Nador West Med envisagé comme base arrière de la regazéification du GNL
Invitée des Régionales de l’investissement à Nador, Leila Benali a évoqué les grandes lignes et les orientations de la réforme du secteur de l’énergie qu’elle essaye de mettre en place.
Compte tenu des importantes capacités de stockage d’hydrocarbures prévues au niveau du futur port Nador West Med, la ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali, a affirmé ne pouvoir que penser à cette plateforme comme base arrière de la regazéification du gaz naturel liquéfié (GNL) au Maroc.
Elle a par ailleurs rappelé toute l’importance du gaz naturel dans la stratégie énergétique du Royaume, à l’occasion de sa participation à l’étape Nador des Régionales de l’investissement, organisées par la Banque populaire.
En effet, si la stratégie énergétique du Maroc fait la part belle aux énergies renouvelables, le gaz naturel permettra de pallier à l’intermittence qui en résulte. "Le gaz est un élément phare de la transition énergétique", a déclaré Leila Benali.
Produire de l’électricité à partir du gaz naturel permettra également d’améliorer l’efficacité énergétique à la production et de donner ainsi plus de compétitivité aux entreprises marocaines.
Enfin, le gaz naturel est considéré comme un élément d’intégration régional, notamment avec l’Afrique de l’Ouest, à l’image du projet du gazoduc Nigéria-Maroc.
La réforme du secteur électrique
A la question de l’ambition affichée par le Nouveau Modèle de développement de réduire le coût du kWh, afin de contribuer à la compétitivité de l’industrie marocaine, la ministre a considéré qu’il s’agissait d’une condition cruciale pour le Maroc pour pouvoir décoller économiquement et réaliser des taux de croissance plus forts.
Elle a expliqué que la réforme qu’elle voulait mettre en place se basait sur le triptyque "durabilité, flexibilité et compétitivité", mais qu’il fallait, avant tout, s’assurer de mettre en place une meilleure gouvernance, avec notamment plus de transparence sur les coûts de production, raison pour laquelle elle a insisté sur le principe de la séparation comptable.
D’autre part, les orientations de cette réforme visent à confier plus d’importance à l’investissement privé dans la génération de l’électricité. C’est la raison pour laquelle elle travaille à la mise en place d’un guichet unique, qui proposera des opportunités d’investissement autant dans le greenfield que dans le brownfield.
De l’autre côté, la mission de la distribution devra être assurée par les régions. La ministre réclame donc plus d’implication de la part des régions dans l’élaboration de cette réforme. Elle a expliqué qu’il y aura un cadre réglementaire unificateur au niveau national, mais flexible pour une personnalisation au niveau des régions, prenant en compte leur spécificités et donnant l’exemple des potentialités des régions telles que Drâa-Tafilalet ou l’Oriental.
Cette flexibilité souhaitée passe également par le développement des smart-grid et de l’autoproduction des énergies renouvelables. Le projet de loi n° 82-21 relatif à l’autoproduction de l’électricité que la ministre a présenté au Parlement y contribue.
Dans ce sens, elle a précisé qu’il n’y avait pas encore de limite à la réinjection de l’électricité dans le réseau, et que cela devait encore être concerté avec l’écosystème.
La ministre a également rappelé la réforme de la loi 13-09 relative aux énergies renouvelables qu’elle a engagée, faisant partie du cadre législatif qu’elle ambitionne de mettre en place dans le cadre de sa réforme qu’elle veut faire aboutir d’ici 2 à 3 ans.
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