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Gazoduc Nigeria-Maroc : le détail du tracé de la partie marocaine

Baptisé la Dorsale Atlantique, le tronçon marocain du Gazoduc Nigeria-Maroc atteindra une longueur de 1.672 km, sans compter le GME existant. Ce tronçon sera réalisé en six phases, dont la première reliera le GME à Kénitra. Détails.

Gazoduc Nigeria-Maroc : le détail du tracé de la partie marocaine

Le 23 juin 2022 à 15h47

Modifié 23 juin 2022 à 18h07

Baptisé la Dorsale Atlantique, le tronçon marocain du Gazoduc Nigeria-Maroc atteindra une longueur de 1.672 km, sans compter le GME existant. Ce tronçon sera réalisé en six phases, dont la première reliera le GME à Kénitra. Détails.

« La partie marocaine du gazoduc Nigeria-Maroc a été baptisée la Dorsale Atlantique. Elle va constituer, comme son nom l’indique, la colonne vertébrale de l’infrastructure gazière à développer au Maroc. » C’est ce qu’a déclaré Imane Mansouri, représentante de l’ONHYM à la conférence organisée par l’Agence nationale de régulation de l’électricité (ANRE), à l’occasion du deuxième MEDREG Presidents’ Workshop.

Intervenant pour dresser un tableau de la transition énergétique dans la région méditerranéenne, la représentante de l’ONHYM a fait un focus sur le gaz naturel et les produits qui lui sont reliés, notamment le gazoduc Nigeria-Maroc.

Si le projet du tracé continental – à travers 13 pays – était plus ou moins connu, on découvre le détail du tracé de la partie marocaine du gazoduc.

1.672 km de pipelines

D’après la présentation, la Dorsale Atlantique, d’une longueur de 1.672 km, va relier le gazoduc GME à la région de Dakhla, point de chute et d’arrivée du gazoduc Nigeria-Maroc.

La Dorsale Atlantique sera réalisée en plusieurs phases :

Tronçon Longueur  Extrémité 1 / Extrémité 2
Phase 1 85 km GME / Kénitra
Phase 2 178 km Kénitra / Berrechid
Phase 3 89 km Berrechid / Jorf Lasfar
Phase 4 132 km Jorf Lasfar / Safi
Phase 5 245 km Safi / Agadir
Phase 6 943 km Agadir / Dakhla

« Chaque phase vise à connecter une région industrielle fortement consommatrice du gaz naturel », indique Imane Mansouri.

« La première phase concerne la région de Kénitra, qui est actuellement alimentée à partir de la production locale, mais la demande y est tellement importante qu’avoir une alimentation supplémentaire en gaz naturel est un plus qui permet aussi de décarboniser les industries existantes », précise-t-elle.

Des réserves de 5.400 BCM

« Le gazoduc Nigeria-Maroc est un projet a fort impact qui va toucher une population de 340 millions de personnes. Il va traverser 13 pays et permettra de connecter trois pays supplémentaires : le Mali, le Burkina Faso et le Niger », ajoute l’intervenante.

Les réserves de gaz prouvées, connectées au gazoduc, sont de l’ordre de 5.400 BCM, dont les fournisseurs principaux sont le Nigeria, la Mauritanie, le Sénégal, le Ghana, la Côte d’Ivoire.

« Les marchés cibles sont l’Europe, l’Afrique de l’Ouest et le Maroc. L’UE sera privilégiée comme marché initial. Une fois le projet lancé, il va stimuler la demande du marché ouest-africain », précise Imane Mansouri.

Un projet bien en marche

Ce projet, qui semblait pour certains pharaonique et irréaliste, n’a jamais été aussi proche de la concrétisation. En témoigne l’avancement sur les volets techniques, mais aussi la mobilisation politique du Maroc et du Nigeria.

Car au-delà de sa dimension purement énergétique, il est montré comme un modèle de ce que pourrait être une intégration économique africaine réussie.

Depuis Rabat, le 20 juin, le président du Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA) Uche Orgi a déclaré au micro de Médias24 que « ce rêve (gazoduc, ndlr), qui est en train de devenir progressivement une réalité, est un excellent exemple de ce que les pays africains doivent accomplir ensemble pour préparer un avenir meilleur à leurs populations ».

Plus récemment, dans une interview accordée à Bloomberg, le président nigérian a invité le Royaume-Uni et les pays de l’UE à investir dans le projet de gazoduc « pour acheminer le gaz nigérian – les plus grandes réserves d’Afrique – via le Maroc, jusqu’en Europe ».

Muhammadu Buhari a exprimé l’espoir que, une fois achevé, le projet de gazoduc Maroc-Nigeria aiderait à résoudre la crise de l’approvisionnement en gaz en Europe. Il a aussi rappelé que la Compagnie pétrolière nationale nigériane (NNPC) avait conclu (début juin), en un temps record, un accord avec la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour la construction dudit gazoduc.

En résumé, le gazoduc Nigeria-Maroc permettra de :

    • accélérer l’électrification et le développement énergétique des pays traversés par le gazoduc ;
    • favoriser l’intégration économique régionale ;
    • promouvoir le commerce et le développement dans l’intérêt mutuel des pays ;
    • réduire le « Torchage » du gaz et diversifier les sources d’énergie ;
    • contribuer à la lutte contre la désertification en utilisant le gaz comme forme d’énergie fiable et durable ;
    • créer la richesse et réduire la pauvreté en ouvrant des opportunités de croissance économique ;
    • exporter du gaz vers l’Europe.

 

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