Sans regrets, Walid Regragui veut garder un mindset ambitieux
VERBATIM. De la préparation aux célébrations, Walid Regragui revient sur le parcours historique des Lions de l’Atlas durant la Coupe du monde 2022. Le sélectionneur s'exprime également sur ses ambitions et objectifs avec la sélection marocaine, notamment pour la prochaine CAN.
Lors d’un entretien avec la chaîne Arryadia, le sélectionneur national, Walid Regragui, est revenu sur le parcours historique des Lions de l’Atlas durant la Coupe du monde 2022 et sur la période de préparation qui a précédé la compétition.
Les matchs, les joueurs et les critiques, mais aussi les célébrations du peuple marocain et la réception royale accordée à la sélection... Voici ce qu’en pense Walid Regragui.
Préparation, Halilhodzic... L’avant Coupe du monde
"Lorsque j’ai discuté avec le président de la Fédération, Fouzi Lekjaa, nous savions que le contexte n’était pas facile. C’était un pari. Bravo à lui d’avoir pris la décision. Il m’a aidé et donné les moyens de faire le maximum pour réussir dans cette Coupe du monde."
"Ce n’est pas un travail de 4-5 mois. La Fédération travaille depuis longtemps. Le Roi a donné beaucoup de moyens. C’est aussi la réussite de sa politique pour le sport et pour le football, par l’Académie, les installations, les stades, et ce centre (sportif de Maâmora, ndlr), qui est peut être le meilleur au monde".
"Nous avons beaucoup voyagé. Nous avons fait plusieurs meetings zoom. La cellule vidéo a beaucoup travaillé pour nous donner le maximum d’informations, pour pouvoir aller de l’avant et être prêts pour cette compétition et hisser le drapeau du Maroc. Dieu merci, nous avons réalisé ce qui n’avait jamais été fait auparavant, que ce soit en phase de poules : première équipe africaine à 7 points, premiers du groupe de la mort (...). Nous avons honoré le Maroc, l’Afrique, le monde arabe et les musulmans."
Le sélectionneur marocain est également revenu sur les réalisations de son prédécesseur. "Bravo et merci à Halilhodzic. Il nous a qualifiés à la Coupe du monde avec son équipe et sa mentalité. Il a fait le travail qu’il fallait. Il ne nous a pas fait de cadeau. Le Maroc est une grande équipe (...). Se qualifier en Coupe du monde avec le Maroc me paraît normal comme objectif. Comme pour moi, lors de la prochaine CAN, je dois arriver en demi-finale, ça me paraît normal. Si je ne le fais pas, je dois quitter."
"Je suis venu avec ma mentalité et mon style. L’équipe qui était avec Vahid ne comptait pas 50% de l’équipe de la Coupe du monde : Hakim Ziyech, Mazraoui, Sabiri, Zaroury, El Khannous, Chedira, Hamed Allah, et je pourrais en citer d’autres. Ce n’est pas la même équipe, mais je devais garder la même ossature comme Saïss, Aguerd, Achraf (Hakifi, ndlr), etc. On a essayé de faire un mixe", explique-t-il.
Matchs et joueurs : ses réponses aux critiques
"Contre la Croatie, la première chose à laquelle on pensait, c’était de ne pas perdre face au vice-champion du monde (...). Pour moi, à la sortie de ce match, le Maroc en serait heureux. Ce fut le cas du public mais pas de certains journalistes qui pensent connaître le football (...). Désormais ils vont apprendre, comme moi en tant qu’entraîneur, que pour passer, lors des prochaines compétitions, il faut monter en puissance. C’est ce que nous avons fait (...). Beaucoup de journalistes vont apprendre de cette expérience. La prochaine fois, ils attendront la fin de la compétition avant de parler et à respecter les joueurs parce qu’ils ont fait un grand match contre la Croatie."
"Pour moi, le public a toujours été avec moi et avec Youssef (En-Nesyri, ndlr). Ce n’est pas le public qui a fait une erreur dans le cas de Youssef, c’est surtout les journalistes. Pas tous (...). J’ai toujours cru en Youssef depuis le début. Il n’a pas le profil de l’attaquant dont rêvent les Marocains. Ils veulent quelqu’un avec des techniques, qui met des petits ponts (...). Youssef a un profil européen qui travaille sur l’équipe, il se bat, il a des qualités athlétiques extraordinaires. Et quand on a un profil comme celui-ci, on ne peut pas ne pas l’emmener en Coupe du monde (...). Et heureusement il l’a démontré sur le terrain (...). Finalement c’est le meilleur buteur (marocain, ndlr) de l’histoire en Coupe du monde. Il a marqué dans toutes les compétitions et montre sur le terrain qu’il a sa place dans la sélection."
"Je ne veux pas différencier entre un joueur de la Botola et un joueur à l’étranger. Ils sont tous marocains. Je ne m’intéresse pas à leur lieu de naissance et où ils jouent. Ce qui m’importe c’est qu’ils se battent (sur le terrain, ndlr)."
"Avec tout mon respect pour la Fiorentina, il (Sofyan Amrabat, ndlr) mérite d’aller dans un club du top 10 mondial, comme beaucoup dans cette équipe : Ounahi, Amellah, Youssef (En-Nesyri, ndlr), qui ne jouait pas à Séville. Cette Coupe du monde doit montrer à leurs clubs et à l’Europe qu’ils méritent de jouer dans de grandes équipes ; comme Hakim (Ziyech, ndlr), qui ne joue pas à Chelsea. Il a montré qu’il avait sa place."
"Ounahi est encore jeune. Il a 22 ans et il a une marge de progression. Il a démontré ses qualités (...). Quand on voit Enrique (ex-sélectionneur espagnol), qui ne le connaissait pas et qui demande après lui, il lui a fait une grande publicité et il le mérite. Je n’avais pas de doute sur Ounahi ni sur aucun des joueurs. Il a les qualités pour jouer dans le haut niveau. Il fera le bon choix pour grandir avec son club, et par conséquent, avec la sélection", espère-t-il.
Célébrations et ambitions
"Sa Majesté le Roi nous a accueillis au Palais, nous avons vu le peuple qui a partagé notre joie. Nous n’en rêvions pas au début, en toute sincérité. Je voudrais remercier le Roi pour ce qu’il fait pour le football marocain. Il est sorti dans les rues pour célébrer avec le peuple. Il nous appelait pour nous motiver (...). C’est comme si tout le peuple était rassemblé (...). C’est une grande joie, surtout pour les joueurs qui ont tout donné sur le terrain."
"Les joueurs se sont battus et ont donné le maximum pour rendre le peuple heureux. Ce dernier nous l’a bien rendu. Nous avons vécu un mois que nous n’oublierons jamais, que ce soit les joueurs ou le public."
"Je ne regrette rien (...). J’ai demandé au staff si nous avions fait une erreur, s’il y avait un joueur que nous avions mis de côté du groupe et qui, par sa présence, nous aurait permis de remporter la Coupe du monde ? Je ne vois pas un joueur qui aurait pu nous faire gagner un match à lui tout seul. Ce qui nous a menés à cette demi-finale, c’est le groupe que j’ai choisi avec le staff. Ce groupe s’est battu. Même ceux qui n’ont pas joué ont apporté leur touche dans les vestiaires et aux entraînements. Ceux qui ont joué cinq minutes se sont battus, c’est le groupe qui nous a menés en demi-finale", souligne-t-il.
"Pas de regrets. Il faut faire le bilan de cette expérience : pourquoi nous n’avons pas réussi à arriver en finale ? Quels sont les petits détails que nous avons laissés sur la route ? Pour que lors de la prochaine compétition - que ce soit la CAN ou la CDM -on ne laisse pas ces détails nous faire perdre."
"Il faut maintenant se reposer. Le staff, la FRMF et moi-même allons faire un bilan. Lorsque nous ferons notre réunion dans 3-4 semaines, nous verrons ce qu’on peut ajouter à la sélection et à la FRMF pour aller de l’avant et remporter des titres à l’avenir."
"Nous voulons être une sélection que toute autre équipe rêve de battre. Avant, nous étions dans cette situation où c’est nous qui voulions battre la Belgique et le Portugal. Désormais, surtout sur notre continent, toute équipe voudra nous battre et faire de son mieux. Nous avons du travail à faire pour rester à ce niveau-là et conserver ce respect à l’égard du Maroc, en tant qu’équipe difficile à battre, même en donnant le maximum et en étant motivés."
"C’est bien ce qu’on a fait, mais il est temps pour le Maroc de régner sur l’Afrique. On ne peut pas être heureux du quart de finale. Peut-être que lors de la prochaine CAN, on ne dépassera même pas les poules, mais le mindset que nous devons avoir, c’est d’être ambitieux."
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