OPCVM : un mouvement de rachat est observé face à l’incertitude

M.Ett | Le 25/5/2022 à 17:51
Les investisseurs en OPCVM qui étaient en phase d’attentisme ont décidé de réagir en effectuant des rachats, d’après un gérant de fonds de la place qui table sur une poursuite de la tendance actuelle. Par ailleurs, une réallocation vers les Obligations court terme est observée.

L’évolution récente du marché des OPCVM traduit une tension portant sur ses différents compartiments, notamment l’Action et l’Obligataire long terme.

Au moment où le marché Actions dégringole, les taux obligataires continuent d’augmenter. Dans cette situation, il s’avère difficile d’arbitrer entre ces deux marchés.

Ainsi, l’actif net total sous géré par les OPCVM est descendu à 591,5 milliards de DH au 20 mai 2022, d’après les données diffusées par l’ASFIM, contre 592,9 MMDH au 31 décembre 2021, soit une baisse de 1,3 KDH (-0,22%).

Les OPCVM Obligations Moyen et long terme (OMLT) dégagent la baisse la plus importante depuis début 2022. Cette catégorie d’actifs a lâché 8,52% pour descendre à 297,3 MMDH contre 325 MMDH pendant la période retenue. Pour leur part, les OPCVM Actions ont cédé 7,26% à 44,3 MMDH contre 47,7 MMDH.

Les autres catégories d’OPCVM affichent des évolutions positives. Les OPCVM Obligations court terme (OCT) et Monétaires affichent une hausse respective de 27% à 95,6 MMDH et de 7% à 86,7 MMDH.

L’action et l’Obligataire sont sous pression

Joint par LeBoursier, un gérant de fonds de la place nous indique : « il a de l’inquiétude sur le marché. Il y a de la panique surtout sur deux compartiments, à savoir l’Action et l’Obligataire. Ces deux compartiments affichent des signaux négatifs. Il y a la partie monétaire qui est trop serrée, dans un contexte de forte inflation. Cette dernière commence à dépasser les prévisions annuelles de la Banque centrale. Certainement, l’inflation globale annuelle va être revue à la hausse. En même temps, le budget est sous pression. Depuis le mois d’avril, on assiste à des soumissions très faibles. Le Trésor n’arrive même pas à combler les besoins de la séance. On est donc dans une situation assez compliquée ».

« Ce contexte s’est accompagné naturellement par des rachats accentués. L’OMLT a perdu jusqu’à présent 15 MMDH net suite à des rachats. En face, il n’y a pas d’acheteurs. C’est ce qui explique la correction des taux ».

«Si le Trésor ne diversifie pas ses sources de financement en continuant de s’appuyer sur le marché local, les taux poursuivront leur hausse », nous a-t-il indiqué dans un article précédent.

La partie Action n’est point épargnée de ce climat d’incertitude. D’ailleurs, en bourse, le MASI a lâché 7,2% depuis le début de cette année jusqu’à la clôture de la séance de ce mercredi 25 mai.

« La partie Action connaît, elle aussi, beaucoup d’incertitudes à cause du contexte économique global et des difficultés que peuvent avoir certains secteurs cotés. La découverte du nouveau virus empire la situation, comme si le tableau n’était pas assez noir. C’est pour dire que les facteurs de risque sont très pesants », continue-t-il.

Dans ce contexte, un mouvement de rachat général est observé. « Les investisseurs qui étaient en phase d’attentisme ont finalement décidé de réagir. Il y a même des lignes qui sont vendues à perte. C’est ce qui a engendré un mouvement de rachat. Celui-ci devrait se poursuivre».

Par ailleurs, la partie OCT continue de résister. Les rachats se font en grande partie sur l’Action et l’OMLT. « Il y a quelques investisseurs qui de se délester de leur placement long terme pour se diriger vers les actifs courts termes. Cette tendance traduit l’aversion faible au risque des investisseurs. Ils préfèrent alors se positionner sur les OCT. Cette catégorie d’OPCVM continuent de capter des actifs », nous indique notre interlocuteur.

>> Lire aussi : Le financement extérieur jugé indispensable pour juguler la hausse des taux domestiques (AGR)

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