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Forte baisse des réserves du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah

Les réserves du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah ont fortement baissé ces trois derniers mois pour atteindre, début septembre, 272 millions de mètres cubes ou 28%, dont une bonne partie composée de vase. Le déficit du bilan pluviométrique qui se creuse chaque année et le projet pour acheminer l’eau potable jusqu’au sud de Casablanca n’y sont pas étrangers.

Forte baisse des réserves du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah

Le 5 septembre 2022 à 19h43

Modifié 5 septembre 2022 à 19h59

Les réserves du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah ont fortement baissé ces trois derniers mois pour atteindre, début septembre, 272 millions de mètres cubes ou 28%, dont une bonne partie composée de vase. Le déficit du bilan pluviométrique qui se creuse chaque année et le projet pour acheminer l’eau potable jusqu’au sud de Casablanca n’y sont pas étrangers.

  • Ce barrage approvisionne en eau potable Rabat, Casablanca et Mohammedia.
  • Les réserves actuelles représentent environ 4 mois de consommation. Des pluies sont nécessaires au cours des prochaines semaines.

Édifié en 1974 pour mobiliser les eaux des bassins versants des oueds Bouregreg, Grou et Korifla, le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah est le cinquième réservoir artificiel d’eau au Maroc, par la taille de son bassin de retenue (974,8 Mm3).

C’est lui qui approvisionne en eau potable les villes de Rabat, Salé, Benslimane, Bouznika, Tamesna, Casablanca et Mohammedia. Il est donc d’une importance capitale pour près de 9 millions de personnes.

Or, les courbes ci-dessous, reconstituées par Médias24, décrivent une baisse préoccupante des réserves du barrage. D’après la Direction générale de l’eau, à la date du 1er septembre 2022, le taux de remplissage du barrage était de 28,4%, soit 272 millions de mètres cubes, contre 54,9% un an plus tôt.

Des chiffres qui ne prennent pas en compte la partie composée de vase, et donc inexploitable, chiffrée à hauteur de 30% dans l’ensemble des barrages du Royaume, d’après Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’eau.

En d’autres termes, les vraies réserves restantes dans ce barrage sont probablement de 190 millions de m3.

Une baisse accélérée depuis juin 2022 

En l’absence de précipitations, la diminution (-168,4 Mm3) des réserves du barrage, lors des huit premiers mois de l’année 2022, n’est pas étonnante. Mais elle s’est nettement accélérée depuis le mois de juin. En effet, du 1er janvier au 1er juin 2022, le barrage a perdu 5,3 points de taux de remplissage, soit 51,8 Mm3.

Du 1er juin au 1er septembre, les réserves ont chuté de plus du double (-11,9 points), soit 116,6 Mm3, en quasiment deux fois moins de temps. A ce rythme et sans apports pluviométriques, les réserves du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah pourraient atteindre un niveau critique d’ici quatre mois.

Comment expliquer ce recul préoccupant ? Une source assure à Médias24 que “la baisse du niveau du barrage est habituelle d’année en année en raison d’un manque d’apport pluviométrique”.

“Le déficit pluviométrique s’est en effet accentué ces dernières années”, corrobore une seconde source. “Le réchauffement climatique a causé une dégringolade de la moyenne des précipitations dans la région, à l’image de l’ensemble du Maroc.”

D’après une étude du ministère de l’Equipement et de l’eau, la moyenne des précipitations est en effet inférieure à 186 mm par an depuis 2001. Selon la même étude, le Royaume n’a pas connu d’abondance pluviométrique depuis 2014.

Le projet d’interconnexion avec Casa-Sud 

Si les données de cette étude justifient le manque d’apport pluviométrique dont souffrent les réserves du barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah, elles n’expliquent pas pour autant l’accélération de la baisse des réserves depuis le mois de juin 2022.

“C’est le projet d’interconnexion avec Casa-Sud qui a augmenté la demande et la pression sur les réserves du barrage”, indique notre source. Jusqu’en mars dernier, la partie sud et la partie nord de la ville de Casablanca n’étaient pas alimentées en eau potable auprès des mêmes sources.

Le nord de la ville était fourni par le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah sur le Bouregreg, tandis que la partie sud l’était via les complexes hydrologiques du bassin Oum Er Rbia. Mais comme leurs réserves ont baissé jusqu’à atteindre un niveau alarmant, les eaux du barrage ont été encore plus sous pression.

Dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation portant sur la période 2020-2027, une liaison hydraulique entre le nord et le sud de la ville a été réalisée pour exploiter l’excédent d’eau disponible au niveau du barrage, via une station de pompage d’un débit de 2,5 m3/s.

D’un coût global de 360 millions de dirhams, cette liaison hydraulique a permis de transférer du nord au sud de Casablanca un volume de 80 millions de m3 par an, lors de la première phase dont la mise en service était prévue de manière progressive à partir de mars 2022.

S’agissant des rumeurs selon lesquelles des fermes agricoles seraient à l’origine de cette forte baisse des réserves, en puisant dans les eaux du barrage, notre source les réfute. Elle avance deux raisons : “D’une part, il n’y a pas de fermes agricoles autour du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah ; d’autre part, il est protégé et sécurisé.”

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