Mobiblanc s’allie à Skaleet pour lancer de nouveaux produits fintech
Mobiblanc vient d’annoncer un partenariat avec le Français Skaleet pour accompagner les banques dans le développement de solutions innovantes de digital banking et de porte-monnaie mobile. Mohamed Benboubker nous en détaille les grandes lignes.
Mobiblanc, une entreprise marocaine de services du numérique, s’allie avec Skaleet, fintech française dont l’activité est internationale. Skaleet a levé 28 millions d’euros en 2021 et 2022 auprès du fonds d’investissement américain Long Arc Capital et de la Société Générale, grâce à sa « plateforme de core banking », c’est-à-dire un ensemble de softwares dédiés au secteur financier toutes catégories confondues. Cette plateforme est au cœur du partenariat avec Mobiblanc.
L’objectif de ce partenariat est d’accompagner les institutions financières pour proposer des packages de produits et services, principalement à travers des applications mobiles, selon une approche qui repose sur l’autonomie du client et l’agilité de l’institution financière.
Skaleet s’occupera de la personnalisation de ces solutions pour le compte des institutions financières dans un time-to-market très réduit, moyennant « un budget de conception et de mise en œuvre beaucoup moins coûteux et plus sûr que les solutions bancaires classiques », précise Mohamed Benboubker, cofondateur de Mobiblanc, qui jouera le rôle de l’intégration et de l’assistance technique.
« Plutôt que de consacrer du temps et de l’argent à la mise en place de plateformes numériques, les institutions financières pourront se consacrer à leur cœur de métier et proposer des services innovants à forte valeur ajoutée », ajoute-t-il. Le modèle d’affaires de Mobiblanc-Skaleet sera par la suite basé sur « la maintenance et l’exploitation pour faire tourner la technologie, moyennant un abonnement par nombre de clients actifs ».
« L’objectif de ce partenariat est de digitaliser entièrement les parcours clients, répondre aux besoins évolutifs du marché et lancer de nouveaux produits plus rapidement qu’avec les systèmes d’information actuels des banques. Par exemple, le client peut ouvrir un compte bancaire de A à Z sur le digital ou gérer une demande de crédit entièrement à distance », précise encore Mohamed Benboubker.
Les deux partenaires comptent étendre leurs services sur toute l’Afrique. « Skaleet travaille actuellement avec une vingtaine d’institutions financières en Afrique. Le continent représente par ailleurs 65% des revenus globaux de l’entreprise, et la fintech y compte plus de 8 millions d’utilisateurs. La demande en infrastructures numériques est de plus en plus manifeste », constate notre interlocuteur.
S’agissant du chiffre d’affaires escompté, « ce secteur est relativement jeune et émergent, il est donc difficile d’en quantifier le véritable potentiel. Cela étant, nous sommes très confiants vis-à-vis de notre marché », affirme sans hésitation notre interlocuteur.
Une nouvelle révolution du mobile-banking
Le mobile-banking a révolutionné les économies de plusieurs pays africains – certains plus que d’autres –, ce qui augmente le nombre d’utilisateurs de moyens de paiement électronique.
Selon Mohamed Benboubker, « le premier niveau de cette révolution concerne des opérations comme la consultation de solde, le paiement de factures ou les services basiques ». Au lendemain de la crise sanitaire, l’adoption pressante du numérique par les populations a incité les entreprises, tous secteurs confondus, à s’adapter et à opérer une mue digitale sur l’ensemble du parcours client. Les institutions financières ne font pas exception.
En effet, avec la distanciation sociale, l’usage indispensable et croissant du numérique a transformé les relations avec les clients. Cette brèche a ouvert des perspectives croissantes auprès des institutions financières en matière de proposition de nouveaux services et de relation client. Toutefois, elles font face à plusieurs limites.
Alors que certaines banques africaines comprennent la nécessité d’être présentes sur le digital, d’autres hésitent, résistent au changement et poursuivent leurs activités selon le modèle traditionnel. « Notre rôle se situe également dans la sensibilisation aux avantages du numérique et le management du changement. Être passif sur les innovations numériques entraînera à terme une perte de clientèle et de vitesse à tous les niveaux », croit savoir le cofondateur de Mobiblanc.
Dernier point : « Les systèmes d’information et softwares des institutions financières étant anciens, verrouillés et lourds, elles ne peuvent pas toujours être réactives, ni proposer de nouvelles expériences ou de nouveaux produits et services. Les solutions que nous proposons apporteront plus d’agilité aux banques, ainsi que la réactivité dont les clients ont besoin. »
Au final, le début d'une aventure.
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