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Vague de froid : les grandes cultures d’automne épargnées

Alors que les basses températures et le gel risquent de menacer la floraison des amandiers, ils n’ont quasiment aucun effet sur les cultures d’automne, dont les céréales qui font preuve d’une grande résistance au froid.

Vague de froid : les grandes cultures d’automne épargnées

Le 25 janvier 2023 à 17h37

Modifié 25 janvier 2023 à 17h52

Alors que les basses températures et le gel risquent de menacer la floraison des amandiers, ils n’ont quasiment aucun effet sur les cultures d’automne, dont les céréales qui font preuve d’une grande résistance au froid.

Une vague de froid, avec des températures minimales oscillant entre -6 °C et 4 °C, sévit actuellement dans plusieurs provinces du Royaume. Les zones agricoles ne sont pas épargnées par ces conditions climatiques, mais les cultures d’automne et les arbres fruitiers y sont adaptés.

Les céréales sont particulièrement résistantes au froid, à l’image des arbres qui sont actuellement en période de repos végétatif. Quant aux légumineuses, elles sont principalement cultivées dans des zones côtières au climat tempéré. Par conséquent, seuls les fourrages, comme la luzerne, ainsi que les amandiers en période de floraison, pourraient subir les conséquences de cette vague de froid.

"Les cultures céréalières d’automne ont besoin d'une période de froid"

Contrairement à une idée répandue, froid et plantations peuvent faire parfois bon ménage. A l'image de la Sibérie, l’une des régions les plus froides de Russie et dont la température journalière maximale moyenne est de seulement 5 °C. Pourtant, cette région est considérée par les spécialistes comme le futur grenier à grains du monde. Les céréales y prospèrent en résistant à des températures glaciales. 

Ainsi, la vague de froid qui s’abat actuellement sur le Maroc, notamment dans des régions où la culture des céréales d’automne (blé, orge) est dominante, ne suscite aucune inquiétude particulière. C’est le cas dans la région de Fès, où "les températures basses n’ont aucun effet sur les céréales", assure à Médias24 Mohamed Amraoui, adjoint du directeur à la Direction provinciale de l’Agriculture (DPA) de Sefrou et chef de service de la mise en œuvre des projets.

Le froid est même bénéfique pour le cycle de croissance des céréales. "Les cultures céréalières d’automne ont besoin d’une période de froid ; elles supportent le froid en milieu de cycle", avance Abdelmoumen Guennouni, ingénieur agronome. "Surtout que les températures au Maroc ne descendent pas très bas comme en Europe, où elles peuvent mettre en danger les cultures", ajoute-t-il.  

Selon Abdellah Abdellaoui, chef du service de production agricole à l’Office régional de mise en valeur agricole de Ouarzazate (ORMVAO), "un ralentissement de la croissance des cultures fourragères est à prévoir, notamment dans le cas de la luzerne, actuellement en pleine croissance".

Le froid réduit l’efficacité des produits désherbants 

En revanche, les basses températures sont contraignantes pour le désherbage, "dont c’est la période", souligne Abdelmoumen Guennouni. Sachant que l’efficacité des herbicides est liée à la température, "les désherbants sont efficaces à une température de 10 à 15 °C, il faut par conséquent éviter les traitements herbicides lorsquil fait froid", explique notre interlocuteur.

La règle est claire. Toutefois, la période actuelle coïncide avec un fort développement des mauvaises herbes, d’où la nécessité pour l’agriculteur de traiter, en dépit de conditions climatiques désavantageuses. Dans ce cas, "le traitement herbicide doit intervenir en milieu de journée, lorsque la température est plus élevée". Autrement, "les mauvaises herbes risquent de se répandre et de devenir encore plus difficile à éliminer", prévient l'ingénieur agronome. 

De leur côté, les légumes ne sont pas trop concernés par la vague de froid, étant généralement cultivés dans des zones côtières au climat tempéré. Mais dans le cas où les températures chutent dans ces régions, "elles peuvent réduire quelque peu le rendement, selon le stade de croissance de la culture".

Le gel, ennemi de l’amandier 

L’arboriculture est dominante en haute montagne, d’où une résistance éprouvée aux vagues de froid. En loccurrence la famille des rosacées (pommiers, poiriers…) qui en tirent d’ailleurs un avantage considérable. "Ce sont des cultures qui nécessitent beaucoup de froid et des températures négatives à accumuler", décrit Abdelmoumen Guennouni. "C’est un élément important pour voir leur floraison réactivée au printemps."

Si les arbres sont actuellement en période de dormance et de repos végétatif, "les amandiers sont les seuls qui fleurissent à cette période de l’année", rappelle Abdellah Abdellaoui, qui alerte sur "l’effet négatif du gel lors de la floraison de cet arbre fruitier".

Malgré sa grande résistance au froid, l’amandier est sensible au gel pendant ou juste après la floraison. Cependant, ses fleurs ne subissent les dégâts du gel qu’à partir environ -2,5 °C. Des températures qui peuvent être parfois enregistrées dans le Moyen Atlas, où les amandiers sont abondants. 

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