pour aider à améliorer la qualité de l'enseignement délivré.
Les arguments pour et contre… selon ChatGPT
Pour finir, nous avons demandé à ChatGPT de fournir lui-même les arguments pour et contre son utilisation dans le monde de l’enseignement. Voici sa réponse :
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