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Le prix du pain basique de blé tendre, subventionné par l’Etat, restera inchangé (profession)

Joints par Médias24, les professionnels qui représentent le secteur assurent que le prix du pain produit à partir du blé tendre, subventionné par l’Etat, n’a subi aucune hausse et ne changera jamais. Explications.

Le prix du pain basique de blé tendre, subventionné par l’Etat, restera inchangé (profession)

Le 2 juillet 2022 à 11h44

Modifié 2 juillet 2022 à 11h44

Joints par Médias24, les professionnels qui représentent le secteur assurent que le prix du pain produit à partir du blé tendre, subventionné par l’Etat, n’a subi aucune hausse et ne changera jamais. Explications.

Changera? changera pas? Des informations et annonces contradictoires circulent. Voici ce qu’il en est.

Une association intitulée « Fédération marocaine de la boulangerie et pâtisserie » a récemment annoncé, dans un communiqué, une probable hausse du prix du pain. Cette organisation invoque une répercussion de la hausse des prix des matières premières. « Le prix du pain dépendra désormais de l’offre et de la demande, mais aussi des prix des matières premières utilisées dans sa production », explique-t-elle à Médias24 au cours d’un échange téléphonique vendredi 1er juillet dans la matinée.

Mais deux personnalités qui ont l’habitude de s’exprimer au nom du secteur, Moulay Abdelkader Alaoui, président de la Fédération nationale de la minoterie, et Lahoucine Azaz, président de la Fédération nationale de la boulangerie et pâtisserie au Maroc, démentent catégoriquement toute hausse du pain de base.

Contactés vendredi, il nous déclarent que « la Fédération marocaine de la boulangerie et pâtisserie, qui faisait autrefois partie de la Fédération nationale, ne représente pas le secteur ». Nos deux interlocuteurs ont démenti toute hausse du prix du pain produit à partir du blé tendre subventionné par l’Etat. « Le prix du pain est fixé à 1,20 DH/pièce et restera inchangé chez les épiciers et les boulangeries » membres de la Fédération nationale de la boulangerie et pâtisserie.

« Notre fédération (nationale, ndlr) est celle qui dispose de contrats-programmes avec l’Etat. Elle est également reconnue par le ministère de la Santé, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) », souligne M. Azzaz.

Moulay Abdelkader Alaoui confirme. « La Fédération nationale est notre interlocuteur direct. C’est elle qui siège avec nous au niveau de toutes les instances, notamment au Conseil d’administration de l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL). » « Même lors des réunions avec le ministère de tutelle, la Fédération marocaine n’a jamais été présente. »

Stabilité des prix de la farine issue du blé tendre et du pain basique

Rappelons qu’il y a deux types de pain au Maroc. Le premier est celui subventionné par l’Etat, à base de farine spéciale produite à partir du blé tendre. Il ne peut subvenir aucune augmentation.

« Il est du devoir de l’Etat de conserver ce prix inchangé. Le prix du quintal de blé tendre, sortie et rendu moulin, est de 260 DH. Ce prix est fixé par un contrat-programme signé en 2008 avec les minotiers et boulangeries », indique Lahoucine Azaz.

Ce blé acheté par les minotiers à 260 DH/q leur permet de vendre la farine, notamment aux boulangeries, à un montant fixé à 350 DH/q. « Les minotiers sont ainsi engagés à respecter ce prix », qui permet à son tour aux boulangeries de produire le pain basique et de le mettre en vente à 1,20 DH/pièce.

Ce contrat est toujours valable, ce qui veut dire que le prix du pain basique ne connaîtra jamais de hausse.

M. Alaoui nous assure pour sa part que « ce prix de 350 DH/q n’a pas été atteint depuis sa fixation en 2007. La farine issue du blé tendre coûte actuellement 340 DH/q ».

« La hausse des prix évoquée par la Fédération marocaine n’est autre qu’une surenchère politique qui n’a rien à voir avec la réalité du terrain », ajoute-t-il.

La production du blé dur en baisse de 60%

Ce sont les composants du blé dur qui ont connu une hausse, vu la conjoncture actuelle, souligne Lahoucine Azzaz.

Il s’agit du blé à partir duquel sont notamment produits les pâtes, le couscous et le pain de semoule, second type de pain au Maroc. Son prix est fixé par la bourse de Chicago, comme pour toutes les autres matières premières.

Au vu de la conjoncture actuelle (en référence à la sécheresse, ndlr), « sa production a baissé de 60% cette année. Les gens se dirigent ainsi vers les produits de substitution du blé tendre », indique M. Alaoui.

« La qualité de la farine subventionnée est irréprochable »

La Fédération marocaine de la boulangerie et pâtisserie justifie la hausse des prix chez les boulangeries membres par une mauvaise qualité de la farine subventionnée par l’Etat. « Pour avoir du pain de bonne qualité, nous y ajoutons des composants qui nous coûtent jusqu’à 25 DH/ kg », nous a-t-elle déclaré.

Interpellé sur ce point, M. Alaoui nous assure qu’au Maroc, « la qualité de la farine est irréprochable. C’est l’une des meilleures au monde. Nous avons un secteur où la concurrence est très farouche, en plus d’une offre qui dépasse énormément la demande. Ce qui fait que sans qualité, on ne peut pas pénétrer ce marché ».

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