Mondial de l’Auto de Paris : retrouvailles en demi-teinte (2/3)
REPORTAGE. Après une édition 2020 annulée pour cause de Covid, le Mondial de l’Auto de Paris a rouvert ses portes du 17 au 23 octobre derniers. Voici la liste quasi exhaustive des nouveautés et premières qui ont fait l’évènement durant le salon automobile parisien.
Mobilize : le Duo, “made in Morocco”
La jeune marque de Renault Group, dédiée aux “mobilités alternatives”, faisait sa première sortie publique au salon parisien. À côté de la berline électrique Limo, destinée aux services de VTC, et du concept de trottinette électrique couverte Solo, la vedette de son stand était le Mobilize Duo, bientôt produit dans l’usine Renault de Tanger.
Successeur du Renault Twizy, ce quardicycle électrique en reprend l’architecture à deux places en tandem, mais s’en différencie par l’adoption en série de portières, toujours à ouverture en élytre. L’intérieur étonne par sa présentation ludique et sa planche de bord inspirée des “Boombox” des années 1980 : à titre d’exemple, il faut appuyer sur la touche “Play” pour démarrer et sur “Pause” pour stationner. Le tout est complété par une instrumentation numérique au graphisme rétro… et par des petits textes explicatifs, rappelant que ce véhicule de 2,43 m de longueur est conçu pour s’intégrer dans les flottes des services d’auto-partage.
Sans surprise, l’équipement est assez minimaliste : un airbag, un support de smartphone, un port USB-C et un seul haut-parleur. Deux espaces aménagés de part et d’autre du siège avant peuvent accueillir deux valises au format cabine. Côté motorisation, le Mobilize Duo existera avec deux puissances, pour une vitesse maxi limitée respectivement à 45 km/h et 80 km/h et une autonomie annoncée à 140 km. Des chiffres bien supérieurs à ceux de sa principale rivale, la Citroën Ami, justifiant des prix supérieurs. Toutefois, le Duo ne sera pas proposé à la vente, mais uniquement en location courte ou longue durée auprès de professionnels tiers.
Peugeot : une (future) star nommée 408
Sur le stand de Peugeot, autre acteur local de cette édition du Mondial de Paris, il n’y en avait que pour sa future star, la Peugeot 408, dont un exemplaire “flottait” à l’intérieur d’une immense sphère transparente. Un modèle inédit qui ose le mélange des genres, avec un physique à la croisée des chemins entre la berline, le coupé et le SUV. Si la nouvelle venue reprend la base technique de la récente 308, elle chasserait plutôt sur les terres de la 508 avec son gabarit imposant (4,69 m de long), synonyme d’habitabilité généreuse.
Côté moteurs, pas de Diesel au programme : en attendant l’arrivée d’une déclinaison 100% électrique, la palette se compose d’un bloc essence et de deux hybrides rechargeables, aux puissances allant de 130 à 225 ch. La commercialisation de la 408 démarrera en Europe début 2023, et probablement quelques mois plus tard sur notre marché.
L’autre attraction du stand du Lion, à destination des fans de sport automobile, était la Peugeot 9X8. La nouvelle hypercar, engagée au Championnat du monde d’endurance WEC ainsi qu’aux 24 Heures du Mans 2023, se montrait pour la première fois au public, lui offrant la possibilité d’admirer son design particulièrement travaillé.
Jeep : première mise au courant
Le spécialiste américain du SUV profite du salon parisien pour dévoiler, en chair et en tôle, son premier modèle 100% électrique. Voici le Jeep Avenger, petit SUV “à piles” qui, avec ses 4,08 m de long, se place un cran sous le Renegade. Et s’il partage la base technique de ses cousins du groupe Stellantis (DS 3, Peugeot 2008 et autre Opel Mokka), il tient à conserver l’ADN Jeep. D’abord par son style typique, avec une silhouette carrée et la caractéristique calandre à 7 fentes, mais aussi par ses capacités de franchissement, autorisées par sa garde au sol généreuse et la disponibilité d’une variante à 4 roues motrices “4Xe”, équipée d'un différentiel électrique sur le train arrière.
Sous le capot se niche un électromoteur de 156 ch, alimenté par une batterie de 54 kWh offrant une autonomie d’environ 400 km. La commercialisation du Jeep Avenger a débuté avec les prises de précommandes d’une édition spéciale “First Edition”, avant un lancement officiel prévu en Europe au printemps 2023.
DS Automobiles : vague de liftings
Pas de réelle nouveauté sur le stand de DS Automobiles, qui se contente d’exposer les versions restylées des deux SUV DS 7 et DS 3, désormais débarrassés du suffixe Crossback. Si le premier a bénéficié d’une mise à jour conséquente (calandre, optiques, boucliers, hayon et feux arrière), les évolutions esthétiques du petit SUV se limitent à des phares retouchés et à une signature lumineuse revisitée. À l’arrière, l’inscription “DS Automobiles” prend place sur le hayon et les chromes cèdent place à des contours noir laqué, alors qu’à l’intérieur, l’écran tactile central passe à 10,3 pouces. Le vrai changement se trouve sous le capot de la version 100% électrique “E-Tense”, qui inaugure un nouvel électromoteur de 156 ch (au lieu de 136 ch), et une batterie de 54 kWh, portant l’autonomie à 402 km.
Les autres attractions du stand étaient la grande berline DS 9 Opéra Première, avec sa motorisation hybride rechargeable de 360 ch, ainsi que le concept DS E-Tense Performance, un coupé sportif à double moteur électrique de 815 ch.
BYD : offensive en règle
Les constructeurs européens ayant été nombreux à bouder le Mondial de Paris, des marques chinoises y ont vu l’opportunité de se faire plus visibles. C’est le cas du géant BYD, qui annonçait pour l’occasion son arrivée sur différents marchés européens avec 4 modèles 100% électriques. Il s’agit d’abord du BYD Atto 3, un SUV compact au style assez classique, affichant une puissance de 204 ch et une autonomie de 420 km. Un cran au-dessus se place le BYD Tang, SUV familial 7-places dont le look passe-partout cache une double motorisation électrique de 517 ch et une batterie de 86,4 kWh, pour une autonomie de 400 km.
Partageant les mêmes dessous techniques, la BYD Han, berline de 5 mètres de long, exploite bien mieux ses kilowatts. Avec des électromoteurs et une batterie similaires, l’actuel vaisseau amiral de la marque affiche des performances de haut niveau (le 0 à 100 km/h est réalisé en moins de 4 secondes) et surtout une autonomie de 521 km.
Le 4e modèle présenté était une première mondiale : la BYD Seal, berline électrique longue de 4,80 m qui se pose en rivale directe de la Tesla Model 3 et de la BMW i4. Véritable arme de conquête pour le constructeur chinois, elle sera proposée avec des puissances allant de 204 à 530 ch, et des autonomies variant de 550 à 700 km.
NamX : de l’hydrogène et de l’audace
Le Maroc était bel et bien représenté au Mondial de Paris, qui plus est par un (futur) constructeur innovant. Nous avons nommé NamX (pour New Automotive Mobility Exploration), start-up franco-marocaine cofondée et dirigée par Faouzi Annajah. Le salon parisien était l’occasion de présenter au public le NamX HUV (Hydrogen Utility Véhicule) et surtout ses stands de capsules à hydrogène.
Car plus que ses lignes racées et sa motorisation à hydrogène (de 350 à 550 ch), c’est le mode d’alimentation de ce SUV qui intrigue. Ainsi, en complément d’un réservoir principal d’hydrogène, le HUV dispose d’un rack de 6 capsules amovibles, ramenant ainsi l’autonomie totale à près de 800 km. Objectif : permettre au conducteur d’échanger ses capsules vides contre des pleines, et d’opérer son ravitaillement (certes partiel) en quelques minutes.
Avec ce système, NamX propose une solution originale et relativement aisée à déployer afin de pallier la rareté des stations à hydrogène, puisque les kiosques de capsules peuvent être proposées sur un large réseau de points de distribution.
Selon les dirigeants de NamX, le HUV devrait passer à la phase de production à l’horizon 2025, et être proposé à des prix estimés entre 65 000 et 95 000 euros.
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