Walid Regragui : “Aucun joueur n’est pour l’instant forfait à 100%”
Alors que l’état de forme de certains joueurs de l’équipe nationale est préoccupant, le sélectionneur a prolongé le doute sur leurs participations face à la France, en demi-finale de la Coupe du monde 2022, le mercredi 14 décembre à 20h.
Lors de la conférence de presse précédant la demi-finale de la Coupe du monde 2022, mettant aux prises le Maroc avec la France, ce mercredi 14 décembre à 20h, au stade Al Bayt à Al Khor, Walid Regragui n’a pas éclairci le mystère qui entoure l’état de forme de certains de ses joueurs.
"Nous avons beaucoup de blessés dans nos rangs, mais on récupère bien", a affirmé le sélectionneur national. "On a un staff médical de haut niveau, chaque jour apporte de bonnes nouvelles", a poursuivi le technicien marocain. "On attend chaque fois la dernière minute pour prendre une décision", reprend-il. "Personne n’est out, personne n’est in. On mettra la meilleure équipe possible, avec des joueurs à 100%."
Le spectre du forfait pèse principalement sur la charnière centrale Nayef Aguerd-Romain Saïss. Le premier a manqué le quart de finale contre le Portugal (1-0), remplacé par Jawad El Yamiq. Au vu de la nature de sa blessure à la cuisse (musculaire), sa titularisation lors du prochain match tiendrait du miracle.
Pour sa part, le second est sorti sur une civière au bout de 55’ face au Portugal, séquelle de sa blessure à la cuisse contractée en huitième face à la Roja. "Je vais tout faire pour être là", a déclaré Saïss après la victoire en quarts. "J’ai envie d’aider mon équipe, mais il y a des moments où il faut savoir être raisonnable et ne pas être un poids juste pour sa fierté personnelle", a confié le capitaine de l’équipe nationale.
"On a envie de mettre l'Afrique sur le toit du monde"
En somme, rien de bien nouveau sous le ciel marocain, tant l’épopée des Lions de l’Atlas a été jalonnée de petites blessures et de forfaits. "On ressent les douleurs mais on va se préparer ; nous n’avons pas le choix", a affirmé le milieu Sofyan Amrabat après le quart de finale face au Portugal qu’il a failli manquer en raison d’un mal de dos.
L’arrière gauche du Bayern Munich Noussair Mazraoui, quant à lui, avait manqué le match contre le Portugal pour cause de gastro. Il devrait pouvoir tenir sa place face aux Bleus. Idem pour Achraf Hakimi. L’arrière droit joue également diminué depuis le début du tournoi, mais il a montré une activité impressionnante malgré ses adducteurs qui sifflent.
Le Maroc en aura bien besoin face aux hommes de Didier Deschamps, et en particulier son coéquipier au Paris Saint-Germain, Kylian Mbappé. A ce propos, Walid Regragui assure "n’avoir mis en place aucun plan anti-Mbappé", car la menace est diffuse chez les champions du monde. Il n'en reste pas moins ambitieux.
"Je disais avant la compétition qu'on rêvait de gagner la Coupe du monde et on s'en rapproche. Est ce que cela va suffire ? On a en tout cas envie de mettre l'Afrique sur le toit du monde" a-t-il expliqué. Et d'ajouter : "Il faudra être fort pour nous sortir de la compétition. Nous sommes peut être fous, mais c'est bien d'être fou non ? Demain, on va courir pour gagner car nous avons une opportunité que je ne veux pas gâcher. C'est le moment de marquer son territoire".
"C’est le meilleur coach de la compétition"
En Coupe du monde, certains joueurs voient leur carrière décoller en cas de bonnes performances. Les Marocains n’y échappent pas. Qui plus est, au vu de leur incroyable parcours. "Quand on joue une Coupe du monde, tout le monde vous remarque. Pour les joueurs qui méritent une meilleure équipe, c’est une vitrine pour montrer leur qualité de jeu", a corroboré Walid Regragui.
Ceux qui ne jouent pas et cirent le banc de touche, peuvent en revanche nourrir une certaine aigreur à l’égard de leur sélectionneur. Sauf s’ils privilégient le collectif par rapport à leur cas personnel. C’est en substance le message passé par Ilyas Chahir en conférence de presse.
Du haut de ses 11 sélections (1 but), le milieu offensif des Queens Park Rangers (D2 anglaise) aurait légitimement pu aspirer à quelques minutes dans cette Coupe du monde, lui qui n’est jamais sorti du banc.
"Je suis en demi-finale de la Coupe du monde, je n’aurai jamais pu rêver d’une telle occasion", s’est-il réjoui. "Tous les joueurs veulent entrer sur le terrain, mais je n’ai pas de ressenti, je suis fier de participer à cette aventure", a affirmé Ilyas Chahir, qui n’a pas tari d’éloges à l’égard de son sélectionneur.
"C’est le meilleur sélectionneur de cette compétition malgré son jeune âge. Il a réussi à créer un environnement familial et nous apprend beaucoup sur le football et sur la vie en dehors. C’est notre père et notre grand frère", a conclu le gaucher, avant que Walid Regragui, touché par ces compliments, ne lui assure, sur le ton de la boutade, "tu joueras demain contre la France".
à lire aussi
Article : Antidumping sur les couvertures : Mazafil et Cosyfil s'expliquent
Mazafil et Cosyfil demandent l’instauration de droits antidumping sur les importations chinoises et égyptiennes d’étoffes à longs poils pour couvertures. Les deux producteurs dénoncent des prix anormalement bas et défendent une mesure destinée, selon eux, à rétablir une concurrence loyale.
Article : Viandes rouges : la hausse des prix devient-elle la nouvelle norme ?
Après les fortes tensions observées durant la période de Aïd al-Adha, les prix restent orientés à la hausse un mois plus tard. Cette situation interroge d'autant que ces prix, jugés autrefois exceptionnels, s'installent. Les dessous d’une flambée durable.
Article : Gaz naturel : sans cadre légal, la feuille de route marocaine reste fragile
De Nador West Med à l’unité flottante de regazéification envisagée dans l’appel à manifestation d’intérêt, le Maroc commence à dessiner son infrastructure gazière. Mais, faute de loi pour organiser le transport, le stockage, la fourniture et la régulation du marché, les investisseurs restent face à une équation incertaine, déjà renvoyée de gouvernement en gouvernement depuis Abbas El Fassi.
Article : Imad Bakkali, nouveau PDG de Centrale Danone
Il prendra ses fonctions le 1er juillet, en remplacement d’Hervé Barrère, qui quitte le groupe pour des raisons familiales après neuf ans chez Danone. Fort de plus de vingt-trois ans d’expérience dans les biens de grande consommation, il devra poursuivre la transformation de l’entreprise.
Article : Sahara : l’élection de de la Espriella peut-elle faire basculer la position de la Colombie ?
De Bogota à Rabat, l’élection d’Abelardo de la Espriella est observée au-delà de son seul enjeu colombien. Le nouveau président succède à Gustavo Petro, qui avait rétabli les relations avec la "rasd" trois jours après son investiture et multiplié les signaux favorables au polisario. Pour le Maroc, la question est désormais de savoir si cette ligne survivra au retour de la droite au pouvoir.
Article : RGPH 2024 et découpage électoral au Maroc, analyse d'un fossé grandissant entre démographie et représentativité
L'urbanisation rapide confirmée par le recensement de 2024 interroge la physionomie de la future carte électorale marocaine. Alors que certaines banlieues connaissent une forte croissance et que des centres-villes se vident, le ratio d'habitants en âge de voter par député affiche des écarts sans précédent. Décryptage des tensions techniques, géographiques et politiques qui pèsent sur la préparation du scrutin de septembre 2026.