Marché automobile : le bilan d’une année 2022 en demi-teinte
Le marché automobile marocain a terminé l’exercice 2022 sur une baisse de 8%. En cause : des difficultés d’approvisionnement dues à la crise des semi-conducteurs, auxquelles a succédé un essoufflement de la demande. Bilan d’une année en demi-teinte.
Alternant les mois de baisse et ceux, plus rares, de courtes reprises, le marché automobile marocain a, sans grande surprise, clos l’année 2022 dans le rouge.
Handicapées par un contexte international compliqué et ralenties par une conjoncture économique nationale défavorable, les ventes n’ont pu améliorer le score de 2021, année de rattrapage, ni même renouer avec les volumes de 2019. Radioscopie, en chiffres, d’une année dont le moteur a tourné au ralenti.
Des ventes en berne
Traditionnellement considéré comme celui du pic des ventes - dopées à coups de rabais et d’opérations promotionnelles -, le mois de décembre a été en 2022 particulièrement décevant pour le marché automobile marocain. Accusant une baisse de 14% par rapport au même mois de 2021, ses volumes de vente ont même été les plus bas des sept dernières années. Résultat : ils n’ont fait qu’aggraver la tendance baissière du marché qui clôt l’année 2022 sur une baisse de 8%, à 161.410 unités. Petite consolation : le recul se réduit à -2,7% par rapport à 2019, année référence pré-Covid.
Cette contraction trouve son origine dans une somme de vents contraires. Le premier est la pénurie des semi-conducteurs, qui a eu pour conséquence une grande perturbation de l’approvisionnement des distributeurs, conduisant à l’assèchement périodique de leurs stocks. Les conséquences de la guerre en Ukraine, les tensions inflationnistes et la hausse du prix des carburants (qui a contrarié les plans d’investissement des transporteurs) ont aussi constitué autant de facteurs défavorables. Enfin, la morosité de la conjoncture économique nationale a logiquement produit un net ralentissement de la demande, perceptible surtout durant la seconde moitié de l’année.
VP et VUL, logés à la même enseigne
Principal compartiment du marché automobile, représentant près de 89% du volume total, la catégorie des voitures de tourisme (ou véhicules particuliers, VP) a vu ses ventes baisser de 7%, à 143.186 unités. Outre les tensions au niveau des stocks, les ventes ont également pâti de la hausse des prix des véhicules, écartant nombre d’acquéreurs potentiels : le prix de vente moyen des véhicules est ainsi passé de 252.000 DH en 2021 à 295.000 DH en 2022, soit une inflation spectaculaire de 17% sur une seule année.
Pour ce qui est du classement par marque, Dacia reste largement en tête avec 38.885 unités, certes en retrait de -12% par rapport à 2021, mais avec une part de marché très confortable de 27,2%. La marque roumaine est suivie par la "grande sœur" Renault, dont les ventes ont progressé de 6%, à 21.545 unités et une part de marché de 15%. La troisième marche du podium est occupée par Hyundai qui, comme nombre de marques asiatiques, a profité de meilleures conditions d’approvisionnement que la concurrence européenne. Le constructeur coréen finit l’année avec 13.197 voitures écoulées, en hausse de 10%, pour une part de marché de 9,2%.
La catégorie des véhicules utilitaires légers (VUL) a connu une baisse encore plus sévère, s’établissant à -14% par rapport à l’année 2021, à un volume de 18.224 unités. Là encore, les incertitudes sur le contexte économique, aggravées par la sécheresse qui a sévi durant l’année écoulée, ont dissuadé les velléités d’achat d’une clientèle essentiellement professionnelle. Conséquence : la quasi-totalité des marques enregistre des ventes en régression, à l’exception de Renault qui profite du succès de sa fourgonnette Express (et de la disparition du Dacia Dokker) pour devenir le nouveau leader de la catégorie, avec 4.840 unités et une part de marché de 26,6%.
Moins de Diesel, (un peu) plus d’électrons
Après l’avoir dominé sans partage trois décades durant, le Diesel continue à perdre du terrain sur le marché automobile marocain, au profit des motorisations essence. Certes, la mécanique "à mazout" reste largement majoritaire dans le mix des ventes, avec une part de 85,7%, mais cette dernière a reculé de 8 points en quatre années, dont 3,5 points pour le seul exercice 2021. S’il n’y a pas encore lieu de parler de désaffection, le "grand remplacement" du Diesel semble désormais lancé, accéléré par sa disparition progressive dans certains segments (principalement les citadines), quand ce n’est pas de l’ensemble de la gamme de quelques constructeurs.
Cette tendance profite logiquement aux motorisations essence, qui représentent désormais 11,8% du marché du neuf, mais aussi aux motorisations électrifiées, dont les ventes progressent de 17% par rapport à 2021, à une part globale de 3,5%. Dans cet ensemble, les hybrides simples se taillent la part du lion avec 5.027 unités (+20% par rapport à 2021), tandis que les hybrides rechargeables, dont les prix sont bien plus élevés et l’offre moins étoffée, pointent à 516 unités (+22,5%). Quant aux ventes des modèles 100% électriques, elles ont curieusement reculé de 257 à 171 exemplaires malgré l’élargissement de l’offre de 5 à 14 modèles. Visiblement, la barrière des prix et surtout des aspects pratiques semble encore dissuasive.
La résilience du marché de l’occasion
Si le marché du neuf a connu une baisse nette en 2022, ce n’est pas tellement le cas de celui du véhicule d’occasion. Durant l’année écoulée, le nombre de mutations s’est amélioré d’un petit 1,5%, pour atteindre un volume de 627.000 unités… soit près du quadruple des ventes de véhicules neufs. Un engouement qui s’explique évidemment par des prix plus accessibles, mais aussi par les problèmes de disponibilité qu’a vécus le marché du neuf. La professionnalisation progressive de ce pan du marché (où de plus en plus d’importateurs sont impliqués), ainsi que l’ouverture des sociétés de financement à sa clientèle, ne sont pas non plus étrangères à cette résilience.
Reste à mentionner l’évolution spectaculaire des importations de véhicules d’occasion, dont le volume a progressé de 45%, à 11.486 immatriculations. Plus étonnant encore, ce sont les voitures âgées de plus de cinq ans, dont l’importation est pourtant prohibée, qui composent près des deux tiers de ce contingent. Explication : les 7.570 unités concernées ont fait l’objet de la dérogation accordée aux Marocains résidant à l’étranger, assortie d’un abattement conséquent sur les droits de douane à payer.
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