Comment Redal gère l'eau de Rabat : chiffres, baisse de pression nocturne, eaux usées traitées...
Comme à Tanger, la Redal, filiale de Veolia, gère depuis 2006 la pression de l’eau la nuit sur près de 65% de son réseau à Rabat. Une technique qui lui permet d’économiser entre 10% et 35% des volumes distribués en nocturne.
- La gestion de la pression de l’eau à Rabat a été lancée en 2006.
- Le gain obtenu varie entre 10% et 35% des volumes d’eau distribués la nuit.
- La consommation moyenne par jour s’élève à 251.630 m³.
Pour gérer la rareté de la ressource en eau à Rabat, des mesures ont été mises en place par la Régie de distribution d’eau et d’électricité de Rabat (Redal), en plus de la gestion de la pression à laquelle elle procède depuis 2006 ; l’objectif étant de maîtriser son rendement, et par conséquent les volumes d’eau mis à la disposition des citoyens.
Gestion de la pression sur 65% du réseau
Depuis 2006, la Redal procède à la gestion de la pression de l’eau sur son réseau la nuit. “À Rabat, la gestion de la pression de l’eau le soir a démarré en 2006 avec un premier site. Ce système, qui a rapidement porté ses fruits, a été généralisé au fil des années. Il englobe à présent près de 65% de notre réseau”, long d’environ 4.500 km, confie la régie à Médias24. Pour les opérateurs, "gérer la pression" signifie tout simplement réduire les débits.
“Le gain obtenu grâce à cette technologie varie d’une zone à une autre, en fonction de la pression dans la zone concernée. Globalement, ce gain varie entre 10% et 35% des volumes d’eau distribués la nuit”, ajoute-t-elle.
Une dotation quotidienne brute de 114 litres par habitant
“Au mois de septembre 2022, le volume moyen d’eau distribué chaque jour par la Redal est de 304.398 m³ contre 311.433 m³ en septembre 2021”, apprend-on de même source. La consommation, elle, “s’élève à 251.630 m³ par jour en moyenne, soit une dotation brute de 114 litres par habitant par jour, toutes catégories confondues”. La même source de préciser : “De manière générale, la consommation d’un quartier dépend beaucoup de sa nature, de sa densité, de sa typologie d’habitat et de son usage. Ce sont les principaux facteurs qui influencent la consommation d’eau.”
Ces chiffres confirment bien que le volume d’eau distribué n’est pas complètement consommé par les citoyens. Une partie est perdue à cause des fraudes et des fuites. Le rendement de la Redal est de 82,7%. 17% de l'eau distribuée est perdue.
Pour limiter ces pertes, la régie mène des opérations de "détection des fuites via les différentes méthodes conventionnelles et non conventionnelles, en l’occurrence la détection acoustique, par gaz traceur, et l’inspection des conduites maîtresses”.
La Redal procède également à “la détection et au traitement des fraudes, ainsi qu’au pilotage intelligent du réseau de distribution d’eau potable et sa surveillance 24h/24”. En parallèle, elle mène “un programme de renouvellement et de réhabilitation du patrimoine (conduite, branchement, ouvrages de stockage…)”.
2 Mm³ d'eaux usées traitées et distribuées pour l'arrosage
Comme à Tanger, “les autorités compétentes ont mis en place un projet qui vise à arroser les espaces verts en utilisant les eaux usées traitées à la place de l’eau potable. A ce jour, près de 2 millions de m³ d'eaux utilisées traitées ont été distribuées via les réseaux de réutilisation des eaux usées traitées (REUSE) créés à cet effet. A terme, un réseau de 300 km sera mis en place pour arroser les espaces verts de la wilaya de Rabat, y compris les clients à forte consommation d’arrosage”.
Et d’ajouter : “Redal a accompagné les autorités, notamment la wilaya de Rabat, l’Agence du bassin hydraulique de Bouregreg et l’Office national de l’eau potable et de l’électricité, dans l’instauration de mesures de lutte contre le stress hydrique que connaît notre pays.”
Les voici :
- la fermeture des points de lavage utilisant l’eau potable à Rabat (depuis le 22 juillet 2022) ;
- l’interdiction du lavage des voies et places publiques par l’eau potable ;
- le contrôle des mesures applicables aux piscines publiques et privées ;
- la communication autour des mesures pour l’économie de l’eau ;
- la mise à la disposition, à la wilaya de Rabat, de l’expertise de la Redal dans toutes les disciplines (travaux, exploitation, métier, communication, etc.) ;
- l’accompagnement des clients sensibles dans les démarches de performance réseau (établissements scolaires et universitaires).
Pour rappel, la ville de Rabat est alimentée par le bassin hydraulique de Bouregreg. Son stock hydrique était estimé, à la mi-septembre, à 298,6 Mm³, contre un volume normal de 1.082 Mm³.
Sur ce bassin, les précipitations sont en baisse de 51%. À peine 168 mm ont été enregistrés depuis septembre 2021, contre une moyenne de 338 mm lors d’une année normale. Les barrages relevant de ce bassin sont remplis à hauteur de 27,6%.
Le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah, qui alimente l’axe Rabat-Casablanca Nord, est très impacté. Ses réserves sont passées de 353 Mm³ en septembre 2021 à 265 Mm³ le 14 septembre dernier. Cette quantité permettra d’approvisionner ledit axe en eau jusqu’en juin 2023.
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