Lecture de la cherté de la tomate par “Maan”
La hausse du prix de la tomate au Maroc a fait l'objet d'un récent rapport établi par le mouvement politique "Maan". Les causes de la cherté seraient d'ordre structurel, avec des justifications conjoncturelles. Détails.
A l'instar d'autres denrées alimentaires, la tomate n'a pas échappé cette année à la tendance haussière des prix à la consommation. Ainsi, en avril dernier dans certains quartiers comme Beauséjour (Casablanca), le citoyen se trouvait contraint d'acheter au détail un kilo de tomates entre 11 et 13 DH.
Le mouvement Maan revient, dans un récent rapport, sur les causes à l'origine de la hausse du prix de ce produit indispensable aux ménages marocains. Pour ce mouvement, il est question d'une crise structurelle aux justifications conjoncturelles.
La structure de la production
La premier problème qui affecte la production a trait au dérèglement climatique, qui induit entre autres la hausse des températures durant les mois d'octobre et de novembre, ainsi que leur baisse en mars et avril.
En effet, d'après le rapport précité, la culture de la tomate au Maroc se fait généralement en dehors des cycles naturels. Ainsi, les producteurs plantent et sèment durant les mois de juillet et août, dans le but de récolter lors de la période allant du mois de novembre à avril.
Ce mode de production, qui a lieu majoritairement sous serre traditionnelle, exige une surveillance et des soins particuliers, ainsi qu'un contrôle de la température rendu particulièrement difficile par le changement climatique, explique Maan. Cette situation a conduit à la contraction de la production nationale, poursuit la même source.
L'autre problème qui se pose concerne les semences, la fertilisation, les traitements et tous les facteurs nécessaires au processus de production. Comme d'autres biens et services, ces produits ont été touchés par la vague inflationniste, rendant impossible le maintien de la structure de prix des années précédentes.
Ces intrants sont soumis à la TVA, explique Maan, et ne figurent pas parmi les produits exonérés, bien que le produit final (tomate) ne soit pas soumis à ladite taxe. A ce titre, l'impact de la TVA seule peut s'élever à 50.000 DH par hectare.
La structure de la commercialisation
La multiplicité des intermédiaires dans le circuit de commercialisation, sans parler des conditions de transport, de conditionnement et de stockage, ainsi que la vétusté de la structure des marchés de gros, impactent les prix des tomates sur le marché national.
Par ailleurs, la décision prise par le gouvernement, concernant l'interdiction de l'export afin de préserver l'offre locale, n'a laissé d'autre choix aux agriculteurs que de couvrir le manque à gagner sur le marché extérieur par l'augmentation des prix de vente sur le marché local, estime Maan. Ce dernier n'a pas manqué de critiquer la politique d'exportation du Royaume qui, pour Maan, pâtit de l'absence d'une vision claire et long-termiste.
Une analyse qui peut être transposée au reste des produits agricoles
D'après le mouvement politique, l'analyse des filières de production et de commercialisation de la tomate marocaine révèle des problèmes structurels qui peuvent être aisément transposés au reste des produits agricoles. Les lacunes structurelles susmentionnées sont ainsi à disséminer à tous les échelons de la chaîne de valeur.
Le salut de la filière de la tomate en particulier, et du secteur agricole marocain en général, repose par conséquent sur l'adoption d'une approche participative impliquant tous les acteurs qui contribuent effectivement à la création de la valeur holistique. Une valeur qui doit intégrer les impératifs du développement durable et les dimensions locales comme internationales, et qui doit enfin se débarrasser des vices de l'intérêt particulier et de toute logique de rente, conclut le rapport.
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