De la production à la commercialisation, le circuit complet de la volaille expliqué par le directeur de la FISA

Le circuit de la volaille, de la production à la commercialisation, est contrôlé par l’ONSSA, rappelle Youssef Alaoui, président de la FISA qui précise que les volailles mortes durant le circuit ne représentent que 3% des élevages au niveau national, et sont enterrées dans des fosses ou incinérées.

De la production à la commercialisation, le circuit complet de la volaille expliqué par le directeur de la FISA

Le 6 février 2023 à 11h12

Modifié 6 février 2023 à 11h56

Le circuit de la volaille, de la production à la commercialisation, est contrôlé par l’ONSSA, rappelle Youssef Alaoui, président de la FISA qui précise que les volailles mortes durant le circuit ne représentent que 3% des élevages au niveau national, et sont enterrées dans des fosses ou incinérées.

Une vidéo mettant en scène une personne qui tente de piéger un vendeur de volailles impropres à la consommation, proposant sa marchandise aux snacks de Casablanca, a fait le tour des réseaux sociaux fin janvier. Celle-ci, qui n’est en réalité qu’une vidéo de sensibilisation tronquée et sortie de son contexte, a soulevé de nombreuses questions sur le circuit de la volaille et le contrôle effectué pour garantir la sécurité sanitaire.

Joint par Médias24, Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), s’est montré catégorique quant à l’existence de telles pratiques. "Ce qui a été dit dans cette vidéo est grave. A ma connaissance, de telles pratiques n’existent pas. Le circuit de la volaille est contrôlé de bout en bout par l’Office nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA)", nous a-t-il déclaré.

Celle-ci "dispose de l’autorité pour contrôler à tout moment, et sans les aviser, les restaurants et snacks.", a-t-il ajouté.

"Les cadavres de volaille enterrés dans des fosses"

Notre interlocuteur de poursuivre : "Le circuit de la volaille est simple. L’aliment, premier maillon de la chaîne, est régi par la loi n°28-07" relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires.

Le transport et la commercialisation des volailles vivantes ainsi que l’élevage sont, eux, "régis par la loi 49-99", relative à la protection sanitaire des élevages avicoles, au contrôle de la production et à la commercialisation des produits avicoles, et ses textes d’application.

Ce texte dispose que les fermes d’élevage avicole de reproducteurs et les couvoirs sont soumis à un contrôle sanitaire et hygiénique spécifique (…). Pour bénéficier des certificats sanitaires officiels attestant que leurs établissements sont protégés des maladies contagieuses, les propriétaires de ces structures doivent adhérer à ce contrôle.

L’autorisation d’exercer au niveau de ces fermes est subordonnée au respect des exigences sanitaires et hygiéniques d’installation des locaux et des équipements, et au respect des prescriptions hygiéniques et techniques relatives à la chaîne de production.

La réglementation en vigueur exige de ces fermes de respecter, entre autres, les dispositions techniques relatives à l’élimination des cadavres. Ces derniers doivent être éliminés par incinération ou par des moyens autorisés par l’administration, sans que cela ne nuise à la population, aux établissements et à l’environnement limitrophes.

Youssef Alaoui nous fait savoir que "les volailles mortes dans les fermes ou lors du transport représentent 3% des élevages au niveau national". Il confirme que "pour obtenir l’autorisation d’exercer, la loi en vigueur exige aux fermes de disposer de fosses, dans lesquelles les cadavres de volailles sont enterrés".

Pour ce qui est des volailles mortes en caisse (lors du transport) "elles sont incinérées". Toutes ces informations sont portées sur des registres, tenus obligatoirement sous la responsabilité des propriétaires des fermes.

Les restaurants et snacks obligés de s’approvisionner auprès des abattoirs industriels

A la sortie de l’élevage, les volailles vivantes sont enregistrées sur un document d’accompagnement délivré par l’éleveur ou son représentant, dans le but de maîtriser leur traçabilité. Ces volailles doivent être destinées principalement à l’abattoir avicole agréé ou aux marchés de gros de volailles, alors que le transport doit être effectué avec des moyens autorisés par l’ONSSA.

Les cargos et caisses de transport doivent être composés de matériaux faciles à lever et à désinfecter. L’utilisation du bois est donc proscrite. Le commerce simultané, dans un même local, des volailles vivantes et des viandes de volailles, est pour sa part interdit.

Les volailles transportées sont, elles, enregistrées sur un document d’accompagnement délivré par le propriétaire de l’élevage, son représentant ou le vendeur grossiste, conforme aux modèles en vigueur de l’ONSSA.

Ce document permet de connaître, entre autres, l’élevage d’origine, le tonnage des volailles transportées et le moyen de transport (numéro d’autorisation, CIN, nom, matricule du véhicule…). Toute volaille transportée non accompagnée de ce document d’accompagnement doit être confisquée, saisie et détruite, et un procès-verbal dressé à l’encontre du transporteur.

"Les snacks et restaurants ont l’obligation de s’approvisionner auprès des abattoirs industriels, ou de distributeurs qui vendent du poulet abattu dans ces abattoirs", précise le président de la FISA.

Les abattoirs industriels sont définis par la loi 49-99 comme étant tout atelier ou établissement où les volailles sont abattues, préparées, conditionnées, découpées et entreposées, répondant aux conditions sanitaires et hygiéniques et prescriptions techniques relatives à la chaîne de production, autorisés et soumis au contrôle des services vétérinaires compétents.

L’accès aux marchés de gros de volailles est pour sa part limité aux engins de transport de volailles vivantes autorisés par l’ONSSA et disposant d’un document d’accompagnement. A cet effet, les mesures nécessaires pour assurer le contrôle de ces engins sont mises en place par les gestionnaires de ces marchés, en coordination avec les services concernés de l’Office.

Ces marchés de gros sont par ailleurs équipés d’un dispositif de désinfection des engins de transport à l’entrée du marché, de dispositifs de nettoyage et de désinfection des engins de transport et des cargos avant de quitter le marché, en vue de maîtriser les risques sanitaires de dissémination des maladies animales et des zoonoses (cas de la grippe aviaire), et de dispositifs (incinérateurs) permettant la destruction totale de tous les déchets et sous-produits de volailles (plumes, cadavres, fientes...).

 

Ci-dessous, une unité d'abattage agréée par l'ONSA et la FISA pour un contrôle strict de la chaîne de production du poulet qui garantisse une sécurité sanitaire maximale.

80% des particuliers s’approvisionnent dans les "Riachats "

Pour ce qui est des particuliers, "ils s’approvisionnent en majorité dans les 'Riachats', qui sont en train de se moderniser", d’après M. Alaoui. "Le poulet, acheté vivant est abattu en présence du client. Ce dernier n’achète pas un poulet mort ou déjà abattu."

Notons toutefois que malgré les efforts de la FISA pour moderniser ces Riachats, celles-ci ne disposent pas des conditions minimales d’hygiène et ont tendance à se multiplier. Au Maroc, on compte plus de 15.000 Riachats, qui commercialisent plus de 80% de la production nationale des viandes de volailles. Cette situation, qui risque de causer des intoxications alimentaires, est préjudiciable à la santé du consommateur.

Pour remédier à cette situation, ces unités d’abattage de proximité doivent se convertir soit :

- en unités d’abattage de proximité pour l’approvisionnement exclusif des besoins des ménages en viandes de volailles. Elles ne doivent en aucun cas approvisionner les lieux de restauration collective, les boucheries ou le points de vente au détail ;

- en points de vente de viandes de volailles, qui ne s’approvisionnement qu’à partir d’établissements agréés/autorisés (abattoirs avicoles, ateliers de découpe des viandes de volailles, produits à base de viandes et centre de conditionnement des œufs).

Quant aux nouveaux points de vente de volaille et unités d’abattage, et dans l’objectif d’avoir des unités répondant aux normes exigées sur les plans technique et sanitaire, les nouvelles autorisations ne doivent être accordées par les présidents de communes qu’après avis favorable de la commission locale d’hygiène composée, notamment de représentants du service vétérinaire de l’ONSSA et de la délégation provinciale de la Santé.

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