Istiqlal. Miyara affiche son soutien à Ould Rachid et n'exclut pas d'être candidat
La crise au sein de l'Istiqlal, opposant Nizar Baraka à Hamdi Ould Rachid, n'est plus un secret. Après la grogne des parlementaires et leur soutien au secrétaire général, place à la riposte du président de la Chambre des conseillers pour afficher sa fidélité à l'homme fort de l'Istiqlal.
Invité de la Fondation Lafqui Titouani, le président de la deuxième chambre, Naam Miyara, également secrétaire général de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et membre de la commission exécutive du parti de l’Istiqlal, s’est exprimé longuement sur la crise interne que vit ce dernier, qu’il qualifie de 'Hirak'.
Cette crise, qui a éclaté depuis la réunion de la commission exécutive à Harhoura le 26 mai dernier, oppose le camp du secrétaire général, Nizar Baraka, à celui de Hamdi Ould Rachid, l’homme fort de l’Istiqlal qui tient d’une main de fer le comité exécutif du parti.
Au cours de cet échange à la Fondation Lafqui Titouani, Miyara a assumé son soutien et sa proximité avec Hamdi Ould Rachid, d'ailleurs présent aux premières loges, qu’il a qualifié "de cousin et de père".
Lire notre article sur le duel à la tête de l’istiqlal entre Hamdi Ould Rachid et Nizar Baraka
Les institutions, c’est nous !
Interpellé par les journalistes au sujet de ce différend, Miyara n’a pas manqué de lancer des messages subliminaux, tout en faisant mine de préserver les apparences, celles d’une direction unie et soudée. En effet, toutes ses réponses tendaient à minimiser le rôle institutionnel du camp adverse au sein de l’Istiqlal, c’est-à-dire celui du secrétaire général et des parlementaires, au profit de celui de la commission exécutive et du conseil national.
« Pour que les gens comprennent bien le parti de l’Istiqlal, le secrétaire général n’est pas une institution au sein du parti, le secrétaire général fait partie de la commission exécutive. Point à la ligne. Le secrétaire général est un exécutant des décisions de la commission exécutive. Ces décisions sont prises par tous les membres de la commission, y compris le secrétaire général », rappelle Naam Miyara.
« Les institutions de l’Istiqlal, c'est ça. Les parlementaires ne sont pas une institution, les inspecteurs ne le sont pas non plus. Ceux qui ont le droit de s’exprimer à l’Istiqlal, ce sont le conseil national et la commission exécutive », insiste-t-il.
Contenir la grogne des parlementaires
Si Naam Miyara attaque les parlementaires, c’est qu’une majorité d’entre eux s’est alliée à Nizar Baraka dans ce bras de fer. Un groupe de 54 députés de la Chambre des représentants s’est exprimé dans un communiqué contre les amendements aux statuts du parti, proposés par la commission exécutive à l'issue de la retraite à Harhoura.
L’un des 27 amendements proposés par la commission exécutive lors cette réunion de Harhoura - celui qui a fait couler le plus d’encre - les concerne directement. Celui-ci les prive tout simplement de leurs sièges 'ès qualités' au sein du conseil national.
Miyara a tout d’abord nié que cet amendement les privait totalement de leurs sièges au conseil national, précisant qu’il s’agissait d’une réduction du nombre de parlementaires représentés 'ès qualités', et qu'il en serait de même pour d’autres corps, tels que les inspecteurs, les représentants des provinces, etc.
Il a nié toute intention de limiter l’influence des parlementaires au sein du conseil national, justifiant cette décision par la nécessité de réduire le nombre total de ses membres de 1.400 à 600 membres. « On ne peut plus prendre de décision avec 1.400 membres au conseil national », a-t-il déclaré.
« Je peux vous assurer que l’un des amendements proposés prévoit une institution plus importante que le conseil national pour les parlementaires », a-t-il ajouté.
Naam Miyara tend-il une embuscade à Nizar Baraka ?
« Celui qui combat les membres de la commission exécutive combat le parti de l’Istiqlal. Les vrais Istiqlaliens ont le prochain congrès pour choisir leur direction. Ceux qu’ils n’aiment pas, ils ne vont pas les choisir », assène Naam Miyara. La menace est à peine voilée contre l’actuel secrétaire général et ministre de l’Equipement et de l’eau, Nizar Baraka.
En réponse à la question d’une journaliste, il déclare ne pas fermer la porte à une candidature de dernière minute au poste de secrétaire général lors du prochain congrès, même s’il dit ne pas y penser « pour l’instant ».
S'exprimant au nom de la direction du parti (comprendre la commission exécutive et le camp de Hamid Ould Rachid), il a tout de même indiqué que Nizar Baraka avait toujours leur soutien pour rester à la tête du parti, rappelant que pendant les cinq dernières années, il n’y avait eu aucun différend avec lui.
La formation du gouvernement a été le point de bascule
Malgré le fait que Naam Miyara tenait, tant bien que mal, à préserver une certaine image d’unité du parti, son récit de la tension qui a régné lors de la formation du gouvernement montre que cet épisode aurait pu constituer le point de bascule dans la relation entre les deux camps.
Même s’il a pu obtenir un poste aussi prestigieux que celui de président de la chambre haute, il avoue que les résultats des négociations menées par Nizar Baraka pour la formation du gouvernement ont été mal vécues par la direction du parti. Il qualifie cet épisode de « conflit », un lapsus révélateur, avant de rectifier en parlant de « vrai dialogue ».
« Il y en avait qui étaient satisfaits, il y en avait qui étaient en colère, mais personne n’est sorti contester. Ce genre d’étapes pouvait coûter leur place aux secrétaires généraux par le passé. »
« Tous les Istiqlaliens se sont conformés aux résultats des négociations du secrétaire général. Il faut féliciter la direction du parti, parce que dans d’autres partis, cela aurait créé des séismes, pas seulement des différends », signale-t-il.
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