img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Mines

Secteur minier. Après une année 2025 record, 2026 s'annonce déjà comme un cru très prometteur

2025 restera comme un millésime d'exception pour les mines marocaines. Cours au plus haut, volumes en hausse, nouveaux projets en maturation... Le secteur profite pleinement d'un cycle mondial porteur. Et 2026 s'annonce tout aussi favorable, sous l'effet de plusieurs signes.

Secteur minier. Après une année 2025 record, 2026 s'annonce déjà comme un cru très prometteur
Par
Le 23 avril 2026 à 18h17 | Modifié 23 avril 2026 à 18h59

La production minière marocaine a largement profité de l'année 2025 et devrait potentiellement continuer à en tirer profit en 2026, dans un contexte mondial de plus en plus porteur.

Tirant parti de la hausse des cours, les principales mines du Maroc, hors du secteur des phosphates, ont globalement augmenté leurs volumes de production face à cette conjoncture favorable.

Auparavant, l'écart entre l'industrie des phosphates et les autres filières minières semblait impossible à combler. Toutefois, la forte demande industrielle, portée notamment par les nouvelles technologies de pointe et surtout par la transition énergétique, devrait le réduire plus rapidement qu'on ne le pense.

L'argent : une production nationale portée à 330 tonnes

Le Maroc, premier producteur africain d'argent, a augmenté sa production annuelle grâce à la finalisation de l'extension de la mine de Zgounder et à l'entrée en production de la mine de Tizert. La production nationale s'est ainsi établie à 330 tonnes d'argent.

En tête du classement, le groupe Managem a confirmé sa position de producteur historique d'argent au Maroc, avec une production atteignant 151 t.

En deuxième position, Aya a enregistré une production totale d'environ 5 millions d'onces, provenant principalement de sa mine d'argent de Zgounder (4,8 millions d'onces), ainsi que de l'écoulement des stocks historiques de son projet minier de Boumadine. Pour la première fois, la mine de Zgounder a dépassé celle d'Imiter, qui portait jusqu'alors la production nationale d'argent (126 t).

Outre ces deux grands acteurs, d'autres producteurs contribuent, de manière plus modeste, à la production nationale : c'est le cas de la mine de Tighza, qui produit des concentrés enrichis en argent. En 2025, le groupe CMT y a enregistré une production de 29,4 t.

Côté marché, le cours de l'argent a connu une flambée historique en 2025, atteignant un seuil inédit de 115 dollars l’once. Même si les cours se sont repliés après la guerre au Moyen-Orient, ils se maintiennent au-dessus de 70 dollars l'once, traduisant une dynamique toujours favorable aux producteurs d'argent.

Grâce à la mine de Tizert, la production nationale de cuivre monte en puissance 

Métal stratégique et véritable nerf de l'industrie électrique, le cuivre devrait voir sa production nationale se renforcer considérablement. À elle seule, la mine de Tizert permettrait de doubler la production marocaine une fois sa pleine capacité atteinte.

La production de concentré de cuivre du groupe Managem est passée de 92.612 t à 110.721 t, enregistrant ainsi une progression de 19,6%. L'entrée en lice du gisement de Tizert a non seulement dopé ces volumes, mais a également permis de compenser la production de la mine d'Oumejrane, précédemment cédée à Purple Hedge (devenu le groupe Ayrad).

En 2026, la persistance du blocus du détroit d'Ormuz et ses répercussions sur la disponibilité des intrants destinés à la fabrication d'engrais, en particulier le soufre, pourraient influer indirectement sur le cours du cuivre. Potentiellement, la pression devrait s'accentuer sur le grillage des minerais sulfurés, dont le cuivre, afin d'assurer la récupération de l'acide sulfurique. Si elle se prolonge, cette dynamique pourrait accroître le cuivre disponible sur les marchés des métaux et, par ricochet, peser à la baisse sur les prix du cuivre.

Bien que ses impacts perdurent, la crise d'Ormuz n'est toutefois pas le seul facteur à considérer, puisque la demande mondiale, tirée par la transition énergétique, devrait connaître dans les prochaines années une progression que la production actuelle ne sera pas en mesure de satisfaire.

Autre métal clé de la transition énergétique, le cobalt est également produit au Maroc, en quantités plus modestes, sur le site de Bou Azzer, unique gisement cobaltifère du pays. En 2025, le groupe Managem a stratégiquement choisi de réduire de plus de moitié sa production, en dépit d'un redressement des cours après plusieurs années d'effondrement des prix. Cette orientation structurelle prend tout son sens avec l'entrée en production prochaine de son usine de sulfate de cobalt, qui permettra de valoriser le minerai et de fournir, pour la première fois localement, un produit cobaltifère certifié, directement utilisable par l'industrie automobile.

Plomb et zinc : des trajectoires de cours contrastées

Le Maroc est historiquement un pays producteur de plomb et de zinc. En 2026, les cours de ces deux métaux évoluent toutefois de manière différenciée. Le plomb se négocie autour de 1.900 dollars la tonne, dans un marché relativement stable soutenu par la demande du secteur des batteries. Le zinc, en revanche, poursuit son ascension amorcée au second semestre 2025, atteignant environ 3.400 dollars la tonne – un niveau qu'il n'avait plus approché depuis le début du conflit russo-ukrainien en 2022. Cette dynamique est portée par des tensions régionales sur l'offre, en particulier en Europe et aux États-Unis.

La production de zinc et de plomb du groupe Managem provient du complexe minier polymétallique de Drâa Sfar ; elle devrait toutefois se réduire progressivement, la durée de vie de cette mine n'excédant pas cinq ans.

Depuis la mine de Tighza, près de M'rirt, le groupe CMT a produit en 2025 28.305 t de concentrés de plomb et de zinc.

De son côté, la CADETAF, qui commercialise la production des mineurs artisanaux des régions du Tafilalet et de Figuig, a écoulé 8.240 t de zinc et 8.630 t de plomb.

Trois grands projets miniers en cours de maturation

À ce jour, trois projets miniers d'envergure se précisent. Dans la région d'Errachidia, le projet de Boumadine, par Aya Gold and Silver, devrait entrer en production à l'horizon 2030. Il permettra de produire des concentrés d'argent et d'or, avec une capacité estimée à 5 millions d'onces d'argent par an. La construction d'une fonderie, actuellement en cours de négociation, ouvrirait la voie à une production locale d'or et d'argent natifs.

En second lieu, la mine de cuivre de Bouskour, près de Ouarzazate, devrait redémarrer à l'horizon 2029, après avoir été fermée en 1977 à la suite de l'effondrement des cours du cuivre.

Dans le cadre de son programme stratégique 2025-2030, Managem développe un projet de mine de graphite qui marquerait la première production de ce minerai au Maroc. La capacité visée se situe entre 100.000 t et 250.000 t par an ; le projet fait actuellement l'objet d'une certification de ressources, en vue d'un démarrage en 2030.

Toutefois, deux ressources minières demeurent à ce jour non exploitées : la potasse et l'étain. Le prix de ce dernier ne cesse de progresser, porté par la diversité de ses usages industriels. Son cours actuel avoisine 50.000 dollars la tonne, contre moins de 40.000 dollars en 2025, moins de 35.000 dollars en 2024 et moins de 30.000 dollars en 2023. Le projet de la mine d'Achmmach est désormais entre les mains d'un groupe minier chinois spécialisé dans ce type de métaux non ferreux.

Enfin, une réforme importante de la loi minière attend encore son adoption finale. Une fois promulguée, elle permettra de mieux arrimer l'industrie à la production nationale, en ouvrant la voie à des projets de valorisation minière sans obligation de détenir une licence d'exploitation, un segment encore peu développé au Maroc.

À cela s’ajoute l'établissement d'un texte fixant périodiquement la liste des minerais critiques, qui autorisera la réservation d'une partie, voire de la totalité, de la production minière à l'industrie nationale, au lieu de l'exporter sous forme brute. Une mesure qui s'apparente, dans ses effets, à la constitution de réserves stratégiques.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 23 avril 2026 à 18h17

à lire aussi

Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)
CULTURE

Article : Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)

Porté par la Fondation nationale des musées, le futur musée du continent africain a franchi une étape décisive. Le président Mehdi Qotbi nous annonce que le plus grand complexe muséal d'Afrique, dont les travaux de gros œuvre ont dépassé 85%, entre dans sa phase finale avant une ouverture au public lors du dernier trimestre 2027.

Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier
Quoi de neuf

Article : Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier

Selon une information révélée par Le Parisien, Hatim B., un Marocain de 32 ans qui effectuait des travaux de jardinage chez Jany Le Pen, veuve de Jean-Marie Le Pen, a été expulsé le jeudi 23 avril vers le Maroc. En situation irrégulière en France depuis 2017, il faisait l’objet d’une mesure d’éloignement décidée par le préfet des Hauts-de-Seine.

Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie
NATION

Article : Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie

Annoncée par le département d’État, la tournée de Christopher Landau, du 27 avril au 1er mai, intervient dans un contexte marqué par l’implication croissante de Washington dans le suivi du dossier du Sahara et de ses prolongements onusiens.

Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)
ECONOMIE

Article : Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)

Le scrutin du 21 mai pour le renouvellement du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables met en concurrence 41 candidats pour 11 sièges. Parmi eux, se dégagent des profils issus de grands cabinets internationaux, comme EY, Deloitte, Mazars, BDO, KPMG ou Grant Thornton, des figures expérimentées déjà présentes dans les instances de l’Ordre et des profils plus récents, illustrant les équilibres internes de la profession.

Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat
Quoi de neuf

Article : Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat

À Rabat, le ministère de la Solidarité a lancé la cellule centrale de prise en charge des femmes victimes de violence, chargée de renforcer la coordination institutionnelle, de superviser les structures territoriales et d'améliorer l’accompagnement juridique, psychologique et social des victimes.

Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH

La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 24 avril 2026 en baisse, avec un MASI en recul de 1,69% à 18.815,18 points. Les échanges ont atteint 667,11 MDH, dominés par Managem, Minière Touissit et Attijariwafa bank.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité