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Art’gan Days : célébration d’un arbre aux multiples vertus

A l’occasion de la journée internationale de l’arganier, célébrée le 10 mai, la manifestation sociale et culturelle "Art’gan days" fête l’arganeraie et son écosystème, où la femme tient une place centrale. L’inauguration à Taghazout du centre "Targant" pour la production d’huile d’argan ambitionne d’améliorer les conditions de production et de préserver cet arbre ancestral.

Art’gan Days : célébration d’un arbre aux multiples vertus

Le 9 mai 2022 à 12h40

Modifié 9 mai 2022 à 15h11

A l’occasion de la journée internationale de l’arganier, célébrée le 10 mai, la manifestation sociale et culturelle "Art’gan days" fête l’arganeraie et son écosystème, où la femme tient une place centrale. L’inauguration à Taghazout du centre "Targant" pour la production d’huile d’argan ambitionne d’améliorer les conditions de production et de préserver cet arbre ancestral.

Depuis des siècles, l’arganier ponctue les paysages arides du sud-ouest marocain. Les chèvres raffolent de ses fruits et les femmes en tirent une huile unique au monde, l’huile d’argan.

Cet arbre joue un rôle essentiel pour l’équilibre écologique de la région et constitue un atout de poids dans le développement durable des zones rurales. Or, dès le milieu du XXe siècle, les forêts d’arganiers ont subi une régression estimée à 600 hectares par an.

Sa protection est devenue un enjeu international, après son intégration en décembre 1998 au réseau mondial des réserves de biosphère, soumis au programme sur l’homme et la biosphère (MAB) de l’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco).

Organisés à l’occasion de la journée internationale de l’arganier, célébrée mardi 10 mai, les "Art’gan days" témoignent de la nécessité d’atténuer la vulnérabilité des femmes de la région d’Agadir et de minimiser la pression sur la ressource.

D’une superficie de 1.000 m2, le centre Targant a été développé par la Société d’aménagement et de promotion de la station de Taghazout (SAPST). Future escale incontournable des circuits touristiques proposés dans la région, son coût est estimé à 30 MDH, dont les deux tiers ont été consacrés à la réalisation du premier musée de l’arganier au Maroc.

Les ateliers de production de l’argan et ses dérivés bénéficieront à 1.450 femmes adhérentes aux coopératives de la région, pour une production maximum de 500 litres/jour.

Valoriser un savoir faire ancestral 

La route nationale n°1 qui serpente entre les montagnes de l’arrière-pays de Taghazout mène à une bâtisse moderne cernée par les arganiers. Le fracas des pierres utilisées par les femmes pour dépulper les noix tombées de l’arbre dessine un processus de production harassant, dont le centre Targant ambitionne d’améliorer les conditions et la productivité par une extraction modernisée.

Pour un million de dirhams d’investissement, cette mécanisation de la production "permet également de conserver l’aspect traditionnel privilégié par les pays européens", assure Jamila Idbourouss, présidente de l’Union des coopératives des femmes pour la production et la commercialisation de l’huile d’argan (UCFA).

Une production qui commence en juillet par la collecte des fruits de l’arganier, avant son dépulpage après avoir séché sous le soleil jusqu’à la fin du mois d’août. Interviennent ensuite les étapes les plus fastidieuses et pénibles de la fabrication de l’huile d’argan : le concassage à l’aide d’un marteau et d’un pilon pour extraire les amandons.

Une fois récoltés, ces derniers sont triés puis torréfiés pour la fabrication d’huile alimentaire ou pressés pour un usage cosmétique. Ces amandons sont finalement écrasés à l’aide d’un moulin à bras, donnant naissance à une pâte visqueuse, malaxée et pétrie de longues heures après y avoir ajouté de l’eau.

C’est alors que l’huile commence à suinter et à s’évacuer du mélange. L’huile est filtrée à plusieurs reprises, afin de la purifier et de garder un liquide limpide.

Activité vivrière pour de nombreux ménages dans les zones rurales d’Agadir, la production d’huile d’argan "ne pourra jamais être entièrement industrialisée", assure Jamila Idbourouss, qui prend pour exemple l’étape du concassage des noix d’argan pour évacuer la crainte des pertes d’emplois.

Mais l’industrialisation et la modernisation de la fabrication d’huile d’argan ne pèsent pas lourd face à la menace que représente la disparition lente, mais certaine, des arganiers.

Un arbre résistant à la sécheresse mais sous pression 

Aujourd’hui, de l’arganeraie, ne subsistent que 20 millions d’arbres sur 830.000 ha, dont "75% dans les zones montagneuses", selon Lahcen Kenny, enseignant-chercheur à l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II (IAV) d’Agadir.

Résistant à la sécheresse et aux conditions climatiques extrêmes, l’arganier est menacé par le réchauffement climatique, les pâturages, les récoltes prématurées et l’urbanisation. Élément clé de la biodiversité, il forme également, avec les oasis, une ceinture naturelle contre l’avancée du désert.

"Nous sommes face à un défi énorme de protection, de conservation et de régénération artificielle", martèle Lahcen Kenny. D’autant que la pénurie d’eau dont souffre le pays augmente l’intérêt et la valeur de sa conservation.

"Si un kilogramme d’oranges demande 300 litres d’eau, un kilogramme de fruits d’argan n’en consomme que 30 ou 40", affirme notre interlocuteur. Une arganiculture basée sur des techniques modernes, comme le goutte-à-goutte pour augmenter la production à l’hectare, est une piste viable sur la durée.

La plantation de 10.000 ha de verger d’arganier dans le cadre du projet de développement de l’arganiculture dans les zones vulnérables (DARED) contribuera également à augmenter la productivité et à renforcer la résilience des communautés rurales.

Une volonté affichée tout au long des "Art’gan days", dont le prochain concours de concassage vaudra certainement le détour.

 

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