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Aïd Al-Adha : les intermédiaires font grimper le prix du mouton

A deux semaines de la célébration de l’Aïd Al-Adha, des professionnels du secteur assurent que les prix sont stables au niveau des souks, mais élevés chez les intermédiaires à l’intérieur des villes. D’autres évoquent une hausse des prix estimée entre 10 et 15%.

Aïd Al-Adha : les intermédiaires font grimper le prix du mouton

Le 27 juin 2022 à 16h51

Modifié 27 juin 2022 à 17h00

A deux semaines de la célébration de l’Aïd Al-Adha, des professionnels du secteur assurent que les prix sont stables au niveau des souks, mais élevés chez les intermédiaires à l’intérieur des villes. D’autres évoquent une hausse des prix estimée entre 10 et 15%.

L’année passée, l’offre en ovins et caprins destinés à l’abattage de l’Aïd Al-Adha était estimée à près de 8,5 millions de têtes.

Offre abondante, dépassant la demande

Cette année, « l’offre est abondante », confient à Médias24 différentes sources, notamment l’Association nationale des éleveurs ovins et caprins (Anoc), la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges (Fiviar) et la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader).

Selon nos interlocuteurs, 7 millions de têtes ont déjà été identifiées par l’Anoc et la Fiviar à environ deux semaines de la fête du sacrifice.

Durant les six ou sept jours de travail restants, entre 200.000 à 800.000 autres têtes seront identifiées. L’offre pour l’Aïd Al-Adha est ainsi estimée entre 7,2 et 7,8 millions de têtes, dépassant largement la demande, estimée, elle, à 5,6 millions de têtes.

« L’offre est suffisante mais elle est plus basse que l’année dernière », assure une source de la Fiviar. « Au lieu des 8 millions de têtes identifiées annuellement, nous aurons entre 7,2 et 7,4 millions de têtes cette année ».

Une baisse qui, selon notre source, s’explique par la conjoncture agricole qui dure depuis l’année dernière, en particulier « le manque de pluie ».

De son côté, l’Anoc estime l’offre à environ 7,8 millions de têtes cette année. « L’Association a été chargée d’identifier 4 millions de têtes. Il nous reste encore six ou sept jours pour compléter l’identification des 400.000 restants », souligne notre source.

Quid des prix ?

Les avis divergent sur ce point. L’Anoc et la Comader soutiennent que les prix sont restés stables cette année au niveau des souks, mais sont élevés chez les intermédiaires à l’intérieur des villes.

« Il y a une différence incroyable entre les prix des agriculteurs et ceux des intermédiaires », nous fait savoir la Comader. « Les prix pratiqués ce matin (lundi 27 juin, ndlr), selon un sondage réalisé au niveau de tous les souks nationaux, sont d’environ 50 DH/kg. Un mouton d’environ 40 kg, soit une vingtaine de kilogrammes de viande nette, se vend à 2.000 DH. »

« Les coûts des intrants ont été très élevés cette année pour les agriculteurs-éleveurs, notamment l’orge, la paille, l’énergie et le transport. Mais cette flambée n’a pas été totalement répercutée sur les prix de revient. Les prix sont logiques et la qualité est bonne », ajoute notre source.

« Les intermédiaires, qui achètent ces bêtes à l’approche de l’Aïd Al-Adha pour les revendre, ont surfé sur la vague de la hausse des prix, affichant des moutons à 3.000 ou 3.200 DH/kg à l’intérieur des villes. Ces derniers gagnent jusqu’à 1.200 DH par tête, contre 400 à 500 DH par mouton pour les agriculteurs qui, eux, passent sept à huit mois à élever ces bêtes ».

Même son de cloche auprès de l’Anoc : « Les prix varient entre 50 et 52 DH/kg au niveau des 30 souks temporaires mis en place par le ministère de l’Agriculture à l’occasion de l’Aïd Al-Adha. Les intermédiaires, eux, peuvent vendre à 59 DH/kg. »

« Je fais tous les jours le tour de plusieurs souks au niveau national. Aujourd’hui, j’ai visité le plus grand souk de l’Oriental et je constate que les prix sont stables, contrairement à ce qui circule sur les réseaux sociaux et autres. »

Ces deux sources appellent ainsi les consommateurs à se diriger vers les souks pour effectuer leurs achats et à éviter d’en acheter dans les villes chez les intermédiaires.

La Fiviar estime pour sa part que les prix sont en hausse de 10% à 15% par rapport à l’année dernière. « Cette hausse ne couvrira même pas l’augmentation des coûts de production. »

« L’engraissement des moutons de l’Aïd se fait essentiellement avec du grain », poursuit notre interlocuteur. Les bêtes destinées à l’abattage pour la fête du sacrifice « ne vont pas sur le pâturage ».

« Durant les quatre à cinq derniers mois de sa vie, le mouton est à l’étable. Il est engraissé et préparé pour l’Aïd. Il mange essentiellement du grain et du foin. Le prix du grain a flambé de 60% à 100% malgré l’intervention de l’Etat. Le prix de l’orge a par exemple augmenté de 100%. Le kilogramme coûtait 2 DH, contre 4 DH actuellement. C’est valable aussi pour le maïs et la majorité des autres intrants. »

Tout cela fait que « le coût de production augmente de façon incroyable ». Certains vendeurs ont déjà affiché leurs prix. A Marjane par exemple, le kilogramme pour le vif est de 60 DH. C’est quasiment 15% de plus que l’année passée, mais cela ne couvrira même pas la flambée qu’a connue le coût de production. Les prix ne peuvent pas être revus à la hausse plus que cela car il y a tout de même une barrière psychologique à ne pas dépasser. Malheureusement, l’agriculteur-éleveur, qui a préparé le mouton toute l’année, perdra de l’argent à coup sûr. »

Par ailleurs, « l’état du cheptel est bon, grâce au contrôle réalisé par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), les autorités locales, les professionnels de l’aliment de bétail et de l’aviculture », note notre interlocuteur.

« On est rodés désormais, et on ne peut plus avoir les verdissements de carcasses comme c’était le cas il y a encore quelques années. Un très bon suivi est réalisé par l’ONSSA pour la préparation du mouton de l’Aïd, en plus de son identification. »

Les quatre races les plus prisées

Les races prisées sont la Beni Guil, Boujaâd, Sardi et Timahdite.

La Béni-Guil est une race des plateaux de l’Oriental, très bien adaptée à la steppe. Elle est capable de s’acclimater à d’autres régions. Elle est l’une des meilleures races à viande du Maroc. Grâce à ses qualités laitières, la femelle est utilisée comme support au croisement industriel.

Cette race tire son nom de la tribu des Beni-Guil, située entre Figuig et Aïn Beni Mathar. Elle est aussi appelée localement « Daghma » ou « Hamra ».

L’effectif moyen de cette race est d’environ 1,9 million de têtes, localisées dans les plateaux de l’Oriental.

La race Boujaâd est, elle, fait partie des races de grande taille au Maroc. Elle est aussi appelée « race jaune » en raison de la couleur de sa tête, jaune très pâle ou safran.

Les animaux de cette race sont utilisés en croisement. Ils sont rustiques, de grande taille et bien conformés à toison fermée.

La race ovine Boujaâd peuple les zones situées dans les provinces de Khouribga et de Beni-Mellal. Elle s’étend sur l’aire géographique des plateaux phosphatiers, Oued Zem et Boujaâd, d’où elle tire son nom. L’effectif de la race était d’environ 230.000 têtes.

Concernant la race Sardi, elle occupe une place très spéciale dans l’élevage ovin au Maroc. Notamment apprécié à l’échelle nationale, le mâle est le plus recherché par les Marocains pour la fête de l’Aïd.

Cette race se rencontre essentiellement au niveau des provinces de Settat et Kelaâ des Sraghnas, avec une aire géographique qui s’étend sur le plateau de Béni-Meskine ou des Sraghnas et Rhamna. L’effectif de la race est de plus de 2 millions de têtes.

Enfin, la race Timahdite est celle du Moyen-Atlas et des régions avoisinantes. Elle est réputée pour sa bonne conformation, sa facilité d’engraissement, son rendement en carcasse et son adaptation à son environnement. Par ailleurs, elle est très utilisée pour le croisement industriel.

Son berceau s’étend dans le Moyen-Atlas et les régions avoisinantes. Elle représente un effectif d’environ 1,5 million de brebis.

Ci-dessous, la distribution géographique des races ovines au Maroc.

Source : ANOC

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