img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
STARTUPS

Renov Protein, une startup qui transforme un insecte en protéine

Renov Protein est une startup biotechnologique spécialisée dans l'élevage et la transformation d'insectes en poudre protéinée à des fins alimentaires. Une alternative verte aux protéines végétales et animales et à la fertilisation chimique.

Renov Protein, une startup qui transforme un insecte en protéine
Par
Le 13 août 2022 à 7h50 | Modifié 13 août 2022 à 7h50

« Grâce aux produits dérivés d'insectes, nous pouvons nourrir les animaux, les hommes mais aussi les plantes », apprend-on auprès des fondateurs. L'élevage d'insectes est une alternative qui se veut écologique à l'alimentation animale et humaine et à la fertilisation. C'est une source de protéines et dérivés, produite sous forme de poudre ou huile utilisable pour une variété d'aliments : compléments alimentaires pour l'aquaculture, pour les animaux domestiques, pour les animaux d'élevage comme les volailles et porcs, des fertilisants naturels pour traitement des sols et cultures agricoles. « Elle peut également être utilisée pour la production de nano textiles ou encore de la peau artificielle », ajoute le cofondateur.

Installée dans la région du Grand Casablanca, la startup agritech développe l'élevage d'insectes, particulièrement le ténébrion (Tenebrio Molitor). « Ce mini site nous a permis de développer notre preuve de concept qui constitue aujourd'hui notre pilote, grâce au fonds Innov Idea d'une valeur de 200.000 DH et des dons de certaines entreprises privées pour prouver notre expertise et notre technologie », indique-t-il.

Il explique que ce pilote leur a servi à comprendre le développement de l'insecte, figer sa formule nutritionnelle pour obtenir de bons rendements, comprendre par quel niveau de température et d'humidité se développe-t-il le mieux. Mais aussi, de « figer notre business model en vue de notre levée de fond pour transformer notre site pilote en démonstrateur industriel », souligne-t-on.

Pour fin 2022, la start-up espère boucler une levée de fonds de 10 millions de DH auprès d'investisseurs privés, grands groupes et entreprises, pour mettre en place un démonstrateur industriel sur une surface de 1.500 m². Dans un second temps, l'objectif est de lever 15 millions de DH « pour transformer notre démonstrateur en véritable site de production sur une superficie de 6.000 m² ».

En ce moment, 105 tonnes sont pré-commandées et plusieurs tests réalisés sur site avec des industriels de renom.

Des protéines qui font mouche

Pendant le confinement, Guillaume Regnery décide avec son associé Jérémie Perales de mettre sur les rails une idée qu'il avait eue quelques années plus tôt. Ensemble, ils étudient le potentiel nutritif des ténébrions.

« Nous avons constaté leur grande capacité de reproduction dans une petite surface, avec une petite quantité d'eau, tout en réutilisant les déchets organiques et rejetant moins de gaz à effet de serre. Ses larves sont riches en protéines et en acides gras poly saturés », explique Guillaume Regnery.

Il poursuit : « Nous avons senti que c'était le moment opportun pour lancer ce projet qui a du sens et qui s'inscrit pleinement dans l'économie circulaire. Nous avons alors dressé une ébauche du projet en nous entourant d'experts du domaine de l'élevage d'insectes, dans l'industrie, les procédés et le management de projet de développement durable ». Qui plus est, ces insectes existent partout dans le monde, ne portent pas de maladies et n'ont pas d'effets ravageurs sur leur environnement.

« Au bout de 90 jours au maximum, les larves sont placées dans l'atelier de transformation où ils subissent un processus thermomécanique sous l'œil de notre expert industriel avec plus de 35 ans d'expertise », explique Guillaume Regnery. A l'arrivée, une protéine d'insecte de qualité, de l'huile d'insecte « mais aussi et surtout des fertilisants naturels NPK que nous avons testés et approuvés ».

La start-up a démarré avec 4kg d'insectes et gère aujourd'hui 4 tonnes en vertical farming, « Le vertical farming étant une manière d'élever des insectes dans bacs en hauteur pour utiliser le minimum de surface au sol », explique le co-fondateur.

Après des études en Marketing et entreprenariat durable à l'école supérieure de commerce de Montpellier, il complète son cursus à Kingston Upon Hull à l'University of Hull Business aux Royaume-Unis. Depuis 2016, il enchaîne les postes en marketing à Danone Maroc, General Mills MENA et Afriquia SMDC. Il décroche également le certificat « Entrepreneur du Changement à HEC Paris » en 2021.

Les deux cofondateurs ont commencé les expérimentations en 2020 et ont bénéficié de l'accélération de plusieurs mois au sein du Cluster Solaire Maroc, Montpellier Business School & HEC Incubateur à la Station F à Paris. La start-up cumule les titres : elle a remporté la première place AgriPitch Maroc - Tunisie organisée par la French Tech et gagné une participation au salon Viva Technology Paris et figure parmi les 60 startups africaines les plus prometteurs de l'Africarena.

La start-up ambitionne par ailleurs de mettre en place une ONG africaine à partir du Maroc pour promouvoir et développer le secteur des insectes en Afrique vu son potentiel et impact positif sur l'environnement et sur le futur de l'alimentation.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 13 août 2022 à 7h50

à lire aussi

Incivilités : le CESE propose un plan national pour changer les comportements
SOCIETE

Article : Incivilités : le CESE propose un plan national pour changer les comportements

Du trottoir aux stades, en passant par les services publics, l’institution présidée par Abdelkader Amara dresse un état des lieux sévère des usages de l’espace commun. Son avis, présenté le mercredi 10 juin, met en cause autant l’éducation, l’application des règles que la gestion de proximité.

Marhaba 2026 : le Maroc modernise le poste-frontière de Bab Sebta
Quoi de neuf

Article : Marhaba 2026 : le Maroc modernise le poste-frontière de Bab Sebta

À quelques heures du coup d’envoi de l’opération d’accueil des MRE, la nouvelle zone d’entrée a été ouverte dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 juin 2026, après plusieurs mois de travaux. La voie de sortie reste, elle, provisoirement en service avant une nouvelle phase de réhabilitation prévue après l’été.

Santé : lancement effectif du groupement sanitaire territorial Casablanca-Settat
Quoi de neuf

Article : Santé : lancement effectif du groupement sanitaire territorial Casablanca-Settat

Réuni le mercredi 10 juin à Casablanca sous la présidence de Aziz Akhannouch, le premier conseil d’administration a adopté le programme d’action et le budget 2026 de cette nouvelle structure, appelée à piloter une offre publique de soins qui compte 376 établissements de santé primaire et près de 4.943 lits dans la région la plus peuplée du Royaume.

Industrie : à Jorf Lasfar, Falcon veut produire le graphite qui manque au Maroc
Mines

Article : Industrie : à Jorf Lasfar, Falcon veut produire le graphite qui manque au Maroc

Sans graphite, pas de batterie électrique. C’est ce maillon discret, mais indispensable, que Falcon Energy Materials veut produire à Jorf Lasfar. Retardée par l’arrivée d’équipements depuis la Chine, son usine pilote s’apprête à démarrer. Mais avant la grande unité prévue à l’horizon 2028, l’entreprise doit franchir l’étape qui décidera de tout : convaincre les industriels de la batterie que le produit marocain peut entrer dans leurs chaînes d’approvisionnement. Voici tout ce qu'il faut savoir sur ce grand pari industriel pour le Maroc.

Exclusif. OCP reprend sa pleine cadence de production, transformant la crise en opportunité
BUSINESS

Article : Exclusif. OCP reprend sa pleine cadence de production, transformant la crise en opportunité

Depuis quelques semaines, le groupe OCP est scruté de près à cause d’un contexte tendu. Crise d’Ormuz, hausse du soufre, des milliards contractés en dette, annonce de réduction de la production… Le tout assoit l’idée que le groupe traverse une crise sans précédent. La réalité est plus nuancée et plus intéressante. Fin mai, le groupe a pris une décision qu’il nous a confirmée en exclusivité : remonter à 100% de ses capacités de production d’engrais d’ici fin juin. Une annonce à rebours de toutes les lectures faites jusque-là. Révélations.

Batteries électriques. La Chine défend ses investissements au Maroc et nie tout contournement commercial
ECONOMIE

Article : Batteries électriques. La Chine défend ses investissements au Maroc et nie tout contournement commercial

EXCLUSIF. Les investissements chinois au Maroc dans les batteries et les composants destinés aux véhicules électriques continuent d’alimenter les inquiétudes en Europe. Contactée par Médias24, l’ambassade de Chine défend une coopération industrielle alignée sur la stratégie du Royaume, tandis que la Commission européenne ne les remet pas en cause par principe, mais affirme surveiller les flux commerciaux, les structures de production et le respect des règles d’origine.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité