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Le Maroc renforce sa résilience face aux tsunamis

El Jadida fait partie des villes sélectionnées par l’Unesco pour participer au nouveau programme mondial "Tsunami Ready", qui vise à préparer les populations côtières à la menace d’un tsunami. 

Le Maroc renforce sa résilience face aux tsunamis

Le 30 juin 2022 à 12h56

Modifié 30 juin 2022 à 14h33

El Jadida fait partie des villes sélectionnées par l’Unesco pour participer au nouveau programme mondial "Tsunami Ready", qui vise à préparer les populations côtières à la menace d’un tsunami. 

Dans le cadre du programme « Tsunami Ready », les villes d’El Jadida et d’Alexandrie (Egypte) ont été désignées par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) pour représenter le continent africain.

Bien qu’elle soit bordée par l’océan Atlantique, El Jadida a été sélectionnée par l’Unesco en raison, d’une part, de sa participation au projet pilote « Coast Wave », porté par la Commission océanographique de l’organisation onusienne ; et d’autre part car le programme « Tsunami Ready » envisage de former, d’ici 2030, l’ensemble des populations côtières susceptibles d’être menacées par cette catastrophe naturelle, y compris les populations du pourtour méditerranéen. Ce programme a d’ailleurs déjà été expérimenté auprès de 40 communautés dans 21 pays des régions des Caraïbes, du Pacifique et de l’océan Indien.

L’Unesco redoute en effet la survenue d’un tsunami en Méditerranée dans les 30 prochaines années. « Les statistiques montrent que la probabilité d’une vague de tsunami de plus d’un mètre est proche de 100% », indique l’agence onusienne dans un communiqué. 

Une onde provoquée par un rapide mouvement

Le terme « tsunami » est composé de deux mots japonais : « tsu » (port) et « nami » (vague). Il désigne une onde provoquée par le rapide mouvement d’un grand volume d’eau dans l’océan ou en mer. Ce mouvement est généré par l’activité sismique (78%), l’activité volcanique, les glissements de terrain (10%) et l’activité météorologique (2%).

Quand on pense « tsunami », on se souvient des images de la catastrophe survenue dans l’océan Indien en décembre 2004, à l’origine de plus de 200.000 morts, et de celles du cataclysme qui a frappé les côtes japonaises le 11 mars 2011. Les tsunamis peuvent cependant se produire sur toutes les côtes du monde, et pas uniquement dans les régions du Pacifique et de l’océan Indien.

Selon Bernardo Aliaga, spécialiste des tsunamis et expert en océans à l’Unesco, « le principe général, c’est que là où il y a eu un tsunami, il y aura un tsunami ». Le Royaume n’est pas épargné par cette menace. Le Maroc a en effet été confronté à un tsunami en 1755, après le grand séisme qui frappa Lisbonne et dont l’origine fut localisée dans l’océan Atlantique, au niveau de la zone comprise entre le Portugal et le Maroc.

La participation d’El Jadida au programme de l’Unesco tombe donc sous le sens. Nacer Jabour, chef de division à l’Institut national de géophysique (ING), révèle à Médias24 les détails d’un programme qui pourrait être élargi à l’ensemble des villes côtières du pays.

Des normes supplémentaires en matière de tsunamis

Publiée en 2013 dans la revue Natural Hazards and Earth System Science, une étude a évalué les performances de l’infrastructure côtière de défense contre les tsunamis à El Jadida. Les auteurs ont mis en avant « la nécessité d’ajouter des normes supplémentaires en matière de tsunamis, non seulement pour les structures de défense contre la mer, mais aussi pour les habitations côtières et les maisons ».

Afin de remédier à ces manquements, l’application du programme « Tsunami Ready » à El Jadida passera par plusieurs étapes :

– élaborer un plan de réduction des risques de tsunami ;

– identifier et cartographier les zones à risque de tsunami ;

– élaborer des documents de sensibilisation et d’éducation du public ;

– créer des cartes d’évacuation compréhensibles par tous ;

– afficher publiquement toutes les informations utiles sur les tsunamis.

A ce titre, le Maroc a également participé au projet « Coast Wave », destiné à mettre à niveau les procédures d’alerte précoce en cas de tsunami. « Si l’alerte est régionale, la réaction devra être préparée localement sur chaque segment de la côte », explique Nacer Jabour.

« L’objectif du projet est de faire de la ville d’El Jadida un exemple parmi les villes préparées à faire face au risque de tsunami dans la région méditerranéenne », indique notre interlocuteur. « A cet effet, un nouveau marégraphe sera fourni et des messages d’alerte seront envoyés rapidement depuis le siège de l’ING vers les autorités locales d’El Jadida », poursuit-il.

De plus, le ministère de l’Equipement a lancé un appel d’offres pour étudier la mise en place d’un système d’alerte au tsunami dans le pays. Estimée à plus de 1,5 MDH, cette étude doit établir le diagnostic et l’état des lieux, examiner l’exposition au risque de tsunami et la pertinence de la mise en place d’un système d’alerte, et formuler un processus d’alerte et un guide d’établissement d’un plan d’urgence territorial.

Selon nos informations, cet appel d’offres s’est révélé infructueux. Un second sera prochainement lancé à l’international.

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