SMIT : les investissements touristiques reviendront au niveau de 2019 dès 2023
Au lendemain de l’annonce du groupe espagnol Barcelo d’investir 500 MDH dans l’hôtellerie marocaine, le ministère du Tourisme nous a fait parvenir des chiffres qui témoignent d’un retour progressif des investissements au niveau de 2019 à partir de l’année prochaine.
Dès la réouverture des frontières en février dernier, le flux des investissements touristiques qui s’était progressivement tari durant les deux années de pandémie a commencé à reprendre, pour atteindre à la fin du 1er semestre 2022 près d’un tiers des volumes habituellement réalisés avant la crise sanitaire.
2,4 MMDH investis durant le 1er semestre 2022 contre 1 MMDH pour tout 2021
Une dynamique de reprise que confirme la ministre de tutelle, Fatim-Zahra Ammor. “Les investissements touristiques ont enregistré en 2020 et 2021 une forte baisse, respectivement de 80% et 65% par rapport à la performance moyenne annuelle sur la période 2011-2019, qui était alors de 7 MMDH”, rappelle-t-elle.
Selon la ministre, près de 2,4 MMDH d’investissements ont été injectés dans les infrastructures d’hébergement touristique durant le 1er semestre 2022, soit deux fois plus que les investissements réalisés pendant la même période en 2021 pour une capacité d’environ 4.100 lits.
Une dynamique qui profite au haut de gamme et aux grandes destinations
Cette performance affichée pendant le 1er semestre de l’année en cours est portée essentiellement par les investissements dans les structures d’hébergement touristique, avec plus de la moitié des investissements, soit 60% réalisés en hôtellerie haut de gamme (5*, 4* et hôtels classés).
Ce sont les régions de Rabat-Salé, Casablanca-Settat, Marrakech-Safi et Tanger-Tétouan-Al Hoceima qui constituent les principaux moteurs de l’investissement (+90%). Une tendance qui s’explique par l’effort d’orientation réalisé par la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) en matière d’investissement, et par l’attractivité touristique avérée de ces destinations.
Les investissements réalisés en 2022 sont portés par des nationaux, précisément des particuliers (84% des investissements réalisés), parmi lesquels le Marriot de Rabat, le Hilton Garden Inn de Casablanca, le Dominium d’Agadir, le Dixil Garden Malabata de Tanger, le Sol Oasis Marrakech...
Retour au niveau d’investissements de 2019 à partir de 2023
“Durant la crise, nous pensions qu’il faudrait attendre 2024 voire 2025 pour redémarrer la machine et capter le même niveau d’investissements que 2019, mais le trend actuel laisse espérer que nous terminerons l’année 2022 avec quatre, voire cinq milliards de dirhams d’investissements touristiques”, déclare une source de la SMIT, qui espère bien revenir au niveau de 2019, soit 7 MMDH dès 2023.
Optimiste, la ministre affirme de son côté que si l’arrêt de l’activité infligé par la pandémie a fragilisé tout l’écosystème, l’un des principaux axes du plan d’urgence a été de mettre à niveau l’offre hôtelière pour accélérer la reprise et créer un contexte favorable qui inciterait d’autres opérateurs à investir au Maroc.
“Un nouveau cadre incitatif naîtra de la future feuille de route”
“Au lendemain de la reprise, nous avons rapidement initié les discussions avec des investisseurs souhaitant s’implanter ou renforcer leur présence au Maroc, à l’image du grand voyagiste français TUI. Après quoi, plusieurs investisseurs internationaux ont rapidement manifesté leur volonté d’investir, comme le groupe Barcelo avec lequel un mémorandum d’entente vient d’être signé”, poursuit Fatim-Zahra Ammor.
“Les investissements nationaux sont tout autant stratégiques ; ils ont représenté plus de 80% des investissements engagés à date. Dans les prochains mois, nous allons inaugurer plusieurs grands établissements touristiques dans différentes destinations”, informe la ministre. Elle précise enfin que l’investissement sera l’un des axes de développement prioritaires de la feuille de route grâce à la création d’un cadre incitatif à même de stimuler les investissements privés dans différents domaines, notamment ceux indispensables à la transformation du secteur.
À découvrir
à lire aussi
Article : À Kariat Ba Mohamed, une affaire présumée d’exploitation sexuelle de mineures suscite l’émoi
Selon des sources locales, deux adolescentes issues d’un milieu précaire seraient concernées par le dossier, dans lequel sept personnes feraient l’objet de poursuites ou de mesures de détention. L’AMDH a saisi le procureur général près la cour d’appel de Fès pour demander des éclaircissements.
Article : Figure des arts plastiques au Maroc, Saâd El Hassani est décédé
L’artiste marocain est mort mardi 9 juin 2026 à Casablanca, à l’âge de 77 ans, des suites d’une longue maladie. Il laisse derrière lui un parcours marqué par la discrétion, une sensibilité esthétique affirmée et plusieurs décennies de création.
Article : Textile : comment le Maroc veut transformer ses déchêts en usines et en emplois
Avec 230.000 emplois, une dépendance persistante aux matières importées et des règles européennes de traçabilité appelées à se durcir dès 2027, la filière textile marocaine voit dans l’économie circulaire bien plus qu’un chantier environnemental. Après trois ans d’essais pilotes menés avec la Société financière internationale, le pays dispose désormais d’une première preuve de faisabilité. Décryptage.
Article : Poulet de chair : pourquoi les prix s’effondrent chez les éleveurs sans baisser pour les consommateurs
À moins de 7 dirhams le kilo pour un coût de revient estimé au minimum à 15 dirhams, la filière avicole traverse l’une de ses plus fortes secousses depuis des années. Au-delà de l’urgence financière dénoncée par les éleveurs, la crise révèle les déséquilibres d’un marché où la production reste peu planifiée et la formation des prix largement opaque. Détails.
Article : Hajj 1448 H : les frais devront être réglés du 29 juin au 10 juillet
Les personnes retenues au tirage au sort devront accomplir les formalités auprès des agences de Barid Bank, alors qu’un montant indicatif de 65.000 dirhams a été fixé pour les pèlerins de la liste officielle.
Article : Coupe du monde 2026. Mohamed Ouahbi dans la nasse des blessures
La fâcheuse blessure d’Abdessamad Ezzalzouli à quelques jours de l’entrée en lice du Maroc au Mondial 2026 relance fatalement le débat sur les choix du sélectionneur national, notamment la convocation de plusieurs joueurs pour le moment inaptes à disputer une rencontre de très haut niveau, dont Nayef Aguerd, mais aussi le remplaçant naturel de l’attaquant du Betis, Chems Eddine Talbi.