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Les langues et le numérique, points forts de la réforme pédagogique de Miraoui

La réforme pédagogique de l’enseignement supérieur en préparation privilégie notamment l’enseignement hybride, l’enseignement des soft skills, les compétences linguistiques, l’augmentation du taux d’encadrement des étudiants et l’innovation pédagogique.

Les langues et le numérique, points forts de la réforme pédagogique de Miraoui

Le 27 avril 2022 à 16h38

Modifié 27 avril 2022 à 16h38

La réforme pédagogique de l’enseignement supérieur en préparation privilégie notamment l’enseignement hybride, l’enseignement des soft skills, les compétences linguistiques, l’augmentation du taux d’encadrement des étudiants et l’innovation pédagogique.

A la suite d’une série de consultations avec les parties prenantes, qu’il a menées au sein de six régions, Abdellatif Miraoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, a dévoilé les grandes lignes qui se dégagent pour sa réforme du secteur sur le volet pédagogique.

Cette réforme a été officiellement dénommée "Plan national d’accélération de la transformation de l’écosystème de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation" (PACTESRI). Elle doit gagner l’adhésion de l’ensemble des acteurs et des partenaires concernés, avant d’être adoptée en juillet prochain afin d’être effective pour la rentrée universitaire 2023-2024. 

C’est la raison pour laquelle Abdellatif Miraoui a choisi, pour son élaboration, d’élargir les consultations au plus grand nombre de parties possible dans une logique de co-construction. D’ailleurs, depuis les travaux de la Commission spéciale pour le modèle de développement (CSMD), ce genre de processus de concertation est devenu la marque de fabrique des ministres anciennement membres de cette commission, à l’instar de son président Chakib Benmoussa.

Les objectifs pédagogiques

Comme pour la feuille de route de l’Education nationale, et en cohérence avec les orientations du Nouveau Modèle de développement (NMD), cette réforme est centrée sur les résultats. Pour chacun des diplômes du système licence, master et doctorat (LMD), un ensemble d’objectifs pédagogiques sont définis en tant que conditions à l’obtention du diplôme.

Ainsi, le PACTESRI vise à faire des licenciés des citoyens responsables et indépendants, possédant les compétences techniques, linguistiques et comportementales à même de les aider à s’adapter aux mutations du marché du travail.

Quant aux titulaires de masters, il s’agit d’en faire des experts dans leurs domaines respectifs, aptes à faire preuve de sens critique et à développer l’esprit d’innovation nécessaires au renforcement de la compétitivité du tissu productif national.

Pour le doctorat, l’objectif est de faire émerger une nouvelle génération de doctorants et d’enseignants-chercheurs sur la base des normes internationales, et engagés à répondre aux priorités nationales.

Les compétences linguistiques

La réforme prévoit que 20% à 30% des compétences acquises lors du cursus universitaire doivent être des compétences linguistiques, numériques et de citoyenneté. Mais le plus important, c’est que ces niveaux de compétences deviennent une condition pour obtenir le diplôme.

Pour la licence, la réforme, prévoit pour les deux premières années de licence, d’augmenter le taux d’encadrement des étudiants et d’encourager l’enseignement des modules de spécialités en anglais. En troisième année, un module professionnalisant sera intégré. Il sera co-développé par des filières économiques pour leur besoin, en plus d’un stage de trois mois.

L’étudiant passera un examen à l’entrée pour connaître son niveau. Sur cette base, il poursuivra des cours en mode hybride durant tout son parcours de licence. Il ne pourra décrocher son diplôme que s’il atteint le niveau B1 en anglais et le niveau B2 dans la langue d’enseignement.

Pour le master, il sera question d’encourager l’enseignement en anglais de modules techniques. L’étudiant ne pourra décrocher son diplôme que s’il dispose d’un niveau C1 en anglais et d’un niveau C2 dans la langue d’enseignement principale. Pour le doctorat, la barre est encore plus haute, puisqu’il est demandé d’avoir les certificats du DALF (Diplôme approfondi de langue française) et du TOEIC (Test of English for International Communication) à l’obtention du diplôme.

En plus des cours en présentiel, des accès à des plateformes digitales internationales de formation aux langues étrangères seront octroyées aux étudiants.

Les compétences numériques

Les compétences numériques ont également une place de choix dans cette architecture pédagogique. Elles feront également l’objet de formations et de certificats à obtenir comme condition de l’obtention du diplôme.

Ainsi, les licenciés devront décrocher des certificats de maîtrise des applications de bureautique (Microsoft). Ils devront également acquérir des notions de codage. Les étudiants en master, eux, devront se former notamment au marketing digital et à la cybersécurité.

Par ailleurs, le ministre a dévoilé un nouveau concept d’écoles de codage. Celles-ci vont être implémentées au sein des universités sur le modèle réussi de l’école 1337, développée par l’OCP. Elles seront accessibles à tous les étudiants, toutes disciplines confondues et à tout moment. Elles porteront le nom de "Code 212" (en référence à l’indicatif téléphonique du Maroc).

La citoyenneté et les soft-skills

Le ministre a par ailleurs insisté sur l’importance des soft-skills dans la réforme pédagogique. Pour l’étudiant, il s’agit d’acquérir les compétences sociales, professionnelles et entrepreneuriales qui lui faciliteront l’insertion professionnelle par la suite.

Comme recommandé par le Nouveau Modèle de développement, la réforme insiste aussi sur la formation à la citoyenneté et aux valeurs marocaines. Le but n’est effectivement pas de former simplement des professionnels compétents, mais également des citoyens responsables.

Abdellatif Miraoui a également incité les présidents des universités à encourager les activités para-universitaires, notamment en soutenant les clubs universitaires qui animent la vie estudiantine dans les domaines de la culture, de l’entrepreneuriat, des langues, etc. 

Les Career centers, ces bureaux de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétence (ANAPEC) qui se multiplient au sein des universités, devront eux aussi jouer un rôle dans ce sens, tout comme les incubateurs universitaires qui sont voués à se développer et à se généraliser.

Un modèle plus flexible

Des méthodes pédagogiques innovantes seront introduites, comme l’apprentissage par projet ou les cours inversés. Abdellatif Miraoui promet une université 4.0, un thème qui lui est cher.

Pendant la crise du Covid-19, l’université marocaine a été initiée à la formation hybride, mixant le présentiel et le distanciel. Le PACTESRI compte capitaliser sur ces acquis pour installer durablement une offre de formation à distance, disponible pour tous les étudiants.

L’étudiant pourra ainsi, en plus de ses cours à la faculté, suivre des cours sur une plateforme digitale conçue spécialement dans ce but. Il pourra y avoir accès à des vidéos, documents PDF, exercices corrigés, QCM, travaux pratiques, études de cas, etc.

Plus de 100 cours pour les semestres 1, 2 et 3 seront disponibles dès la rentrée 2023. Des formations certifiantes dans différents domaines, notamment dans le domaine du numérique, seront également disponibles.

Le PACTESRI privilégie également plus de flexibilité dans le cursus universitaire de l’étudiant, en promouvant les passerelles entre les instituts à accès ouvert et ceux à accès limité, notamment après le DEUG, mais aussi les passerelles entre les différentes disciplines.

D’autre part, Abdellatif Miraoui ambitionne de porter le nombre des étudiants qui profitent d’une mobilité internationale de 1.500 actuellement à 15.000. Il compte par ailleurs développer la mobilité au niveau national en commençant dès cette année avec 1.000 étudiants. L’étudiant pourra également transférer ses crédits acquis entre les universités et les disciplines.

Un cadre légal à réformer

L’implémentation de cette réforme devra passer par la révision de la loi 00-01 portant sur l’enseignement supérieur, et l’accélération de la promulgation des décrets d’application de la loi-cadre.

Pour répondre à ces besoins, le statut des enseignants-chercheurs devra être revu afin de rendre le métier plus valorisant et attrayant pour les jeunes. Ce nouveau statut devra réglementer l’ensemble de leurs interactions avec les universités, les institutions de propriété intellectuelle et les acteurs socio-économiques.

Par ailleurs, le ministre a promis de porter le taux d’encadrement dans les universités à un professeur pour 50 étudiants en 2025, alors qu’il est actuellement de 1 pour 68. Pour cela, il promet d’atteindre le chiffre de 2.000 nouveaux recrutements d’enseignants-chercheurs par an, contre 700 auparavant.

Le PACTESRI prévoit également de revoir le statut des fonctionnaires administratifs pour le rendre plus motivant, et d’établir un statut de l’étudiant pour répondre aux différents besoins, notamment en mobilité, stages, entrepreneuriat, sport.

Un agenda chargé

La préparation de cette réforme a commencé dès décembre 2021 avec des consultations internes, à travers la création de sept commissions de travail thématiques comprenant les services du ministère et les universités. Une plateforme digitale a été créée pour recueillir les idées et les avis des différentes parties prenantes.

Il s’en est suivi, à partir de février dernier, un processus de consultation qui a amené Abdellatif Miraoui à rencontrer les universités et leurs partenaires au sein de six régions. Les rencontres pour les six autres régions restantes sont prévues entre le 10 mai et le 10 juin prochain.

Pour consolider tout ce travail, des assises nationales seront organisées fin juin prochain afin que le projet de loi soit soumis au Parlement peu après. La préparation des cahiers des charges pédagogiques commenceront dès octobre 2022, afin que la réforme puisse entrer en application dès la rentrée universitaire de 2023-2024.

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