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Maroc-France : des signes de réchauffement en préparation d’une visite d’Etat du président français ?

Ces derniers jours, plusieurs signaux d’apaisement sont envoyés depuis Paris et Rabat, montrant que les deux pays veulent tourner la page de la crise silencieuse qui dure depuis plusieurs mois. Un réchauffement qui vient probablement préparer le terrain à la visite d’État du président français début 2023. Round up.

Maroc-France : des signes de réchauffement en préparation d’une visite d’Etat du président français ?

Le 7 novembre 2022 à 14h04

Modifié 7 novembre 2022 à 17h11

Ces derniers jours, plusieurs signaux d’apaisement sont envoyés depuis Paris et Rabat, montrant que les deux pays veulent tourner la page de la crise silencieuse qui dure depuis plusieurs mois. Un réchauffement qui vient probablement préparer le terrain à la visite d’État du président français début 2023. Round up.

Après la pluie, le beau temps. C’est l’impression qui se dégage ces derniers jours des signaux qui sont envoyés depuis Paris, mais aussi depuis Rabat, pour tourner la page d’une crise silencieuse qui n’a que trop duré.

À Rabat, malgré l’absence d’un ambassadeur en poste depuis le départ d’Hélène Le Gal, en septembre dernier, plusieurs diplomates et politiques français s’activent, selon nos informations, pour aplanir les sujets de brouille et préparer la visite d’État du président Emmanuel Macron. Prévue initialement en octobre, elle avait été reportée en raison de l’agenda chargé du roi Mohammed VI, comme l'a laissé entendre l’Élysée.

Une source au palais présidentiel nous avait déjà confié en juillet que le programme de la visite, sa forme, son contenu étaient quasiment finalisés, et que ne manquait plus que l'accord sur une date.

S’en est ensuivie, à la fin août, la sortie jugée “maladroite” du président Macron qui, interrogé par des badauds au sortir d’un concert de musique électro au Touquet, avait déclaré qu’il se rendrait au Maroc en octobre. Une annonce qui ne respecte aucune forme diplomatique, et encore moins les us et coutumes de la diplomatie marocaine ; une preuve de plus, commentaient alors les observateurs, de “la méconnaissance” d’Emmanuel Macron du Royaume.

Les deux chefs d’État renouent le contact

Mais tout cela semble appartenir au passé depuis que les deux chefs d’État, Mohammed VI et Emmanuel Macron, qui étaient presque en rupture, comme le révélait alors le magazine Jeune Afrique, se sont entretenus par téléphone dans la soirée du 1er novembre. Une information diffusée par la lettre confidentielle éditée à Paris, Africa Intelligence, qui a évoqué une reprise “dans la plus grande discrétion” et “un premier échange téléphonique afin d’aplanir les relations entre Paris et Rabat”.

LIRE ÉGALEMENT : Le Roi Mohammed VI et le président Macron ont-ils renoué le contact ? (Africa Intelligence)

Une discussion de trente minutes, selon la publication parisienne, lors de laquelle la visite d’État prévue par Emmanuel Macron a été fort probablement évoquée. Une visite programmée, selon différentes sources, début 2023.

Au lendemain de cet appel téléphonique, qui a signé la reprise des contacts entre les deux chefs d’État, un autre signal a été envoyé par le ministre marocain des Affaires étrangères, montrant que la tendance était bel et bien à l’apaisement. Interrogé le 2 novembre par Sky News Arabia sur la crise franco-marocaine, Nasser Bourita a eu une réponse très diplomatique. Esquivant le fond du sujet, ou de la crise, le ministre a anglé sa réponse sur la question des restrictions sur les visas. “Une décision souveraine de l’État français”, a-t-il souligné. Et qui n’a pas nécessité une réponse officielle marocaine, puisque “ce sont les Marocains eux-mêmes” qui y ont répondu, selon ses propos.

LIRE ÉGALEMENT : Relations avec l’Algérie, crise Maroc-France, guerre en Ukraine... Les précisions de Bourita

En préambule à la visite d’Emmanuel Macron au Maroc qui, selon nos sources, s’annonce chargée, aussi bien sur le plan politique, sécuritaire, diplomatique qu'économique, d’autres signaux sont attendus pour que la visite se déroule dans les meilleures conditions.

La visite ne peut se faire sans des ambassadeurs en poste

Contactée par Médias24, une source diplomatique française nous confirme en effet que la visite ne pourra se faire en l’absence d’ambassadeurs des deux côtés. Depuis le départ d'Hélène Le Gal en septembre, le poste est resté vacant. Seul un chargé d’affaires gère les affaires courantes. Idem à Paris, où Mohamed Benchaâboun a été rappelé au Maroc en octobre pour occuper le poste de directeur général du Fonds Mohammed VI, laissant l’ambassade marocaine entre les mains d’un chargé d’affaires.

La nomination d’ambassadeurs de poids est ainsi très attendue des deux côtés. Alors que le Maroc a toujours veillé à nommer à ce poste des personnalités de grand calibre, des hauts commis de l’État qui connaissent bien la France, sa culture, son système politique, son économie, l’histoire des relations entre les deux pays, leur enjeu et leur sensibilité, le choix du président Macron sera particulièrement scruté. Et constituera le véritable signal d’une page qui se tourne.

“Le président Macron doit renouer avec cette vieille tradition française qui consiste à nommer de grands diplomates à Rabat. Au Quai d’Orsay, ce poste a toujours été considéré comme très prestigieux ; le troisième le plus convoité avec Washington et Madrid. Le profil d’Hélène Le Gall a rompu avec cette tradition, et les Marocains ont eu bien raison de critiquer ce choix. Si la France veut tourner la page de cette crise, cela commencera par le profil de l’ambassadeur qui sera envoyé à Rabat”, confie un ancien diplomate français.

Reste la question centrale du Sahara, sujet qui constitue, comme l’a rappelé le Souverain dans son discours du Trône, le prisme par lequel le Maroc évalue ses relations diplomatiques.

Sahara : le “déterminant” qui peut tout changer

Paris a effectué récemment un geste très positif. En pleine crise avec Rabat, et au moment où la lune de miel avec Alger battait son plein, la France est restée constante dans sa position au sein du Conseil de sécurité, en votant, fin octobre, pour la résolution 2654 ; laquelle a constitué, selon tous les commentateurs, une grande victoire diplomatique pour le Maroc. Une résolution qui a d’abord pointé sans équivoque la responsabilité de l’Algérie dans ce conflit et mis en avant la nécessité de relancer les tables rondes, avec la présence de toutes les parties prenantes, à commencer par Alger.

Une position par la suite étayée par la déclaration de l’ambassadeur français à l’ONU, Nicolas de Rivière, pour qui la position de la France sur le dossier du Sahara n’a jamais changé, avec un soutien constant au plan d’autonomie proposé en 2007 par le Maroc.

Mais cela suffira-t-il à ouvrir une nouvelle page dans les relations politiques, diplomatiques et économiques avec le Maroc ? Pas vraiment. Car, au Maroc, la diplomatie ne se contente plus des déclarations de bonne intention, ou d’expressions vagues sur le soutien du plan d’autonomie, mais exige un discours clair, sans ambiguïté, sur le sujet.

La France a certes affiché à maintes reprises son soutien au plan marocain. Mais sa position n’est pas aussi avancée que celles de l’Espagne, des États-Unis, de l’Allemagne, des Pays-Bas ou celle, toute récente, de la Belgique. Car tout est une question de forme. Et les mots dans la diplomatie ont une grande importance.

La position actuelle de la France consiste à dire que le plan marocain est une solution crédible pour la résolution du conflit. Au Maroc, cela est considéré comme insuffisant. “Peut mieux faire…” Ce que l’on veut entendre, c’est que la solution marocaine est ­“LA” plus crédible... Un changement de déterminant qui lèvera toute ambiguïté sur la position française.

Le président Macron est-il prêt à franchir le pas comme l’ont fait plusieurs de ses homologues européens, au risque de froisser ses amis algériens et de détruire ce qu’il a pu bâtir avec la junte militaire ces derniers mois ? La réponse à cette question sera décisive sur l’avenir des relations entre Paris et Rabat.

LIRE ÉGALEMENT : Crise Maroc-France : la lecture d’Emmanuel Dupuy

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